Chapitre 58

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     Les deux jeunes femmes attendaient depuis vingt bonnes minutes sur les canapés de la réception. Ces derniers offraient une vue sur le ponton, l'endroit parfait pour repérer d'éventuelles arrivées. Clara triturait nerveusement sa bague de fiançailles. C'était la première fois qu'elle la portait ici, et s'était pavanée avec dans la suite pendant dix bonnes minutes. Anissa l'avait observé en riant, heureuse de voir son amie si enjouée. Il faut dire que David, avait mis le paquet, la bague était somptueuse. Un élégant solitaire en platine serti de diamants résonnait comme le symbole de la promesse d'une existence à deux.

— Le soleil est déjà en train de se coucher. Ils en mettent du temps ! s'exaspéra Anissa.

— Tu parles de qui ? Les filles ou Clarke et Mélonie ?

— Tous !

— Mais plus de Clarke et Mélonie non ? demanda Clara avec un sourire railleur sur le visage.

     Anissa la regarda du coin de l'œil et ne put s'empêcher de rire.

— Tiens, regarde, il y a une navette qui arrive là-bas ! s'exclama Clara en montrant du doigt une embarcation rouge qui ralentissait. Ce doit-être elles. Et les deux qui ne sont toujours pas revenus ! Je ne les connais pas moi leurs amies !

— Tu n'avais pas dit que tu connaissais Angèle ?

— De vue seulement ! D'ailleurs, regarde ! C'est la grande brune.

     En effet, une femme légèrement enrobée et à la stature imposante descendait de la navette sur le ponton de l'hôtel. Son allure était élégante avec une robe trois trous aubergine et une capeline blanche sur la tête. Elle aurait pu être mannequin dans une société où les grandes tailles étaient appréciées et célébrées. Anissa devina un visage rond et des yeux en amande couleur océan. Son teint était rosé et malgré la fin de vingtaine qu'elle devait arborer, sa physionomie de visage semblait enfantine avec un nez court et une bouche étroite. Elle renvoyait une impression sympathique et Anissa se tourna alors vers la deuxième personne qui l'accompagnait.

— J'imagine qu'à côté c'est Jemma... Elles sont magnifiques, admira-t-elle tout en se redressant pour mieux les apercevoir.

— Bon, quand il faut y aller, il faut y aller, pensa à haute voix Clara comme pour se donner du courage.

     Les deux amies se levèrent et partirent les accueillir, un sourire affable pendu aux lèvres.

— Angèle ?

— Clara ! Comment tu vas ? s'exclama cette dernière en lui faisant la bise avec entrain. Et tu dois être Anissa, c'est ça ? Enchantée ! Tu es ravissante !

— Merci beaucoup, toi aussi ! répondit la jeune femme agréablement surprise.

     Anissa s'approcha ensuite de Jemma qui la scrutait d'un regard brillant. Si j'avais été un homme, je l'aurais vite approchée.

     L'élégance de sa combinaison fleurie mettait parfaitement en valeur sa peau noire et ses tresses africaines collées. L'absence de maquillage sur son visage ravit Anissa qui admira son teint frais et ses longs cils fournis. Ses yeux noirs étaient animés d'un regard désinvolte. Tout son visage rayonnait d'expressivité jusqu'à ses lèvres charnues et sa bouche rieuse. En collant sa joue à celle de la jeune femme pour lui dire bonjour, Anissa sentit un agréable parfum floral lui caresser les narines.

— C'est donc Anissa Morau que j'ai sous les yeux ? demanda Jemma admirative.

     Anissa la regarda un instant d'un air amusé, à la fois surprise et flattée.

En corps de toiOù les histoires vivent. Découvrez maintenant