Il était en train de se noyer dans son bain. Pris dans ses pensées, le jeune homme n'avait pas remarqué que son corps avait glissé le long de la paroi.
Lorsqu'il sortit la tête de l'eau, il se sentit déboussolé d'être aussi rapidement ramené à la réalité. La seule chose qui témoignait encore de l'intensité du moment fut l'érection que Clarke avait toujours entre les jambes malgré l'eau maintenant tiède.
Se frottant le visage comme pour effacer les images qu'abritait encore son esprit, il finit de se laver et de se préparer avec une certaine amertume en bouche. Après s'être rendu dans le dressing attenant à sa chambre, il observa les habits devant lui. Cette chemise blanche et ce pantalon de flanelle gris feraient l'affaire. Les cheveux furent coiffés, ajustés, et le parfum appliqué. Prêt à sortir, Clarke passa prendre Romuald lui aussi apprêté et tous deux partir en direction de la plage après s'être complimentés mutuellement.
Une fois arrivé au bar de la terrasse de l'hôtel, Clarke aperçut le groupe de femmes rencontrées en excursion un jour plus tôt, attablées. Lorsque Marie croisa son regard, elle lui fit signe de se joindre à elles. Romuald, heureux à l'idée de se trouver en charmante compagnie, ne se fit pas prier et se présenta avec assurance aux jeunes femmes en s'asseyant à leur table. L'endroit était sympathique, aménagé de canapés d'angles sobres en tissu et de lumières tamisées. Tout en commandant à boire, le petit groupe échangea quelques banalités dans une bonne ambiance. La discussion, d'abord orientée sur les endroits à visiter de l'île, finit par dévier sur la boîte où se rendaient Romuald et Clarke le soir même.
— D'ailleurs, ça vous dirait de venir avec nous ? proposa Romuald. Ça pourrait être sympa.
— Qu'est-ce que vous en dites les filles ? demanda Marie en se tournant vers ses amies.
— Oh oui, pourquoi pas ? Nous aussi, on voulait sortir à l'extérieur de l'hôtel, mais on ne connaît pas trop le coin. Vous y allez vers quelle heure ? questionna Mathilde.
Romuald chercha le regard de Clarke pour qu'ils puissent se mettre d'accord. Mais celui-ci semblait absent, les yeux fixés vers l'horizon, les sourcils froncés.
— Vers minuit, je pense. Ça vous irait ? proposa Romuald en prenant les devants.
Les jeunes femmes acquiescèrent et commencèrent à parler entre elles sur le choix de leurs tenues. Romuald se tourna alors vers son ami.
— Ça ne va pas ? Tu as l'air perdu. Et tu fronces tes sourcils.
Clarke détacha son regard du vide et revint à lui, la mâchoire crispée. Il toussota et sembla chercher ses mots nerveusement.
— Si si, ça va. Pourquoi ça n'irait pas ? mentit le jeune homme. Je vais juste me rechercher un verre. Excusez-moi, je reviens.
Le regard interrogateur de son ami témoigna de l'insatisfaction de ce dernier devant sa réponse. Clarke ne le releva pas et quitta la table pour prendre la direction de l'hôtel. Mais Romuald l'appela avant que celui-ci ne soit plus à sa portée.
— Le bar est dans l'autre direction ! indiqua-t-il avec sa main, un air incompréhensif sur le visage. Ce qu'il peut être con.
— Je reviens tout de suite, répondit Clarke qui continua son chemin pour écourter la conversation.
Maintenant son cap, il rentra d'une allure souple et rapide dans l'hôtel. Pour cause, il avait aperçu Anissa passer quelques secondes plus tôt en revenant tardivement de la plage. L'avait-elle vue ? Ce n'était pas impossible mais le pas pressé de la jeune femme l'en fit douter. Clarke voulait la revoir, lui parler, être en sa compagnie.
Remontant l'escalier principal rapidement, il s'arrêta sur le palier et regarda de chaque côté, le cœur battant. Pas de traces de la jeune femme. Il écouta alors. Il s'écoula quelques secondes avant qu'un claquement de porte lui fasse comprendre qu'elle était rentrée dans sa chambre. Le bruit lui était parvenu de la droite. Il aurait voulu aller la voir, mais ne sachant pas son numéro de chambre, finit par faire demi-tour, bredouille et irrité.
