Lorsqu'ils marchèrent sur le ponton, ils constatèrent qu'aucune suite ne semblait allumée. Seul résonnaient leurs pas sur le bois qui se joignaient au bruissement de l'eau sur les pilotis. En entrant dans son bungalow, Anissa chercha Clara, mais aucune trace de sa présence. La jeune femme emmena alors Clarke dans la salle de bain. Il se regarda dans le miroir et admira sa joue endolorie.
— Ça me va plutôt bien, je trouve. J'ai l'air super viril comme ça, dit-il tout en s'asseyant sur le rebord de la baignoire.
— Cela valait le coup alors. (Elle prit une mine contrite en se rendant compte de son jeu de mots.) Heureusement que j'ai de quoi désinfecter tout ça.
Elle attrapa un coton de sa trousse de toilette et de l'alcool à 90 avant d'y verser quelques gouttes.
— Bon, fais voir ta bouche, ordonna-t-elle tout en lui prenant doucement le menton. Ouvre-la.
Avec son sang sur le visage, ses cheveux châtains ébouriffés et ses yeux bleus lagons, Clarke avait tout d'un héros de film ayant bravé la guerre. Sauf qu'ici, il n'y avait aucune bataille remportée, aucune gloire au bout, juste la tristesse de s'être battu pour un royaume dont il ne voulait peut-être même plus.
— Alors, qu'est-ce que tu vois ? peina-t-il à articuler.
Malgré le sang qui continuait de couler lentement de sa coupure, cette dernière semblait superficielle.
— La plaie à l'intérieur de ta bouche n'est pas profonde. Tes dents l'ont juste ouverte un petit peu.
— Et tu penses que...
Clarke laissa échapper un cri de douleur et se recula brusquement.
— Mais préviens quand tu m'appliques ça ! Ça arrache ton truc.
— C'est de l'alcool à 90°. Je n'avais que ça sous la main. Bon je vais aussi t'en mettre sur ton arcade. À trois. Un !... s'exclama Anissa tout en lui collant le coton sur la plaie.
Clarke grimaça. Anissa essuya le sang séché sous sa bouche avec le reste du coton et en profita pour désinfecter la coupure de son menton au passage.
— Tu as un problème avec les chiffres !
— Allez, fais voir plutôt ton torse, s'amusa la jeune femme.
— Non, pas ce soir chérie, je suis fatigué, la taquina Clarke.
— Tais-toi et fais voir ton torse.
Anissa s'abaissa alors. Un large hématome recouvrait déjà le côté droit de ses côtes. Elle frémit de voir ainsi un corps si beau à ses yeux être abîmé de la sorte. Quelques écorchures parsemaient sa peau, sans doute à cause des bagues qu'Aymen portait. Elle s'avança alors plus près et approcha sa main de son torse pour suivre du bout des doigts le rouge vif de sa peau allant de son téton à sa dernière côte. Durant ce court instant, il lui sembla que la respiration de Clarke s'était coupée. Anissa se releva prestement, les joues rosies. La jeune femme se sentit obligé de détourner le regard en sentant les yeux transperçants de Clarke posés sur elle.
— Bon, pour ça je ne peux rien faire. Il faudra que tu consultes si ça te fait encore mal dans les jours à venir.
Sa voix était mal assurée mais Clarke n'y prêta pas attention.
— Je rentre demain de toute façon, affirma-t-il en baissant les yeux.
— Comment ça ? Tu devais rester jusqu'à la fin de la semaine prochaine, remarqua la jeune femme surprise.
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En corps de toi
Romance"Anissa le trouvait beau comme un Dieu, allongé là sur ce grand lit, les yeux bleus perçants et le torse exposé. Son érection, largement visible, faisant tendre tout son pantalon. Son visage ne pouvait mieux traduire l'excitation. Elle aurait pu jou...
