9.Noah

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En quittant la cafétéria j'étais passé par la salle de repos avant de me diriger vers ma classe, espérant y trouver la petite blonde assise sur un des fauteuils mauves, un livre sur les genoux. Mais la salle était désespérément vide, et j'avais dû retourner en cours.

Plus que deux heures de cours ennuyants et mon premier jour dans ce bahut serait terminé. Je pourrais me balader en ville, puis rentrer chez moi et dormir. Dormir, mon cerveau ne réclamait que cela. Cette matinée interminable m'avait épuisé, heureusement, les cours de l'après-midi passèrent vite et je pu me détendre en me baladant.

Lorsque la sonnerie de 16 heures avait retentie, j'avais été le premier à sortir de la salle, sac sur le dos. J'avais traversé les couloirs en courant, bousculant quelques élèves au passage, lâchant des excuses automatiques. J'avais dépassé la grille d'entrée et continué à courir jusqu'à chez moi. J'avais poussé la porte un peu plus violemment que prévue en criant que j'étais rentré et comme je m'y attendais, ma voix n'avait rencontré que le vide.

J'étais entré, j'avais refermé la porte, exploré chaque pièce du rez-de-chaussée une par une, j'étais monté à l'étage, avais posé mon sac dans ma chambre, ouvert les autres portes de la mezzanine et j'avais constaté que l'étage était aussi désert que le bas de la maison. Comme je le pensais, j'étais seul ici.

Je redescendis les escaliers et sortis de la maison en laissant un mot sur la table de la cuisine, même si je doutai que quelqu'un ne le lise : je serai sûrement rentré avant. Je fermai la porte à clé et m'éloignai en direction du bourg, mes écouteurs enfoncés dans les oreilles.

J'avais déjà visité une partie de la ville, où se trouvait le Starbucks et le lycée, j'étais aussi passé devant une petite église gothique et une boulangerie à l'allure ancienne. Je décidai de m'arrêter à cette même boulangerie pour m'acheter une viennoiserie et une boisson. Ensuite, je repartis vers la partie de la ville, qui m'était encore inconnue.

Je passai devant un petit parc, continuai mon chemin en passant à travers le bois. Je ne croisai personne, excepté un garçon étrange entièrement vêtu de noir. Les gens étaient tous au travail et les enfants à l'école.

Depuis le jour où nous étions arrivés à Chattam, j'avais compris que la ville était calme et monotone. C'était une petite ville dont les habitants étaient toujours très réservés, mais polis, tous très occupés. Ils marchaient vite dans les rues comme les souries fuient les chats, se terrant dans leurs maisons une fois la nuit venue, retrouvant leurs familles.

Je me surpris à m'imaginer dans leur petite vie tranquille, partageant chaque soir le dîner avec mes proches, faisant des balades ensemble le week-end, partant en vacances à la plage où à la montagne. Mais très vite ces pensées se dissipèrent et mes yeux se posèrent sur une petite fille riant main dans la main avec son grand frère. Les deux enfants tournèrent dans une petite rue suivit de mon regard. Je me détournai et continuai mon chemin.

Mes pas me menèrent vers une partie plus reculée de la ville, les rues se rétrécissaient, les trottoirs disparaissaient, les passants se raréfiaient, les lumières étaient plus faibles, et l'ambiance joyeuse des rues du centre-ville se dissolvait dans l'air.

Je ralentis le pas, intrigué par un endroit si sombre dans la ville. Tout ce qui était plus ou moins effrayant m'avait toujours attiré. J'adorai les sensations que me procuraient la peur, surtout l'adrénaline. Comme dans les grands manèges à sensations ou quand je regardai un film d'horreur. J'aimai beaucoup les histoires d'horreur, mes préférés parlaient d'esprits.

J'aimai à croire que les gens devenaient des esprits après leur décès, comme si contrairement à ce que l'on pensait, ils n'étaient pas morts pour de bon.

Les Fantômes de Nos PassésDes histoires addictives. Découvrez maintenant