Je ne devais plus être très loin maintenant, je le sentais. Je fis une halte et m'adossais à la structure branlante d'un immeuble. Je me maudis de ne pas avoir pris de bouteille d'eau. Ma gorge desséchée me brulait comme un brasier. Je n'avais pourtant pas le temps de m'appesantir sur mon sort. La nuit commençait à s'estomper et je tombais de fatigue. Malgré mon envie pressante de continuer, je devais bien m'avouer que j'avais besoin de dormir. Je me résignai donc à faire ne petite halte pour me reposer. Il était inutile que j'affronte une horde de zombies avec les paupières papillonnantes.
Dans cette rue, toutes les entrées pour accéder aux bâtiments étaient condamnées par de vieilles planches en bois. Je tournais donc dans une ruelle secondaire mais celle-ci ne comportait qu'une porte impraticable. Frustrée, j'empruntais l'escalier de secours et gravis les marches à grandes enjambées jusqu'à me retrouver sur le toit. Le froid transperçait mon vêtement pour venir me glacer le sang. Il était inconcevable que je dorme dehors même si le soleil réchauffait quelque peu l'atmosphère. Je me dirigeais d'un pas trainant vers la porte, fermée elle aussi. J'allais laisser des larmes d'anéantissement se déverser sur mes joues quand un cri provenant d'en bas me mit la chair de poule. Prudemment, je m'approchais du rebord et aperçus des zombies déambulant entre les poubelles. L'un d'eux eu la malencontreuse idée de lever la tête et c'est à ce moment qu'il m'aperçut, en haut du bâtiment, ce qui valu de lui ouvrir l'appétit. Une flamme s'alluma dans ses yeux que je n'eus pas de peine à m'imaginer de mon perchoir. Il poussa un hurlement terrifiant et toutes les créatures qui l'accompagnaient le rejoignirent pour contempler le festin qui les surplombait. D'un même mouvement, les morts vivants se précipitèrent sur l'escalier de secours tandis que d'autres glissaient leurs doigts entre les rainurent des murs pour se soulever jusqu'à ma hauteur.
Une issue. Il fallait que je trouve une issue.
Je sortis un poignard de ma poche et le glissais dans la serrure de la porte. Je me mis à le tourner comme une folle, sans cesser de jeter des coups d'œil par-dessus mon épaule. Par miracle, la porte céda au moment même où le premier monstre atteignait la terrasse de la structure. Je me glissais dans la fente et claquais le battant derrière moi. Celui-ci ne se referma pas. Quelle idiote j'étais ! Je venais de casser la fermeture de la porte. J'oubliais donc l'idée de la fermer pour me mettre à courir. Il fallait que je mette de la distance entre eux et moi. J'empruntais les escaliers en espérant que les planches qui le constituaient ne soient pas pourries. Heureusement, elles tinrent bons. Je m'engouffrais dans la première pièce à ma portée qui possédait une clé. Avec l'énergie du désespoir, je la tournais dans la serrure et la porte se verrouilla. J'étais en sécurité, pour l'instant.
Je me retournais pour voir où j'avais atterris et découvris une luxueuse chambre avec un vieux lit à baldaquin trônant en son centre. J'avais une irrésistible envie de m'y laisser choir mais malheureusement, c'était impossible. Une imposante fenêtre donnait en plein dessus. Je tirais les rideaux par précaution et entrepris d'enlever la couverture qui recouvrait le matelas. Des mites y avaient fait des trous mais cela n'avait pas d'importance. Voilà bien longtemps que je ne me préoccupais plus de l'hygiène. Je m'emmitouflais dans la laine bien chaude avant d'ouvrir la penderie. Elle était assez grande pour que je puisse m'y installer. Ce n'était pas le luxe mais cette armoire aurait au moins le mérite de me servir d'abris pour une journée.
Je restais éveillée au moins une heure encore par précaution. De temps en temps, du bruit ce faisait entendre mais les créatures qui en étaient responsables passaient bien vite leur chemin pour continuer de déambuler dans le bâtiment. Je finis par me convaincre que j'étais en sécurité et fermais les yeux, sans peine.
VOUS LISEZ
L'armée du zénith
Science FictionLe monde n'est plus ce qu'il était. Du jour au lendemain, la vie de milliards d'humains a virée au cauchemar. Des créatures repoussantes ont envahi le monde, semant le chaos sur leur passage. Thelia est une rescapée. La jeune fille vit avec sa mère...
