CHAPITRE 24

2.2K 84 56
                                        



DIEGO


Le crépitement du feu se mêle à la cadence brûlante de mon cœur. La liqueur amer du cognac dévale ma gorge, j'avale en essayant d'avaler avec elle cette montagne de regrets qui pèse dans mon esprit.

— Elle ne se doute de rien ?

Je rive mon regard sur Carlos qui tire une nouvelle fois sur son joint avant de souffler son nuage de fumée en ma direction.

J'inspire profondément, passe ma main sur ma barbe naissante avant de reposer mon coude sur le fauteuil en velours du salon.

— Non. C'est inutile de lui dire.

— C'était la meilleure chose à faire, pour tout le monde.

Je fais tournoyer les glaçons au fond de mon verre tout en fixant les flammes dévorer le bois, puis j'avale une nouvelle gorgée.

— Tu penses que c'était qui qui vous suivait ?

— Les même fils de pute qui nous traquent depuis le début, je vais finir par découvrir qui c'est.

— Ça a forcément un rapport avec elle, toute cette merde nous arrive depuis qu'elle est là.

Carlos se baisse pour écraser le mégot de son joint contre le bord de la cheminée en marbre noir, puis jette celui ci dans le feu. Il a raison, et je sais que cette histoire a un lien avec elle. Seulement avec ce pari de mes couilles la liste de ceux qui la veulent est bien plus longue que celle de mes propres ennemis.

Mais tôt ou tard je finirais par découvrir la vérité, et ce jour là je ne répondrais plus de rien.La façon dont ses yeux verts brillaient quand je lui ai demandé de m'épouser tourne en boucle dans ma tête. Je n'ai jamais ressenti une telle honte.

J'ai honte. Honte d'avoir pénétré dans son regard brisé pour lui faire croire que j'étais celui qui allait l'aider.

— Elle te pardonnera.

La voix de Carlos me coupe dans mes pensées. Mes sourcils se froncent et alors qu'il sort son paquet de Marlboro de sa poche je lui fais signe de m'en passer une.

— Qu'est ce qui te fais croire que j'en ai quelque chose à foutre ?

Il ricane en me tendant une cigarette du bout des doigts.

— Patron, tu l'aimes la petite, ça saute aux yeux depuis le début.

Alors que je m'apprête à répondre, le sol grince derrière nous. Je tourne la tête et aperçois Lolita debout dans l'encadrement de la porte, seulement vêtu d'un long tee shirt qui cache a peine sa culotte.

Carlos et moi échangeons un regard, puis Carlos me fait un clin d'œil avant de se lever et de quitter le salon.

Lolita avance timidement vers moi avant de s'asseoir sur le fauteuil qu'occupait Carlos quelques instants avant.

— Pourquoi tu ne dors pas ? Lui demandé-je en apportant la flamme de mon briquet à ma cigarette.

— J'ai fait un cauchemar. Me répond elle en croisant ses jambes en tailleur.

J'arque un sourcil.

— Un cauchemar ?

Elle acquiesce d'un hochement de tête.

— Raconte moi.

— Ben..en fait, j'ai rêvé que tu tuais mon frère...

J'expire lourdement, me retiens de lui répondre qu'elle se trompe. Ce n'est pas un cauchemar, mais plutôt un rêve prémonitoire.

LolitaOù les histoires vivent. Découvrez maintenant