Dernière soirée. Jemma était restée pour l'occasion tout comme Clara et Angèle. Toutes les quatre avaient décidé d'aller boire un verre au Placeo, l'ancien hôtel, avec Romuald qui les y avait invités. Cette idée avait enchanté Anissa. Fuir le cadre des bungalows la ravit, même si Clarke allait sûrement rentrer durant son absence.
Retour donc pour Anissa en ce lieu qui avait bercé sa première semaine de vacances. Elle ne pensait pas un jour revoir ces murs. Repasser devant le restaurant de leur première soirée avec Clarke la remua. Chaque endroit la ramenait à lui. Mais elle était de sortie pour profiter une dernière fois et surtout tenter de se changer les idées. Elle se fit violence pour bannir cet homme de son esprit tandis qu'ils arpentaient l'allée de la plage.
— Miestro Bar Anissa ? lui proposa Romuald tout sourire.
— Une fois dans ce bar m'a suffi avec toi.
— Et pourquoi ça ? demanda Jemma.
— Il faudra que l'on vous raconte cette soirée mémorable, n'est-ce pas Romuald ?
— Pourquoi est-ce que j'ai ouvert ma bouche ? s'apitoya ce dernier en riant. Bon, ça ne fait rien, il y a toujours le bar plus en contrebas. Ça te va ?
— Oui, pourquoi pas. Je n'y suis jamais allée.
— Et puis, en un sens, tant mieux. Je crois qu'ils m'ont fiché au Miestro Bar !
Ils rejoignirent alors cette nouvelle place qui offrait une toute aussi belle vue sur la lagune. Les conversations allèrent bon train, les rires aussi. Ils échangèrent des anecdotes et des histoires de plus en plus bruyamment au fil des cocktails bus. L'ambiance était festive et depuis longtemps, Anissa perdit cette impression de toujours devoir faire attention à ce qu'elle disait ou à comment se comporter vis-à-vis de Clarke.
Ce même Clarke qui avait fui ses responsabilités toute la journée d'ailleurs. Qu'en était-il ce soir ? Elle ne le saurait sans doute jamais... Avant de venir, Anissa s'était rendue à la réception. Ils avaient fait des pieds et des mains pour la satisfaire et lui avaient trouvé une place dans l'avion partant le lendemain en début d'après-midi. Ça en serait fini de Bora Bora...
Une bien drôle expérience. Pour sûr, elle aurait matière à raconter à ses amis. Ses pensées furent toutefois interrompues par une voix familière et suraigue qui appela Romuald. Mathilde avait fait irruption dans le restaurant et se dirigeait vers le groupe d'amis.
— Alors, on ne me prévient pas qu'il y a une petite soirée organisée ? reprocha-t-elle à Romuald avant de lui déposer un baiser.
Toute la table ouvrit les yeux de surprise. Des regards scrutateurs se posèrent sur l'un comme sur l'autre.
— Désolé, je pensais que tu étais avec Marie et Sarah.
— J'étais au sport mais je vais les rejoindre, elles m'attendent pour manger. Bonne soirée à vous mesdames, dit-elle avant de repartir.
— Petit cachotier ! s'exclama Jemma en riant.
— Romuald, tu nous dois des explications ! renchérit Anissa.
— Vous ne saviez pas ? Hier, quand vous étiez occupés à faire tout votre grabuge, Mathilde et moi on a fini par s'embrasser, raconta ce dernier avec un sourire de triomphe.
— Pendant la bagarre ? T'es culotté toi ! Ah ! Ah ! répondit Clara.
— Mais non, c'était bien avant. Ça faisait déjà quelques jours que l'on se tournait autour, et la baignade nocturne hier soir a été propice au rapprochement.
— Et alors, amourette de vacances ou grand amour ? s'informa Jemma.
— Je n'en sais rien. C'est tout récent. On verra bien où le vent nous mène.
— Ça en est presque touchant. Que d'amour à Bora Bora ! sous-entendit Clara.
