L'ambiance dans la pièce était électrique. Personne n'osait prononcer un mot, peur de briser le silence majestueux de la pièce. Xania et moi nous fixions depuis un bon moment déjà quand je décidais de mettre fin à ce duel visuel. Elle laissa un échapper un bref ricanement mais je ne m'en préoccupais pas. Je laissais mes yeux parcourir la pièce, sans vraiment savoir ce qu'ils cherchaient. Soudain, ils se posèrent dans un coin de la pièce mal éclairée et j'y trouvais une petite table sur laquelle trônait un plateau rempli de nourriture. Sans pouvoir me retenir, je me jetais dessus et enfonçais mes mains dans le plat de sauce aux champignons avant de les fourrer dans ma bouche. Les garçons, voyant la merveille que je venais de trouver, ouvrir grand leurs yeux et l'envie s'y refléta. Je me retournais vers eux, la bouche pleine quand le chef fit son apparition, suivit de l'homme qui nous avait accueilli, et nous expliqua que Madeline était entre de bonnes mains, ce que j'espérais vraiment car s'il devait lui arriver malheur, Xania ne verrait pas le soleil le lendemain. Lorsqu'il me remarqua, sa bouche s'ouvrit comme pour émettre un commentaire mais elle se referma sans avoir émit le moindre bruit. J'étais affamée et mon corps squelettique suffisait à le lui confirmer. Il arrêta de me fixer pour ne pas voir son repas se faire engloutir par quelqu'un d'autre et s'adressa aux garçons.
- Expliquez-moi d'où vous venez, ce qu'il s'est passé et ce que vous attendez de moi.
Ils prirent place sur les chaises jouxtant le bureau du maître et Brian se mit à parler. Sa voix rocailleuse se fit entendre mais je n'y fis pas attention car je venais de voir Xania se faufiler par une porte à l'opposé de la pièce. Profitant que l'attention n'était plus fixée sur moi, je traversais la salle et poussais le battant en question. Un vent froid cingla mon visage. Cette porte menait à l'extérieur. Je regardais à droite et à gauche pour voir la silhouette de la fille filer dans cette direction. Sans plus attendre, je me lançais à sa poursuite.
Je la suivis pendant quelques minutes, en silence, quand elle obliqua dans une ruelle faiblement éclairée qui se terminait en cul de sac. Il était hors de question que je la suive là-dedans et je m'aplatis donc contre la façade de l'édifice au commencement de la ruelle pour l'observer sans être vue.
La jolie rousse s'arrêta soudain au beau milieu de la ruelle et sembla chercher quelque chose ou peut-être quelqu'un. Lorsqu'elle tourna son visage dans ma direction, je jurais tout bas et plaquais mon corps contre le mur en espérant qu'elle ne m'avait pas remarquée. Je restais ainsi jusqu'à ce que la menace de la voir arriver me parue moindre. Je pris mon courage à deux mains et me penchais à nouveau pour observer la ruelle. Quelle ne fut pas ma surprise de constater qu'elle était vide. Je plissais les yeux pour essayer de l'apercevoir mais rien à faire. La ruelle était dénuée de toute vie. Etonnée, je me redressais et sortis mon arme de ma poche. Je voulus pénétrer à mon tour dans l'impasse pour déjouer le plan qu'elle avait en tête mais quelqu'un arriva par derrière sans que je ne l'entende et m'assena un coup sur la tête. Etourdie, je me sentis tomber mais mon corps n'atteint pas le sol car un bras me rattrapa de justesse et une deuxième personne me mit un sac en jute sur la tête avant de me soulever pour me jeter négligemment sur son épaule. Il me fallut un certain temps pour me remettre de ma surprise et pour me rendre compte que j'avais lâché mon pistolet lors de mon enlèvement. Je voulus crier au secours mais le sac étouffa mon appel à l'aide. Je voulus me débattre mais la personne m'en empêcha je ne sais trop comment. Incapable de bouger, incapable de crier et piégée dans cette maudite toile de jute, je suffoquais, en proie à la panique et un gémissement plaintif remonta le long ma gorge mais ne pus sortir de ma bouche.
J'étais ballotée comme un vulgaire paquet, traitée comme une simple marchandise. J'essayais de mémoriser le nombre de fois qu'il tournait ainsi que le nombre de pas que mon ravisseur faisait mais j'en perdis bien vite le décompte et me mis à pleurer de terreur. A travers l'épaisseur du sac, j'entendis deux voix inconnues se parler avant de recevoir un nouveau coup et d'entendre un « ferme-la ! » peu commode. Je sombrais dans l'inconscience.
Dans mon trouble, j'entendis le grincement d'une porte qui s'ouvrait. La personne qui me portait pénétra dans le bâtiment et le changement de température me fit froid dans le dos. Il faisait glacial et une drôle d'odeur, que je perçus à travers le jute, parvint à mes narines. Le battant se referma après notre passage et mon ravisseur se mit à descendre une rangée d'escaliers précautionneusement. Le bruit de ses pas se répercutait dans l'espace qui me semblait immense. Soudain, il s'arrêta et je fus jetée au sol où je tombais de tout mon long, incapable d'amortir ma chute. Je sentis la surface irrégulière de la pierre sous mes paumes tremblantes et je me pris à prier que l'on ne me jeta pas une fois de plus dans un cachot. Une paire de mains m'enleva le sac brutalement, m'arrachant quelques cheveux par la même occasion.
Je jetais un regard circulaire à la pièce dans laquelle je me trouvais. Les murs étaient irréguliers et me paraissaient humides. Je devais me trouver dans un sous-sol. Après avoir fait cette constatation, je relevais la tête pour découvrir un groupe d'individus qui me fixaient, méfiants, leurs silhouettes drapées de noir se détachants imperceptiblement sur un fond de pénombre.
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L'armée du zénith
Научная фантастикаLe monde n'est plus ce qu'il était. Du jour au lendemain, la vie de milliards d'humains a virée au cauchemar. Des créatures repoussantes ont envahi le monde, semant le chaos sur leur passage. Thelia est une rescapée. La jeune fille vit avec sa mère...
