Ça en était trop. La voir ainsi se trémousser collée à un autre homme lui déplaisait au plus haut point. Mais il était bien la dernière personne à être en position de pouvoir dire quelque chose. Malgré tout, sa fierté comme son humeur en prirent un coup.
Faisait-elle cela dans le seul but de l'énerver où Alexandre lui plaisait-il vraiment ? Peut-être un peu des deux. Mais pourquoi lui ? Tous deux n'avaient rien en commun si ce n'est d'aimer le même genre de femme. Même en matière de danse il semblait peu à l'aise à en voir la manière avec laquelle la jeune femme menait le jeu... Ah, Anissa...
Elle ne lui avait d'ailleurs accordé que quelques regards à peine depuis le début de la soirée. Sans doute trop occupée à les offrir à quelqu'un d'autre... La décision qu'elle avait prise de s'asseoir le plus loin possible de lui sur l'embarcation faisant office de taxi l'avait également piqué. Elle ne semblait plus le considérer, ni même vouloir être en sa présence. Mais, ne pas vouloir être en sa présence montrait toutefois qu'il ne lui était pas encore totalement indifférent. Difficile de nous oublier.
Cependant, la voir ainsi avec un autre et n'être condamné qu'au silence l'irritait fortement, si bien qu'il décida de se lever et de rejoindre les premières personnes qu'il trouverait à l'intérieur, loin de cette scène écœurante. Arrivé dans l'entrée, il s'aventura dans la cuisine ouverte de laquelle de grands rires s'échappaient en montant quelques marches à sa gauche. Le style épuré et design de la pièce ouverte sur une grande salle à manger pouvant accueillir 10 convives lui plaisait bien.
— Eh Clarke tu tombes bien ! Gros débat depuis tout à l'heure. Qu'est-ce que tu penses toi de se faire lécher... l'anus ? demanda Jacob en chuchotant en aparté ce dernier mot. Angèle et moi on trouve que c'est sale, mais Tom adore apparemment !
Clarke blêmit. Les souvenirs d'Anissa qui lui avait fait découvrir toutes les sensations incroyables que pouvait provoquer cette partie de son corps le firent frémir.
— Mais oui puisque je le dis ! Vous ne savez vraiment pas ce que vous loupez ! Vous n'y connaissez rien de toute façon. C'est vraiment une pratique exquise ça !
Clarke s'étonna de retrouver Tom aussi survolté. Lui qui se lamentait d'être malade il y a une heure à peine. Il avait bien repris du poil de la bête, les petits-fours à côté de lui sur l'ilot central en faisaient les frais.
— Vous êtes vraiment morts vous on dirait bien, observa Clarke.
— Même pas ! s'exclama Tom en s'adossant au plan de travail pour éviter de tomber.
— Toi par contre tu n'as pas l'air bien ! Il y a quelque chose qui ne vas pas ? Tu veux qu'on appelle ta maman ? demanda Angèle pour le charrier.
— Mélonie ne doit pas bien s'occuper de son derrière, ça se voit ! s'amusa Jacob en levant le doigt. Il faudrait essayer avec quelqu'un d'autre peut-être, quelqu'un qui l'embrasserait goulûment.
— C'est pour ça que vous voulez appeler sa maman ? C'est dégueulasse les gars dîtes pas des choses comme ça ! s'écria Tom perdu dans la discussion.
— Tout va très bien pour mon derrière merci. Ma maman aussi va bien ! répondit Clarke en essayant de suivre le fil.
Tout compte fait, il n'aurait peut-être pas dû les rejoindre. Mais, ils lui feraient passer le temps, leurs idioties promettaient d'être amusantes. Tom était maintenant affairé à imiter Alexandre sur la piste de danse.
— Aussi rigide qu'une craie ! Un balai à chiotte le mec !
Clarke commença à rire en les écoutant se moquer. Mais il s'arrêta vite et fronça les sourcils lorsqu'il aperçut un peu plus bas Anissa passer dans le hall en tenant le fameux danseur derrière elle. Le visage de ce dernier semblait un peu trop heureux à son goût. Anissa ne semblait pas l'avoir vu mais Clarke le prit comme une provocation. Ça n'en était pas un peu trop ? La danse et puis maintenant il ne savait quoi dans une des cabines ? Ça, il voulait cependant s'en assurer de ses propres yeux.
