Isaac est passé déposer au laboratoire des échantillons d'ADN dont le mien. Les résultats ne devraient pas tarder.
Pourtant, je n'y pense pas du tout. Mon esprit est focalisé sur l'entrevue avec Violette Holbrook, et chacun de ses mots résonnent encore dans ma tête.
Je suis assise sur le canapé du salon, le regard complètement hagard. Je n'ai pas dit un mot depuis qu'on est rentré, et Isaac s'aperçoit rapidement que quelque chose ne va pas. Il s'assoit à côté de moi et m'accorde un regard que je jugerais un peu compatissant.
— Comment tu te sens?
Sa voix est plutôt douce, et m'encourage à lui répondre.
— Vidée. Complètement.
Je ne réponds en réalité pas grand chose. Mais, les émotions logées dans mon regard en disent bien plus sur mon état actuel.
— Ça ne s'est pas passé comme tu l'imaginais, déduit le jeune homme.
Ma vision devient floue. Je continue de fixer le vide devant moi.
— Elle n'a eu aucune tendresse pour moi. Elle ne semblait même pas heureuse de me voir...Comment une mère peut-être autant détachée de son enfant, Isaac? Je m'exclame alors, partagée entre l'impuissance, l'indignation et un immense sentiment mélancolique de déception.
Mes mains se mettent alors à trembler.
— Toutes les femmes ne feront pas des bonnes mères. La tienne a choisi l'argent plutôt qu'une famille. C'est son choix, mais ça ne fait pas de toi quelqu'un de fautif.
— Tu sais, c'est bête mais malgré que tu m'aies dit de ne pas m'attendre à grand chose, je gardais l'espoir que de me voir lui fasse naître en elle des sentiments.
— Je pense que c'est comme ça que n'importe quel enfant aurait réagi réplique calmement Isaac.
— Le pire dans tout ça c'était que j'étais prête à accepter qu'elle m'ait eu pour l'argent. J'étais prête à lui pardonner si elle me l'avait demandé. Qu'est-ce que j'ai pu être naïve et stupide.
Une larme s'écoule sur ma joue. Je déteste pleurer devant les autres, mais je n'arrive plus à contenir mes émotions. J'essuie furtivement cette unique larme et me lève subitement.
Dans l'entrée qui est ouverte sur le salon, trône une photo encadrée de mon père et moi à ma remise des diplômes. Je la saisis et pose mes yeux sur elle.
— Il savait pendant tout ce temps la vérité et il ne m'a rien dit. Il m'a caché son existence, la raison de ma naissance, mon identité.
Soudain un sentiment brûlant de rage enflamme mes entrailles.
Un sentiment inquiétant que je n'avais jamais ressenti jusque-là.
D'un geste brutal, je frappe le cadre contre le bois du meuble sur lequel il était posé. Il s'éclate alors dans mes mains, m'entaillant la main.
Une rage s'empare de moi.
— Il a passé mon adolescence a me traiter de menteuse alors que c'est lui qui m'avait menti sur des choses si importante! Je hurle alors.
Je continue de frapper avec violence le cadre jusqu'à que tous le verre soit brisé. Ma main devient alors rouge sang à mesure que les morceaux de la vitre transpercent ma main. Le feu ardent qui s'est emparé de moi semble vouloir tout détruire sur son passage. Je me laisse embraser par ses bras.
Je ne sens même plus la douleur physique tellement celle intérieure me consume. Je ressens tellement de colère contre mon père, contre tout ce qui m'a fait subir, contre tout ce qui m'a caché et que j'ignore encore très probablement.
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Doppelgänger
ParanormalLa Nouvelle Orléans regorge de légendes mystérieuses et terrifiantes. Mais croyez-vous véritablement aux vampires, aux loup-garous et à la sorcellerie? Linda est persuadée que le paranormal existe. Tout juste arrivée au plein cœur la ville la plus c...
