49.Samuel

3 0 0
                                        


Je m'étais endormi dans la voiture sur le chemin du retour. Il fallait dire qu'on était rentré assez tard. La nuit était tombée depuis longtemps et Isaac avait même été obligé de me tirer par le bras pour que je décolle de ma colline.

Et la journée suivante me parut bien morne. J'avais passé ma journée entière à la boulangerie, à vendre des baguettes et des viennoiseries. Pourtant aujourd'hui, alors que j'encaissai une cliente, je senti quelque chose dans ma poche.

J'attrapai le papier et le dépliai pour le lire.

« Demain c'est le dernier jour Samy, essai de deviner »

Alors comme ça mon frère voulait jouer au plus malin ? Très bien.

Je lui jetai un coup d'œil furtif pour essayer de deviner où se cachait le premier indice de sa chasse au trésor, sans succès.

Très bien, j'attendrais.

13h.

- Tiens Is' tes... PUTAIN C'EST QUOI CETTE MERDE !

Je me rattrapai in-extremis au dos d'une de mes collègues, posai la plaque de pains aux raisins.

Je venais de trébucher sur une caisse remplie de... balles ?

« Mais c'est quoi ce truc ? »

Je l'attrapai et la calai dans l'escalier qui menait à notre grenier-chambre.

Mais qui avait foutu ça là ?

15h.

Je nettoyai les tables de l'espace de restauration sur place quand je tombai sur une écharpe rouge et blanche. Certainement l'écharpe d'une équipe de foot à y croire le logo.

- Betty, y'a quelqu'un qui a oublié son écharpe, dis-je en la-lui tendant.

- Oh zut. Je vais la mettre dans la boite des objets trouvés.

Vous n'avez pas idée du nombre de personnes qui oublient des choses dans cette boulangerie. Pourtant, il n'y avait pas vraiment beaucoup de monde qui y restait. Juste quelques ouvriers, et encore. C'était étonnant d'ailleurs qu'un ouvrier oublie une écharpe de foot...

18h.

- Enfin fini ! Cette journée était in-ter-mi-nable ! m'exclamai-je en m'étirant.

- Ne crie pas victoire trop vite p'tit frère. Aide-moi à ranger.

- Et Betty elle est où ?

- Plus là.

- Quelles feignasses...grognai-je.

Je rejoignis mon frère en cuisine. Une demi-heure plus tard, nous sortîmes enfin de la boutique.

- En fait on mène presque une vie de SDF, soufflai-je à mon frère en entrant dans le complexe sportif.

- Pourquoi tu dis ça ? demanda-t-il en riant.

- Ben, on n'a pas de maison, on vit dans un grenier avec simplement un lit et on se lave dans les vestiaires de l'équipe de foot...

- Oui, mais on travaille.

- Pas faux. Mais à part ça, on est des SDF.

- On a un toit.

- On squatte un toit, rectifiai-je.

- Arrête de dire n'importe quoi Samy. Notre vie à beau ne pas être très banale, on n'a pas à se plaindre.

Les Fantômes de Nos PassésDes histoires addictives. Découvrez maintenant