— Tom, viens avec moi !
— Pour quoi faire ? On rigole bien ici !
— Pour ton anus ! plaisanta Clarke tout en l'empoignant par le bras.
— Ah là, pas de souci.
Ils quittèrent alors la cuisine et descendirent les escaliers pour rejoindre l'entrée. Tom manqua la dernière marche et se rattrapa à la rambarde dans un lourd fracas. Clarke souffla tout en l'aidant à se relever. Lorsqu'il se retourna, il tomba nez à nez avec quatre portes dont deux closes.
— Tu connais ce bateau non ?
— En partie, oui.
— Alors il y a quoi derrière ces portes ?
— À droite il y a une salle de bain et celle juste à côté mène à une salle d'équipements.
— Et les deux autres ? Ce sont des chambres ?
— Oui, je crois bien que oui. Il y en a peut-être une qui mène au Paradis, je ne sais plus trop...
— D'accord, viens, ordonna Clarke bien décidé à surprendre Anissa.
— Mais, il faut que tu saches que je ne ferais rien avec toi, hein ! articula Tom en se laissant guider.
— Ne t'en fais pas pour ça.
Clarke se dirigea alors jusqu'à la première porte fermée devant lui. Il frappa mais aucune réponse. Il réitéra et une timide voix d'homme finit par s'en échapper.
— Occupé !
Le mot prononcé s'était à peine distingué du brouhaha ambiant, englouti par la musique extérieure.
— Alexandre ?
— Heu ... Non.
— Au temps pour moi.
Clarke se rabattit alors sur la seconde chambre. N'obtenant aucune réponse, il abaissa la poignée et la porte s'ouvrit. La lumière chaude de la pièce vint l'aveugler un instant. Sa vision s'habitua et Clarke put observer un large lit trônant au centre dans des tons dorés et taupes. Une odeur de cire tamisait l'endroit et quelques bougies factices allumées se reflétaient par brides dans les hublots à tribord. Le jeune homme sentit son sang lui monter à la tête et il resserra ses doigts plus forts autour du poignet de Tom qui rougit de douleur. Clarke entra alors lentement dans la pièce suivi de près par son prisonnier contraint et secoué.
Il entendit alors un rire féminin s'échapper de derrière une porte au fond de la chambre, sans doute la salle de bain. Il semblait y avoir de l'agitation dans cette seconde pièce mais Clarke peinait à distinguer clairement ce dont il était question. Cependant, à peine quelques secondes s'écoulèrent avant qu'il ne voit la poignée s'abaisser. Pris de panique, il attrapa Tom qui se lamentait sur son poignet engourdi et le poussa sur le lit.
— Tiens, Clarke ? Qu'est-ce que vous faîtes là ? demanda Alexandre en sortant de la salle de bain.
— Tom ne se sent pas bien, et c'est la seule chambre de libre. On ne vous dérange pas ? questionna ce dernier tout naturellement.
— Non, du tout. Anissa allait partir de toute façon. Bon et bien, bon courage mon pote.
— Merci, répondit amèrement Clarke.
Alexandre traversa la chambre suivi de près par Anissa qui s'était recoiffée dans le miroir de la salle de bain. En le frôlant elle plongea ses yeux joueurs dans ceux de Clarke qui la dévisageait. Elle ne dit mot et il sentit son parfum embaumer la pièce l'espace d'un instant.
— Tu as vu ce que tu as fait à mon rouge à lèvres ? demanda-t-elle à Alexandre tout en refermant partiellement la porte de chambre.
— Ton rouge à lèvres ? Comment c'est possible, j'ai...
Clarke ne réussit pas à entendre la fin de la phrase de ce dernier. Désemparé, il s'affala sur le lit, à côté de Tom qui s'exclama :
— Je ne veux toujours pas coucher avec toi hein, tu le sais ça ?
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En corps de toi
Roman d'amour"Anissa le trouvait beau comme un Dieu, allongé là sur ce grand lit, les yeux bleus perçants et le torse exposé. Son érection, largement visible, faisant tendre tout son pantalon. Son visage ne pouvait mieux traduire l'excitation. Elle aurait pu jou...
