La matinée passa vite. Anissa eut tout juste le temps de se préparer, privilégiant une dernière baignade dans le lagon. La même tenue qu'à son arrivée, cette combinaison rouge, comme symbole de la fin de son voyage. Comme à l'aller, elle eut du mal à refermer sa valise même avec l'aide de Clara. Le bagagiste ne tarda pas à venir chercher ses affaires. Anissa le savait, les minutes étaient maintenant comptées. Elle sortit sur la terrasse et s'assit à la table d'extérieure pour figer ce paysage dans son esprit. L'arrivée impromptue de Clara la tira de ses pensées méditatives.
— Je n'arrive pas à croire que je vais me retrouver seule avec ces fous ! se lamenta son amie en prenant place à côté d'elle.
— Je sais bien. C'est pour à peine deux jours après tout. Et puis il y a des gens que tu apprécies ici.
— Pas autant que toi. Enfin, je me réjouis déjà d'être à ce soir, dit ironiquement Clara. Je me demande quand même comment ça va se passer.
— Ils se sont peut-être rabibochés les deux, qui sait. Leur couple m'a l'air tellement incertain.
— Tu comptes lui parler à Clarke, au fait ?
— Je ne sais pas trop, répondit Anissa tout en observant le bungalow de l'autre côté. Je pense tout de même, oui. On ne peut pas se quitter sans avoir eu une explication.
— Et les gens du bateau, tu vas leur dire au revoir ?
— Aymen et compagnie ? Non, peu m'importe. Si je ne suis pas amenée à les recroiser avant mon départ, je n'irai pas jusqu'à là-bas pour le faire. Tu leur diras de ma part.
Clara acquiesça. Sa bouche pincée trahissait l'idée qu'elle avait en tête depuis ce matin. Elle hésita encore quelques secondes avant de proposer :
— Bon, tu dois aller à la réception dans un peu moins d'une heure. Tu veux que je prévienne Clarke ?
Une lueur naquit dans les yeux d'Anissa.
— Ça serait super, s'enthousiasma-t-elle.
— D'accord. Je vais dans son bungalow. J'essayerai de lui en glisser un mot pour qu'il te rejoigne ici, dit son amie en se levant.
— Merci, je te le revaudrai.
En entendant la porte claquer, Anissa sentit sa tête bourdonner. Un espoir. Voilà sur quoi se fondait sa dernière discussion avec Clarke. L'espoir qu'il comprenne et accepte de venir lui parler.
Les minutes semblaient être des heures et Anissa se demandait de plus en plus pourquoi elle avait laissé Clara y aller. Qu'allait-elle lui dire en fin de compte si elle était amenée à se retrouver en face de lui ? Elle-même n'en savait que trop peu. Mais ne pas connaître l'avancement de l'histoire avec Mélonie depuis deux jours l'angoissait.
Plus le temps de réfléchir : quelqu'un venait de frapper à la porte. Elle se leva alors et se dirigea vers l'entrée à reculons. C'est le souffle court qu'elle ouvrit et tomba sur la personne qu'elle redoutait le plus de voir après Mélonie. Elle le jaugea un instant. L'expression grave qu'arborait son visage inquiéta la jeune femme. Pourquoi être si dégouté de me voir ?
— Clara m'a fait comprendre que je devais venir te parler, expliqua-t-il assez froidement.
Elle s'effaça pour le laisser passer.
— Vas-y, entre.
— Et pour hier matin, j'ai préféré ne pas te réveiller, excuse-moi.
— Non, il n'y a pas de mal, dit-elle tout en se dirigeant vers la terrasse.
— Si ça ne te dérange pas, je préférerais que l'on reste dans le salon. Mélonie pourrait nous voir dehors.
Anissa déglutit.
— Le canapé est à toi alors. Ne te gêne pas.
Clarke ne se fit pas prier et s'assit au bord de ce dernier, la tête soutenue par ses avants bras. Il n'avait pas entretenu sa barbe ces derniers jours et sa lèvre inférieure était bleutée sur tout un côté. Il s'en sortait mieux que ce qu'elle s'était imaginée en le soignant. Anissa s'assit dans le siège juste en face. Elle osa à peine poser les yeux sur lui. Cette fichue boule au ventre...
— Alors, si ce n'est pas trop indiscret, qu'est-ce qu'il en est avec ta compagne ?
— Eh bien, je ne l'ai vu qu'hier soir. Je suis allé me balader toute la journée. J'avais besoin de réfléchir et de faire le point. J'ai bien fini par la recroiser et... hésita Clarke, visiblement embarrassé.
Il fronça les sourcils avant de se passer la main dans les cheveux. Anissa chercha ses yeux craintivement.
— Et ?
Il ferma ses paupières un instant et prit une profonde inspiration.
— Elle m'a posé un ultimatum : soit on se dit adieu, soit on oublie toutes ces histoires et on recommence comme si rien ne s'était passé.
— Qu'est-ce que tu as choisi ?
L'espace de quelques secondes, un silence de plomb traversa la pièce et crispa Anissa. Son sang quitta son visage, sa gorge s'assécha.
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En corps de toi
Romantik"Anissa le trouvait beau comme un Dieu, allongé là sur ce grand lit, les yeux bleus perçants et le torse exposé. Son érection, largement visible, faisant tendre tout son pantalon. Son visage ne pouvait mieux traduire l'excitation. Elle aurait pu jou...
