Je me retournais pour faire face à Brian qui me contemplait de ses grands yeux noirs. Son air était grave et il me regardait avec inquiétude, comme si je risquais de partir en fumée à la moindre fausse note.
- Tu ne pouvais pas être plus explicite lors de tes insinuations ? lui lançais-je afin de me déculpabiliser.
J'avais besoin de rejeter la faute sur quelqu'un d'autre et le mystérieux Brian était la personne idéale. Sous l'effet de mes propos, il fronça les sourcils et me lâcha afin de croiser les bras sur sa poitrine et de mettre un peu de distance entre nous. Aucun son ne sortit de sa bouche cependant et son mutisme me fit sortir de mes gonds.
- Je lui ai tout donné, absolument tout et toi tu te contentais de froncer les sourcils lorsque je faisais quelque chose en sa faveur. Tu te rends compte que j'ai donné le don à ce profiteur sans que tu ne m'en empêche ?
Brian recula sous le coup de la surprise et je sus que mes mots l'avaient poignardé. Le grand brun se mit en colère et me colla contre le mur avec fureur.
- M'avais-tu averti que tu allais lui faire ce cadeau ? Non et je n'avais aucun moyen de le savoir. Depuis tout ce temps, tu n'avais toujours pas compris mon écœurement de te voir dans ses bras, de le voir jouer avec toi comme un enfant avec une poupée ? Ne penses-tu pas que j'ai fait tout pour te prévenir sans pour autant interférer dans tes choix ? Je ne suis pas ton gardien Thelia, tu fais ce que tu veux de ta vie, je suis juste là parce que le sort en a décidé ainsi.
J'avais le souffle court et mon regard était rivé au sien. Ses mains enserraient mes bras et la pression ne faisait qu'augmenter en même temps que le débit de ses paroles. J'avais l'impression que mes os allaient se briser sous la pression et que mon cœur allait sortir de ma poitrine sous l'effet de la peur. Je n'avais vu que rarement Brian dans de telles colères. Voyant qu'il me faisait mal, mon ami ôta ses mains et laissa ses bras pendre mollement le long de son corps alors que ses yeux se posaient sur le sol sans trop savoir où regarder. Le silence s'étirait entre nous tel un mur invisible. L'oxygène restait suspendu dans l'atmosphère sans pouvoir entrer dans mes narines et ma voix semblait coincée à l'intérieur de ma gorge sans trouver d'échappatoire.
- Excuse-moi de m'être emporté, me dit mon ami sans bouger d'un millimètre.
- Non, tout est de ma faute, ripostais-je d'une voix tremblotante.
Brian esquissa un faible sourire et posa à nouveau sur regard sur mon visage. Sans crier gare, il repoussa une mèche de cheveux qui s'était collée sur ma joue et la glissa derrière mon oreille avec plus de tendresse que je ne l'en croyais capable. Il ne retira pas sa main de ma joue après avoir fini de dégager cette dernière. Il ne se départit pas de son sourire alors que ses lèvres se muaient pour profaner quelques faibles mots à mon encontre.
- Tu me fais perdre mes moyens tu sais. Depuis le début, je savais que tu étais différente des autres mais aujourd'hui j'en ai la preuve formelle.
Où voulait-il en venir ? Le mystère habitait ses yeux et je n'avais jamais réussi à deviner quel secret ils dissimulaient en eux. Je tremblais comme une feuille, l'adrénaline, la colère, la peur et l'attente prenant possession de mon corps.
- Qu'elle est cette preuve formelle ? demandais-je d'une voix toute fragile que je ne m'étais encore jamais entendue.
- Tu es la première à m'avoir déstabilisé, la première à m'avoir fait ressentir ça...
Sans crier gare, il déplaça sa main sur ma nuque et posa ses lèvres sur les miennes avec rapidité, simplicité et douceur. Une infinie douceur. Je ne pus m'empêcher de passer mes bras autour de son cou et de lui rendre son baiser. Il gémit et, surprise, je m'écartais de lui pour le fixer avec étonnement. Il se recula de quelques centimètres et posa ses mains contre le mur de chaque côté de ma tête. Sa respiration était rauque et quelque peu essoufflée.
- Je suis désolé de m'être laissé aller mais vois-tu, ça faisait un bail que j'attendais ce baiser.
Je me souviens alors de ses yeux doux qu'il ne faisait qu'à moi, de ses petits gestes attentionnés qu'il me réservait exclusivement, de l'inquiétude qu'il ressentait pour moi lorsque le danger nous menaçait tous, du nombre de fois où il m'avait sauvé la vie et je fus choquée de ne pas avoir découvert son subterfuge avant qu'il ne me l'avoue. Depuis tout ce temps, Brian m'attendait. Je me perdis dans mes pensées quelques secondes, juste le temps de me rendre compte que depuis le début, c'était lui que je voulais et aucun autre. Notre complicité m'avait manquée, affreusement manquée.
Devant mon silence, mon ami se racla la gorge et recula de plusieurs pas pour me laisser de l'espace afin que je puisse digérer toutes ces informations. Voyant que je n'avais aucune réaction apparente, il s'empourpra.
- Je suis désolé Thelia, je comprendrais si tu me disais que tu ne ressentais pas la même chose que moi. Je m'excuse de m'être laissé aller. Je...
Sans pouvoir me retenir plus longtemps, j'éclatais de rire sous ses yeux ébahis. Je croyais que seules les filles pouvaient avoir ce genre de réactions mais ses joues rouges me prouvaient le contraire. Venant de lui, je n'en étais que plus surprise encore. Mon ami fronça les sourcils d'un air sévère et ouvrit la bouche pour dire quelque chose mais je vins me lover contre ses torse et posais mon index sur ses lèvres pour les garder fermer.
- Nous parlerons plus tard, le temps nous est compté.
Le beau brun saisit cette occasion et il sourit de toute ses dents avant de se pencher pour coller ses lèvres contre mon cou avec passion. Je fourrais mes mains dans sa chevelure et gémit de plaisir. Je sentis son corps secoué par un éclat de rire et son souffle chaud caresser ma peau à un rythme effréné.
- Tu es sûre que c'est ce que tu veux ? me demanda-t-il une nouvelle fois à l'oreille.
Pour toute réponse, je pressais mes hanches contre lui et le forçait à relever la tête pour coller mes lèvres aux siennes. Il répondit à mon baiser de manière langoureuse en laissant ses mains se promener sur mon corps. Tout mon être s'embrasa et je perdis le contrôle. Nous n'avions pas besoin de lit ni d'un endroit douillet pour nous explorer. Nous nous abandonnèrent l'un à l'autre en cette nuit de cauchemar, ce cauchemar qui se précipitait vers nous plus vite que nous ne le pensions.
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L'armée du zénith
Science FictionLe monde n'est plus ce qu'il était. Du jour au lendemain, la vie de milliards d'humains a virée au cauchemar. Des créatures repoussantes ont envahi le monde, semant le chaos sur leur passage. Thelia est une rescapée. La jeune fille vit avec sa mère...
