Week-end suite 11

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La porte se referma lentement. Elle écouta la clé tourner dans la serrure. La jeune femme écarta la bouteille d'eau minérale et la boite de gâteaux secs que leur geôlier venait de déposer à ses pieds pour récupérer la serviette et les pansements. Puis elle aida Nicolas à s'adosser contre la cloison de la chambre.

- Oh, ma tête... gémit l'enseignant en touchant son front. Ils ne m'ont pas loupé, les salauds ! Mais je pense que je m'en remettrai...

Marie humecta la serviette en prélevant un peu d'eau de la bouteille puis elle entreprit de nettoyer la blessure.

- Ce sont des gamins... des... des adolescents, bafouilla-t-elle à voix basse comme si elle craignait qu'on puisse l'entendre. Ils sont trois et le plus âgé a peut-être vingt ans mais guère plus !

- Des armes ?

- Une carabine... L'un d'eux la tenait pointée dans ma direction. C'est la seule arme que j'ai vue en leur possession mais qui nous dit qu'ils n'en possèdent pas d'autres ?

- L'avenir nous le dira assez rapidement. Cette carabine est peut-être un leurre, pour nous effrayer. Ils vont probablement nous détrousser et partir...

Marie appliqua le pansement d'une main tremblante et fit grimacer Nicolas.

- Voilà ! C'est tout ce que je peux faire pour le moment... Qu'est-ce que j'ai eu peur quand je t'ai vu inconscient sur le sol, le visage ensanglanté... J'ai cru qu'ils t'avaient tué !

La jeune femme semblait hébétée, respirait de manière saccadée. Nicolas s'empara de ses mains et les serra très fort.

- Chérie, nous devons rester calmes afin de réfléchir objectivement à ce que nous pouvons faire pour empêcher la situation de dégénérer...Nos agresseurs sont presque des enfants, c'est toi-même qui le dis...

- C'est bien ce qui m'effraie le plus, justement ! Deux d'entre eux m'ont paru très impulsifs, presque incontrôlables, comme prêts à exploser dans un déchaînement de violence... quand je pense que Julie et Seb sont entre leurs mains en ce moment... Et s'ils veulent se rendre aux toilettes ?

Elle commença à pleurer en silence tandis que Nicolas l'enlaçait.

- Allons, ma chérie... Il ne se passera rien... si nos enfants veulent se rendre aux toilettes, Sébastien demandera la permission et ils les laisseront y aller, c'est tout ! Ces délinquants vont prendre la voiture et nous abandonner ici... S'ils ont gardé les enfants auprès d'eux cette nuit, c'est probablement pour éviter que nous n'envisagions de fuir par la fenêtre. Ils savent très bien que nous ne tenterons rien tant que Seb et Julie seront leurs prisonniers....

Julie et Sébastien... Devenus des otages dans la propre maison familiale ; celle-là même où ils auraient dû se sentir le plus en sécurité!

- Je me demande comment ils ont pu entrer dans l'habitation...

- Bérengère a peut-être laissé une fenêtre entrebâillée ou bien ils ont pénétré par la façade arrière, après avoir brisé le carreau de l'œil-de-bœuf.... Ils s'apprêtaient sans doute à cambrioler la maison quand on a dû les surprendre. Ils vont s'en aller demain matin, tu verras....

Il embrassa sa femme sur le front, se remémora les derniers instants, juste avant qu'il n'ouvre la porte du vestibule. S'il avait écouté Marie, il serait retourné avec elle et Sébastien jusqu'à l'automobile. Ils auraient pu ainsi regagner le village, alerter les secours. Mais tout était différent. On les retenait prisonniers dans leur maison et leurs agresseurs étaient des adolescents inconscients.

- Il me vient une idée, tout à coup...

- Quoi donc ?

La jeune femme observa son mari tâter les poches de sa veste avec un air dubitatif.

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