— Ta gueule, lui souffla Anissa amusée.
Les discussions se poursuivirent tandis que la nuit tombait. Peu à peu, le bar pourtant noir de monde en début de soirée se vida pour ne laisser que le petit groupe. Ils restèrent là à parler de tout et de rien, à rire de bon cœur jusqu'à tard dans la nuit.
Une heure du matin approchant, il fut l'heure pour tous de rentrer. En se levant, Anissa prit à part Romuald et ils s'éloignèrent du groupe.
— Qu'est-ce qu'il t'arrive jolie fleur ?
Le visage d'Anissa s'épanouit en un sourire.
— Tu sais que la première fois que tu m'as appelé comme ça, tu m'as mis très mal à l'aise !
— Ah oui, je m'en souviens, notre première soirée ! se remémora avec amusement Romuald. Mais moi j'aime bien ce surnom pourtant, je le trouve mignon...Enfin, je t'écoute, dis-moi tout.
— Et bien voilà, je ne pensais pas le faire si vite, mais les choses ont fait que je pars demain, soupira la jeune femme. Je ne l'ai pas dit plus tôt parce que j'avais peur de plomber l'ambiance.
— Tu pars demain ? répéta-t-il comme pour mieux emmagasiner la nouvelle. Mais je te vois encore me dire que tu comptais rester trois semaines ici !
— Oui, je sais. J'arrive au terme de ma deuxième semaine. J'avais prévu large dans l'éventualité où je ne finirais pas rapidement ce que j'avais à faire ici. Mais mon travail est achevé, et il me reste beaucoup de boulot à Paris. Il vaut mieux que je rentre.
Romuald fronça les sourcils.
— Ce n'est pas à cause de la soirée d'hier au moins ?
— Ça a sans doute précipité les choses, c'est vrai.
— Quelle garce cette Mélonie... J'espère au moins que ce ne sont pas des adieux que tu me fais là ? reprocha Romuald attristé.
— Non, non du tout. Ne t'en fais pas, on se reverra à Paris, il n'y a pas de doute là-dessus.
— Ça me fait plaisir ce que tu me dis. Fais attention à toi Anissa, ta présence va me manquer, s'exclama-t-il en la serrant dans ses bras.
Elle sentit un léger pincement au cœur. Car elle savait au fond d'elle qu'il était peu probable qu'elle le revoie. Ce n'était pas contre lui, son emploi du temps était bien trop chargé. Elle espérait tout de même pouvoir le recroiser un jour, il était attachant malgré tout cet homme.
Ils finirent par rejoindre le reste du groupe et Romuald les raccompagna jusqu'à l'entrée de l'hôtel. Les taxis arrivèrent et chacune y monta. Avant de faire de même, Anissa fit une dernière accolade à Romuald.
— Prends soin de toi, et je croise les doigts pour que ça marche avec Mathilde !
— On verra bien dans le temps. Et on garde contact hein !
— Tu as mon numéro. Si à l'occasion tu as besoin.
— Pour se revoir c'est toujours mieux. Sinon je te reverrais dans les grands magazines annonçant le succès de ta nouvelle collection, je n'en doute pas !
— Bonne nuit Romuald ! s'exclama-t-elle en rejoignant son taxi.
— Bonne nuit à toi aussi Anissa ! Et bon retour !
Elle referma la portière de la voiture et souffla. La silhouette de Romuald devant l'imposant hôtel se fit de plus en plus petite puis finit par disparaître au détour du chemin. Le visage de la jeune femme se crispa dans un spasme de chagrin.
— Tu ne vas pas pleurer quand même Anissa ? lui demanda Clara.
— Non. Mais il va me manquer. C'est une belle personne.
— Je n'en doute pas.
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En corps de toi
Romansa"Anissa le trouvait beau comme un Dieu, allongé là sur ce grand lit, les yeux bleus perçants et le torse exposé. Son érection, largement visible, faisant tendre tout son pantalon. Son visage ne pouvait mieux traduire l'excitation. Elle aurait pu jou...
