Brian évita le coup que son adversaire lui portait avec une facilité déconcertante qui me rappela la manière dont Daphnée évitait mes coups lors de nos entraînements. Ce combat s'annonçait d'être prometteur. Je m'étais trompée. Les deux garçons étaient de force égale. Jeson avait les muscles tandis que Brian avait la souplesse et la technique. Ce dernier tournoya et abattit son poing dans la mâchoire de son adversaire. Jeson tituba mais se reprit bien vite et attrapa Brian par le col de son t-shirt avant de lui donner un coup de tête. Du sang coula du nez du garçon mais il n'en tint pas rigueur et envoya son genoux dans l'entre jambes de son adversaire. Jeson se plia en deux et Brian en profita pour le contourner et lui envoyer un coup de pied dans le derrière. Le colosse s'effondra sur le sol et supplia Brian d'arrêter en se frottant les bijoux de famille. Ce dernier leva les poings en l'air en signe de victoire et la foule se mit à hurler en venant le saluer. Je n'étais pas parmi eux. Je venais de voir des animaux se battre dans un enclos. Je répugnais ce que je venais de regarder.
Notre instructeur arrêta là les démonstrations et nous autorisa à aller manger un morceau. Je fus la première à sortir de la pièce et à me diriger d'un pas vif vers la cantine. Non pas parce que j'avais faim mais parce que je voulais laisser l'horreur derrière moi. Je pris un plateau dans la pile et saisis un morceau de pain ainsi qu'un bol de soupe avant d'aller m'asseoir à une table. Clarissa vint me rejoindre, ainsi que Dann.
- Pourquoi tu t'es enfui comme si tu avais la mort aux trousses ? me demanda ce dernier.
Je lui offris un regard meurtrier comme réponse et cela le dissuada de poser d'autres questions. Mes amis ne prirent pas le temps de manger, s'étranglant quasi avec leur nourriture pour avoir le temps de dormir. Je fis de même.
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Je n'arrivais pas à trouver le sommeil. On m'avait déniché un lit dans le même dortoir que Clarissa. Ce matelas, pas plus tard que la nuit dernière, appartenait à une fille à la chevelure or, comme me le prouvait les cheveux que je venais de trouver, abandonnés sur son oreiller. Je ne pouvais pas croire que je dormais dans le lit d'une morte. Incapable de fermer l'œil, je m'assis sur le matelas et ses ressorts émirent un grincement outragé. Clarissa dormait sur le lit avoisinant le mien. Son visage était tourné dans ma direction. Il était tout sauf serein, comme terrorisé. Je me glissais dans son lit et mon amie se réveilla en sursaut, poussant un cri d'angoisse. Je plaquais ma main sur sa bouche avant qu'elle ne réveille le reste des filles.
- C'est moi, Thelia. Tu veux bien que je dorme dans ton lit ? Je ne peux pas dormir dans le mien... C'est oppressant de dormir dans le lit d'une morte.
Clarissa se poussa pour me faire de la place et se rendormie immédiatement. Le sommeil ne tarda pas pour moi non plus et je sombrais dans le monde des rêves.
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- Thelia ! Mince mais réveille toi !
J'ouvris les yeux alarmée. Autour de moi, c'était l'agitation. Toutes les filles sautillaient partout et enfilaient leurs vêtements à la hâte. Réalisant que j'étais en retard, je m'extirpais de sous les couvertures et me précipitais vers mon lit, en trébuchant sur des piles de vêtements qui trainaient. Je dépliais ma combinaison et l'enfilai avant de sortir du dortoir à la suite de mes compagnes, sans même m'être passée un coup de peigne dans les cheveux. On déboula dans la grande salle d'entraînement. Les filles et les garçons se mélangèrent pour former des duos avant de sortir en file indienne. Il ne restait plus que moi et ceux qui avaient perdu leur coéquipier la nuit dernière. Notre inspecteur arriva, une liste à la main et nous dévisagea. Il commença à composer les duos qui sortirent au fur et à mesure jusqu'à ce qu'il ne reste plus que moi. J'étais seule. C'était impossible, il devait y avoir problème...
- Alors, manque de chance pour toi la nouvelle, vous n'êtes plus un nombre pair et la dernière arrivée est la dernière servie. Donc, tu t'occuperas de sécuriser le pont, seule.
Ce dernier mot se répercuta en moi comme un coup de poignard. Mes jambes étaient tel du plomb et j'avais peine à les soulever pour quitter la pièce.
- Ah oui, il faut peut-être que je t'explique, me rappela mon instructeur. Hier, tu ne t'es pas entrainée, j'ai besoin de voir ce que tu vaux donc si tu veux m'impressionner, essaye de revenir vivante.
Je serrais les dents pour m'empêcher de lui envoyer ma colère au visage et me détournai.
- Une dernière chose, les armes sont à la sortie, du moins s'il en reste pour toi, et la porte qui permet de rentrer ou de sortir de la base sera fermée toute la nuit et ne se rouvrira qu'au levé du jour, question de sécurité. Bonne chasse !
Mon entraineur éclata d'un rire sadique alors que je sortais de la salle. Je traversais le couloir à peine éclairé jusqu'à la porte. A l'endroit où devait se trouver les armes, il ne restait plus qu'un bout de bois éraflé devant, dans sa jeunesse, ressembler à un pieu. La colère monta en moi. Comment tuer un zombie avec ça ? Je fis demi-tour à pas feutré et me rendis à l'infirmerie. Doc se retourna vers moi, surprit.
- Déjà besoin de nouveaux soins jeune fille ?
- Non, pas pour l'instant. Dites-moi doc, où avez-vous rangé mes couteaux lorsque vous m'avez opérée et enlevé mes vêtements ?
- Dans le bac avec les autres armes. Pourquoi Thelia, y a-t-il un problème ?
J'étais désespérée et complètement paumée.
- Qu'est-ce qui ne va ? me demanda Doc.
- Il se trouve que je n'ai pas d'arme et que je suis seule. Quelle belle bataille en perspective !
J'émis un rire jaune. Doc se gratta la nuque tout en réfléchissant avant qu'un sourire s'étire sur ses lèvres.
- Tu peux prendre un de mes outils de chirurgie, c'est mieux que rien non ?
Il me tendit un scalpel que je pris de mes mains tremblantes.
- Merci doc.
Je tournais les talons et piquais un sprint dans le couloir pour rattraper mon retard. Un garde était posté à l'entrée. Il me regarda surprit, sans doute croyait-il que tout le monde était déjà parti, avant de déverrouiller la porte et de me laisser sortir. La nuit était tombée et un vent froid balayait mes cheveux. La grande porte blindée se referma derrière moi avec un bruit sourd. J'étais prisonnière de l'enfer. J'étais la marionnette de la nuit.
Je me mis en marche jusqu'à ce que j'atteigne la rue principale. Là, je jetai un coup d'œil à droite et à gauche mais n'aperçus rien d'autre que des ombres mouvantes. Des bruits d'armes s'entrechoquant et des cris gutturaux me parvenaient, glaçant mon sang dans mes veines. Inutile de trainer par ici. Je tournais à droite pour rejoindre le viaduc que l'on devinait à l'horizon, seule.
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L'armée du zénith
Science FictionLe monde n'est plus ce qu'il était. Du jour au lendemain, la vie de milliards d'humains a virée au cauchemar. Des créatures repoussantes ont envahi le monde, semant le chaos sur leur passage. Thelia est une rescapée. La jeune fille vit avec sa mère...
