Chapitre 4

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Un pas après l'autre, pied droit, pied gauche. Je marchais le plus vite possible mais ce n'était pas assez. La troupe de zombies qui nous avait prises en chasse se rapprochait de nous. Ma tête tournait comme si j'étais dans des montagnes russes et ma jambe me faisait souffrir le martyr. Ma vision était floue et je distinguais mal les contours autour de moi.

- Allez, encore un effort Thelia, on est presque à la maison, m'encouragea Daphnée.

Elle aussi était mal en point. Son épaule était sacrément amochée et des griffures zébraient ses bras et le bas de son visage.

- Laisse-moi ici, dis-je, sauve-toi.

Elle me retourna une gifle retentissante sur la joue. J'ouvris de grands yeux, choquée.

- J'ai risqué ma vie pour te retrouver, tu as risqué la tienne pour m'impressionner. Ce qui arrive est de ta faute alors tu n'as pas le droit d'abandonner. C'est clair ?

J'avalais difficilement ma salive avant de hocher la tête. Daphnée n'avait jamais pris de pincette avec moi et son tact habituel me remit les idées en place. J'ajustais le rythme de ma démarche sur le sien. Jambe droite, jambe gauche,...

- On arrive. Regarde Thelia, la porte est là !

Je relevais la tête, des larmes de douleur plein les yeux. Un soupir de soulagement s'échappa de mes lèvres. Daphnée sortie une clé de sa poche et se mit à courir, me trainant derrière elle.

Elle inséra l'objet dans la serrure, avant d'ouvrir la porte et de me pousser à l'intérieur. J'atterris sur le carrelage froid du hall d'entrée alors que Daphnée s'arcboutait contre le battant pour le fermer et créer une barrière entre nous et nos poursuivants. Elle se laissa choir contre le bois et vint me rejoindre au sol en grimaçant.

- Je suis désolée Daphnée, je n'aurais jamais cru que...

- Par où es-tu sortie ? J'étais sûre d'avoir tout fermé pourtant !

- Et bien oui, tout était fermé sauf la fenêtre de ma chambre, répondis-je penaude et mal à l'aise.

Ma protectrice me regarda comme si j'étais dingue.

- Tu veux me faire croire que tu as sauté du troisième étage ?

Je hochais la tête en me rendant vraiment compte de l'absurdité de ma démarche. Daphnée se passa une main sur le visage avant de se relever en grimaçant. Sa blessure à l'épaule avait laissé une trainée de sang brunâtre sur la porte et le sol. Je fixais cette tâche en mordant ma lèvre inférieure, honteuse. Tout était de ma faute, comme d'habitude.

- Inutile de ressasser le passé, on ne pourra plus le changer. Viens avec moi, on va désinfecter tes plaies.

Je fus soulagée de ce brusque changement de sujet et tentais de me relever pour la suivre, en vain. Me voyant en difficulté, ma tutrice me souleva et m'aida à marcher jusqu'à la salle de bain. Elle poussa la porte et promena sa main le long du mur jusqu'à trouver l'interrupteur. La lumière éclaira soudainement la pièce et le fait de ne plus me trouver dans l'obscurité me rassura. A mon arrivée ici, j'avais été surprise de découvrir que l'habitation disposait d'un générateur qui permettait de l'alimenter en électricité malgré que le reste de la ville soit plongé dans les ténèbres. Daphnée traversa rapidement la pièce tout en me soutenant et m'assit sur la cuvette des toilettes avant de retourner toute l'armoire à pharmacie pour trouver des compresses qu'elle nimba de désinfectant.

- Ca va faire mal, me dit-elle en appliquant le morceau de coton contre ma jambe sans plus de cérémonie.

La douleur était atroce et je criai à l'agonie. Lorsque Daphnée retira la compresse, j'étais à bout de souffle.

- Que tu es douillette, ils t'ont juste déchiqueté la jambe, pas de quoi en faire un drame !

Cette fille était folle, j'en étais sûre. Comment pouvait-elle restée aussi calme dans ce genre de situation ? N'ayant pas de quoi recoudre mon mollet, Daphnée me fit un garrot avec une de ses vieilles chemises avant d'enlever celle qu'elle portait pour se retrouver en soutient gorge devant moi.

- Tu voudrais bien me désinfecter mes blessures à moi aussi ?

A peine eut-elle fini sa phrase qu'un bruit retentissant éclata, noyant ma réponse dans le chaos. Daphnée devint blanche comme un linge. Elle remit sa blouse et sortit des armes de ses bottes. Elle m'en tendit une.

- Toi, tu restes ici, je vais les retenir pendant que tu fileras par derrière.

J'écarquillais les yeux de stupeur.

- Ils ont réussi à entrer ?

Ma protectrice hocha gravement la tête avant de s'engouffrer dans le couloir, arme à la main.


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