Quand il revint auprès de ses amis qui avaient terminé l'apéritif, il justifia son absence par un détour à sa suite pour récupérer son téléphone. L'heure était déjà bien avancée et le petit groupe décida d'aller manger. Pendant le repas, Clarke essayait tant bien que mal de mettre de côté Anissa pour profiter du moment présent avec ses amis.
— Rendez-vous dans, disons trente minutes dans le hall de l'hôtel ? À minuit dix ? demanda Marie en se levant de table.
— Trente minutes ? C'est énorme, s'exclama Romuald.
— C'est le minimum si vous voulez avoir de jolies filles avec vous, dit Sarah en souriant.
— Moi, je ne trouve pas que ce soit très long ! répondit Mathilde. Il faut qu'on y aille tout de suite d'ailleurs, sinon on ne sera jamais prêtes.
Les jeunes femmes quittèrent la table dans un vacarme de paroles. Ne resta plus que Clarke et Romuald sous le luminaire. Tous les autres clients avaient fini de manger et le personnel s'affairait maintenant à nettoyer.
— Elle est plutôt mignonne Marie, non ? demanda Romuald tout en finissant son verre à la paille.
— Oh Mouais. Mais, on aurait dit que tu préférais Sarah à ta manière de lui parler.
— Eh bien, Marie est très sympa ce soir. Sarah, elle est plutôt froide.
— À quand Mathilde ? demanda Clarke en laissant échapper un grand sourire.
Les deux se regardèrent et ne purent se retenir de rire de bon coeur.
— Évite de me refaire ce genre de coup, tu retournes mon ventre encore fragile, geignit Romuald en se le tenant comme s'il avait des contractions.
— D'ailleurs, tu veux un verre, je vais me reprendre quelque chose ?
— Va te faire voir.
— Bien, j'ai compris. Ce sera un seul whisky alors. Tu n'es pas très sympa de me laisser boire seul.
Très vite, minuit dix sonna. Ils allèrent attendre dans le hall de l'hôtel les trois jeunes femmes, qui changées et mises sur leur trente et un, arrivèrent quelques minutes plus tard. Le petit groupe monta dans deux taxis et partit en direction du lieu de la soirée à travers les routes sombres de Bora Bora.
Un large bâtiment de tôles grises leur fit rapidement face. Les voitures se garèrent sur le bas-côté de la route et les vacanciers en sortirent sceptiques. L'endroit laissait entendre une très forte musique. De nombreux faisceaux de lumière jaillissaient vers le ciel. Mais une fois les vestiaires passés, la beauté du lieu les impressionna.
Une grande piste au centre disposait d'un sol lumineux qui changeait de couleurs. Des plantes et fleurs grimpantes sur les murs jouaient avec les éclairages et les spots. Sur plusieurs podiums, des danseurs se déhanchaient sensuellement. Beaucoup de coins aménagés d'une table basse entourée de fauteuils en bambou agrémentés de gros coussins créaient une ambiance tropicale et luxueuse à la fois. Un grand bar en U, à gauche, était surplombé d'un aquarium éclairé. Et sur la droite, une ouverture complète sur le lagon que l'on pouvait rejoindre par une grande terrasse aménagée confortablement dans une ambiance décontractée.
Le groupe d'amis se regarda émerveillé et rentra sans perdre une minute sur la piste déjà bien remplie. Là, les passions se déchaînèrent et tous dansèrent comme si leurs vies en dépendaient. L'ambiance battait son plein. C'était, on peut le dire, l'euphorie générale.
Plusieurs musiques défilèrent mais au bout d'un certain temps, Clarke remarqua que Romuald n'était plus là. Pensant qu'il avait sûrement dû aller tenter sa chance auprès d'une nouvelle femme, il attrapa Marie par le bras et la prévint qu'il sortait deux minutes de la piste pour boire un verre.
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En corps de toi
Любовные романы"Anissa le trouvait beau comme un Dieu, allongé là sur ce grand lit, les yeux bleus perçants et le torse exposé. Son érection, largement visible, faisant tendre tout son pantalon. Son visage ne pouvait mieux traduire l'excitation. Elle aurait pu jou...
