78.Emma

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Lorsque je m'étais réveillée, il y avait Sam. Il était là, endormi près de moi, une larme encore figée aux coins des yeux.

Ma première réaction avait été de lui caresser les cheveux. Ne me demandez pas pourquoi. Puis je m'étais adossée, tant bien que mal à mes oreillers et j'avais replongé dans les récents évènements.

Maman.

Comment allait-elle ? Où était-elle ? Était-elle... Non, je refusais de croire à cette possibilité.

Papa.

Pouvais-je encore l'appeler papa ? Était-il en prison à cette heure ? Ou bien encore à la maison en train de décuver comme si de rien était ?

Sam.

Pourquoi était-il resté ? Pourquoi était-il venu directement chez moi au lieu d'appeler les flics ? Était-ce lui qui avait appelé les flics ? Si c'était le cas pourquoi était-il venu quand même ?

Moi.

Qui m'avait transporté à l'hôpital ? Que c'était-il passé après que je m'étais évanouie ?

Une infirmière entra dans la pièce, interrompant mes interrogations.

- Bonsoir, chuchota-t-elle. J'ai de la chance dis-donc, vous êtes réveillée. Comment vous sentez-vous ?

La petite infirmière potelée me fit penser à l'infirmière du lycée.

- Bien, enfin je crois. Je suis en vie, c'est déjà ça, dis-je en esquissant un sourire qui me donna mal au crâne.

Elle répondit à mon sarcasme par un sourire contrit.

- Quelle heure est-il ? demandai-je.

- Quatre heures quinze.

- Du matin ? m'étonnai-je.

Elle hocha la tête.

- As-tu mal quelque part ?

Je ne relevai pas le tutoiement.

- Non. Oui.

- Où ça ?

- Nulle part, et partout en même temps.

- Et où est-ce que ça fait le plus mal ?

- Là.

Je posai ma main sur mon cœur. La petite infirmière hocha la tête.

- Ça n'est pas facile ce que tu as vécu. Ça doit sûrement faire très mal. Si tu en ressens le besoin, on peut te prescrire une psychologue, parler ça ne peut faire que du bien, proposa-t-elle.

- Vous savez, ça fait tellement longtemps que je garde le silence, que je doute être capable de parler de tout cela désormais, répondis-je dans un souffle.

- Je comprends.

L'infirmière prit ma température.

- Tu as eu de la chance tu sais.

- Oui, je sais.

Elle s'éloigna de moi et s'approcha de la porte.

- Le médecin passera te voir demain, me prévint-elle dans un sourire. Essaie de te reposer d'ici-là.

- Et ma mère ? Comment va ma mère ? demandai-je avant qu'elle ne sorte.

- Qui est ta mère ?

- Elle s'appelle Joyce Simmon Jonan. Elle a été emmenée ici en même temps que moi.

La femme fit demi-tour, s'assit face à un ordinateur posé à ma droite. Elle entra un code, cliqua sur un dossier, entra le nom de ma mère, cliqua sur un autre dossier, parcouru les quelques lignes du document.

Les Fantômes de Nos PassésDes histoires addictives. Découvrez maintenant