J'avais vraiment mal dormi. Toute la journée, les images de cette nuit avaient défilées derrière mes paupières closes, sans me laisser une minute de répit. Je crois que ce soir, ma mine ne devait pas être beaucoup plus attrayante que celle d'un cadavre. La plupart des filles étaient encore couchées sur leur paillasse et ne daignaient pas se lever. Clarissa m'adressa un faible sourire alors qu'elle ouvrait ses grands yeux encore embués de sommeil. Je le lui rendis avant de sortir du dortoir et de m'empresser de refermer la porte derrière moi pour que les garçons qui vagabondaient déjà dans les couloirs n'aperçoivent pas un ou plusieurs corps dénudés. J'étais en avance alors je décidais d'aller voir comment se portait Maureen.
Je ne la trouvais pas avec les autres blessés et mon cœur se glaça d'effroi. C'était bien le genre de mon entraineur de ne pas tenir ses promesses. Je fis demi-tour en courant et ouvris la porte de l'infirmerie à la volée. Doc releva la tête de son bureau et sourit en m'apercevant.
- Bonjour Thelia, je suis content de te voir. J'ai autorisé Maureen à quitter son lit très tôt ce matin. Son bras n'est pas encore cicatrisé mais notre supérieur m'a interdit de la laisser se reposer plus longtemps.
- Où est-elle maintenant ? demandais-je précipitamment en fixant l'horloge suspendue au mur qui m'indiquait que le temps me manquait pour parler plus longtemps.
- Elle est partie prendre une douche avant d'enfiler sa blouse d'aide soignante que je lui ai remise.
J'acquiesçais et tournais les talons pour rejoindre la salle d'entrainement. Je me demandais quelle surprise m'attendait aujourd'hui. Allais-je encore être seule ? Et si j'étais en binôme, avec qui ?
Je poussais le lourd battant et pénétrais dans la pièce. Les premiers duos commençaient à se former avant de quitter les lieux. Une peur panique me saisit alors que le regard de mon instructeur croisait le mien. La salle ne tarda pas à se vider. J'étais à nouveau seule, comme la veille au soir. Je baissais le regard vers le sol, retenant les larmes de peur qui menaçaient de s'échapper de mes yeux quand la lourde porte s'ouvrit à nouveau pour laisser un garçon entrer.
- Excusez-moi d'être en retard, chef !
Mon supérieur le fusilla du regard avant de déclarer :
- Ce n'est rien, pour une fois, ton retard a du bon. Il a fait durer le suspens. N'est-ce pas Thelia ?
Il cracha mon nom comme si c'était un aliment âcre. Je me retournais vers le nouveau venu et mon regard s'illumina d'une joie nouvelle.
- Thelia et Dann, vous serez ensemble cette nuit et vous devrez sécuriser les ruines à l'ouest de la ville !
Mon coéquipier émit un grognement de mécontentement avant de me regarder et de se forcer à sourire devant mon air égaré. D'un signe de tête, il m'indiqua la sortie et je le suivis. Cette fois, il restait un choix considérable d'armes dans la boîte et je ne me fis pas prier. Mes yeux naviguaient des couteaux aux armes à feux, pour finalement s'arrêter sur ces dernières. Je tendis la main pour en saisir une quand le bras de Dann m'arrêta.
- Les pistolets font trop de bruit et risqueraient d'alerter d'autres zombies à chaque fois que tu t'en serviras. De plus, tu peux tomber à court de munition. Quand tu as le choix, choisit toujours un couteau, ce sont les armes les plus pratiques.
Je ne le contredis pas et saisis un poignard à la lame effilée, parsemée de traces de sang. Ne lavaient-ils donc jamais leurs armes ici ? Cependant, ce n'était pas le moment de faire la difficile. Alors que Dann s'apprêtait à ouvrir la porte menant à l'extérieur sous l'œil affuté du gardien, je lui demandai :
- Pourquoi as-tu si peur de sécuriser les ruines ? Qui a-t-il là-bas ?
La garçon se retourna et posa ses insondables yeux de fauves sur moi.
- Beaucoup de gens sont morts là-bas. Les zombies pullulent. Parfois, ils sortent même de terre sous tes pieds.
Ma gorge se serra à cette pensée et mes souvenirs me ramenèrent là où tout avait commencé pour moi, dans le cimetière, quand un zombie m'avait attrapé la cheville sans prévenir. Je fus parcourue de frissons et lorsque je parvins à me calmer, Dann me demanda :
- Prête ?
Je serrais le manche de mon arme tellement fort que les jointures de mes doigts en devinrent blanches et je relevais fièrement le menton pour me donner une contenance avant de répondre un faible :
- Je crois...
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L'armée du zénith
Science FictionLe monde n'est plus ce qu'il était. Du jour au lendemain, la vie de milliards d'humains a virée au cauchemar. Des créatures repoussantes ont envahi le monde, semant le chaos sur leur passage. Thelia est une rescapée. La jeune fille vit avec sa mère...
