Une fois dans le taxi, Anissa laissa vagabonder ses pensées en regardant par la fenêtre. À travailler tout l'après-midi, elle avait à peine vu l'heure tourner. Le jour avait décliné et la jeune femme était retournée à sa chambre tardivement. C'était à ce moment qu'elle avait aperçu Clarke, tranquillement attablé en charmante compagnie. Pas un seul regard vers elle. Après être remontée à sa suite agacée, elle était restée quelques minutes assise sur le bord du lit, bousculée par ses pensées. L'envie de rester terrer dans sa chambre la travaillait. Clarke lui renvoyait à ce moment précis l'image des hommes qu'elle avait fuis toute sa vie. Ceux qui s'entouraient de la gent féminine pour flatter leur ego et qui jonglaient entre de nombreuses femmes en même temps. Elle réfléchit alors un moment. Tout compte fait, elle l'avait juste vu boire un verre avec du monde. Elle du bien s'avouer qu'elle tirait peut-être des conclusions hâtivement. Et puis, bien à elle d'abandonner aussi facilement, cela ne lui ressemblait pas. Se reprenant alors en main, elle décida que malgré tout, ce soir serait son soir. Elle allait leur montrer à tous, aussi bien à Clarke qu'aux femmes à sa table, ce qu'elle, Anissa Morau, valait.
Elle ouvrit son dressing d'un geste sec et sut directement vers quelle tenue s'orienter. Cette robe, elle l'avait portée durant un défilé haute couture auquel elle s'était rendu deux ans auparavant et la jeune femme avait même fini en couverture d'un grand magazine alors qu'elle n'était qu'invitée.
Tout en disposant les affaires choisies sur son lit, elle commanda un repas puis commença à se préparer. À peine apporté, le poisson, un mahi mahi parfumé avec sa sauce vanille, ne resta pas longtemps dans l'assiette. Anissa voulait se trouver parfaite. Entre la douche, le maquillage, la coiffure, et le vernis, elle y consacra un certain temps. Minuit était passé.
Alors qu'elle était occupée à enfiler sa robe, un éclat de rire dans le couloir attira son attention. Stoppant toute activité, elle s'approcha à moitié nue de la porte et tendit l'oreille. C'était des voix de femmes, deux ou trois apparemment, qui plaisantaient ensemble. Il s'agissait peut-être des femmes qui accompagnaient Clarke tout à l'heure.
Anissa voulait saisir l'objet de leur discussion. Elle ouvrit alors doucement sa porte de chambre. Les voix auparavant floues s'éclaircirent :
— Allez Marie ! Ils nous attendent !
— Toujours la dernière, c'est dingue.
— Qu'est-ce qu'il y a Mathilde ? T'es pressée de revoir Romuald ?
— C'est bon, je suis là, à nous la fête ce soir ! dit cette dernière en refermant la porte de sa chambre à quelques pas de celle d'Anissa.
Les trois femmes partirent en trombe et le son de leur voix ne tarda pas à se dissiper. Anissa referma doucement la porte. Elles allaient donc passer la soirée avec les garçons ! La jeune femme redoubla de vitesse pour se préparer, un goût amer en bouche. Elle finit rapidement d'enfiler sa robe et de choisir ses bijoux. Rassemblant ses affaires, elle ajusta une dernière fois ses cheveux qu'elle avait lissés et mit des talons aiguilles blancs. Un dernier coup d'œil dans le miroir et la jeune femme partit. Clarke n'était vraiment pas prêt à la soirée qu'elle lui promettait.
Voilà comment Anissa se retrouvait maintenant dans ce taxi qui filait à travers la nuit en direction de la boîte sur une route gravillonnée à en faire crisser les pneus. Elle était partie une demi-heure après le groupe. Anxieuse, la jeune femme commençait à douter de ce qu'elle était en train de faire. Elle n'aurait pas refusé un shot de vodka pour lui donner du courage. Mais le moment était arrivé et déjà un son sourd lui parvenait. Le taxi ne tarda pas à se garer et elle descendit devant la discothèque. Se dirigeant résolument vers l'entrée, elle fut alors étonnée d'apercevoir un visage familier sur le bas-côté.
— Romuald ?
L'intéressé se retourna vers elle et la regarda avec des yeux ronds.
— Anissa ? Waouh, tu es splendide ! Mais qu'est-ce que tu fais là ? Je croyais que tu ne pouvais pas venir ?
— Ah merci, c'est très gentil, tu n'es pas mal non plus, répondit Anissa qui le tutoyait pour la première fois. J'ai bien avancé mon travail aujourd'hui, j'ai pu me le permettre. Et toi, tu ne vas pas t'amuser ?
— J'aurais adoré, la boîte est magnifique, tu verras, mais je ne me sens vraiment pas bien. J'avoue que j'ai bu une bière tout à l'heure, je n'aurais pas dû. Mon estomac ne s'est toujours pas remis d'hier.
— Je suis désolée pour toi. Tu es sûr que tu ne veux vraiment pas venir danser, ça va être sympa !
— Merci, mais ne t'en fais pas pour moi, j'ai déjà réservé un taxi. Il va bientôt arriver. Va plutôt rejoindre Clarke, il est à l'intérieur et d'ailleurs je ne l'ai pas prévenu de mon départ. Je ne l'ai pas trouvé.
— Je le ferais pour toi si tu veux, lui proposa Anissa bienveillante. Ça va aller ou tu veux que j'attende avec toi ?
— Non, ne t'inquiète pas ça va aller. Va plutôt t'amuser !
— D'accord, à demain alors ? demanda la jeune femme en commençant à s'éloigner.
— À demain Anissa, affirma celui-ci en lui souriant.
Tout compte fait, elle l'aimait bien ce Romuald. Anissa regretta de l'avoir jugé trop vite. Et puis, il était de bon conseil, rejoindre Clarke était le but de la soirée...
Mais à peine rentrée dans l'enceinte de la boîte elle laissa de côté ses pensées et regarda émerveillée l'endroit dans lequel elle se trouvait. Rien à voir avec les boîtes huppées parisiennes qu'elle avait d'ailleurs arrêté de fréquenter depuis un bon moment. Tout était splendide et dépaysant ici.
La jeune femme se dirigea au bar pour prendre un verre et inspecter les alentours. La plupart des gens affichaient une tenue assez décontractée, bien différente de celle Anissa. Aucun visage familier à première vue. Mais difficile de discerner clairement les personnes dans cette foule qui entra en furie lorsque retentit une musique des plus entraînantes. C'était la musique qu'il fallait à Anissa pour entrer en piste.
Oubliant Clarke, elle se lança alors à l'assaut de la salle et se fit rapidement une place parmi les danseurs quelque peu éméchés qui s'éloignèrent d'elle aussi bien pour l'admirer que pour la laisser s'exprimer. Anissa se prit vite au jeu et se fit sensuelle sur le couplet grave et parlé, et enjouée sur le refrain dansant et survolté. Mais déjà, la musique s'estompait pour laisser place à une autre dans les tons reggaeton. Peu importait à Anissa, elle aimait aussi beaucoup ce genre de chanson.
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En corps de toi
Romance"Anissa le trouvait beau comme un Dieu, allongé là sur ce grand lit, les yeux bleus perçants et le torse exposé. Son érection, largement visible, faisant tendre tout son pantalon. Son visage ne pouvait mieux traduire l'excitation. Elle aurait pu jou...
