Chapitre 15

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Par chance, Vildred accepte mon appel et met celui d'Isaac en attente. Je n'ai pas beaucoup de réseaux mais assez pour que l'appel puisse passer.

Ça me rassure que très légèrement. Je reste paralysée par les bruits de pas qui semblent se déplacer dans l'appartement. Je frise la crise cardiaque.

— Qu'est-ce qu'il se passe, Sosie? Me lance Vildred à l'autre bout du fil.

— Quelqu'un est rentré dans l'appartement...! Je murmure tout bas, apeurée, le souffle coupé.

— Homme? femme? Combien? Renchérit directement le chasseur.

Je laisse s'installer un petit silence pour analyser les bruits, avant de répondre.

— Homme...un seul...je crois.

Les pas sont bien trop lourds et fermes pour ceux d'une femme.

— Ok, alors écoute moi attentivement. Fais-toi passer pour Bella. Il ne faut pas absolument pas qu'on découvre ce qu'on est venu faire ici. Ce type doit avoir un lien avec sa disparition. Essaie de creuser. Je vais remonter au deuxième étage, il y a un coin où je vais pouvoir me cacher jusqu'à qu'il ressorte. Si je t'entends crier, je viendrai en dernier recours te chercher. Est-ce que tu as bien compris?

Ce que me demande Vildred me paraît presque impossible. Comment se faire passer pour une fille que l'on connaît pas et avec laquelle on a uniquement en commun son physique?

Sûrement en essayant de parler et de bouger le moins possible...

— Je ne suis pas sure d'y arriver...c'est de la folie...! Je souffle alors.

— On n'a pas le choix, Sosie. S'il apprend que tu n'es pas Bella, tu mets ta vie en danger et tu compromets l'enquête. Tu voulais qu'Isaac te traite à ta juste valeur? Alors fais ce qu'il pourrait attendre de toi.

— Bella? C'est toi? Lance une voix forte et masculine qui transpire la suspicion, interrompant brusquement la conversation.

Mon cœur se soulève alors. L'angoisse et à son pic.

Les pas se rapprochent de plus en plus.

Je vois alors que Vildred se met en muet. Je décide de ne pas raccrocher et de ranger mon téléphone dans la poche de ma veste que je ferme.

J'essaie de réfléchir le plus vite au premier plan qui me vient par la tête.

Mon sang fait un tour dans mes veines.

Je m'attache les cheveux en chignon pour qu'on aperçoive le moins de différences avec ceux d'Arabella, et regarde très rapidement autour de moi, ce que j'ai à portée de main.

Je vois alors une boîte de tampons sur l'étagère au dessus des toilettes. Je la saisis, tire la chasse d'eau et prends une immense inspiration, chassant mes tremblements, avant de déverrouiller la porte.

Je me retrouve nez à nez face à un homme qui m'est inconnu.

Il est très grand, les cheveux bruns courts dont une mèche tombe sombre ment devant ses yeux, le regard sombre et perçant, la peau claire. Il est habillé élégamment d'une chemise noir qui met en avant ses bras qui doivent faire le double des miens. Il doit faire plus d'une tête de plus que moi.

Une aura très étrange se dégage de lui. Je suis tout d'abord bizarrement séduite par le nouveau venu mais, je sens qu'il dégage quelque chose de malsain. Un peu comme un envoûtement maléfique qu'il répandrait autour de lui...

— Salut...Je lâche la voix tremblante, essayant de paraître pourtant la plus neutre possible.

Le type me dévisage longuement de son regard perçant, que je me débrouille pour éviter. Je suis très mal à l'aise, mais essaie de le cacher. J'ai pourtant l'impression que le bruit de mon cœur qui tambourine dans ma poitrine, résonne dans tous l'appartement.

DoppelgängerOù les histoires vivent. Découvrez maintenant