Chapitre 76

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     Après un temps volontairement raccourci, Anissa referma son ordinateur avant de s'exclamer :

— C'est bon, c'est terminé pour aujourd'hui. Tu es dans mes filets, on dirait bien. Il faut croire que tu es un gros poisson toi aussi.

— Je suis un espadon moi. Grand, fort, puissant. Rapide aussi, énuméra Clarke.

— Un mollusque je dirais plutôt. Baveux, difforme et repoussant, le taquina Anissa en le rejoignant.

     Elle s'assit à côté de lui sous le soleil qui frappait son visage. Les cheveux rebelles de Clarke étaient encore humides. Il paraissait insouciant et très jeune comme ça. Il se tourna vers elle, un sourire contagieux sur les lèvres.

— Tu ne t'arrêtes jamais d'être souriant toi, remarqua la jeune femme en lui repoussant le visage.

— Non, mais je pensais à quelque chose en fait.

— Quoi ?

— Vous avez une belle vue sur notre bungalow...

— Oui et ... ?

— Et c'est bien toi que j'ai entendu avant-hier crier mon nom il me semble ?

— Et bien ... articula Anissa.

     Elle explosa de rire.

— J'ai vu ta petite tête par la fenêtre. Tu n'étais pas très discrète.

— Ah oui ? Mince alors. C'était Jemma en réalité. C'est elle qui a crié. Je ne voulais pas qu'elle le fasse.

— Jemma ? Elle s'intéresse à toi à ce qui paraît, souffla Clarke en regardant l'horizon.

     Première nouvelle...

— Eh bien, les rumeurs vont vite à ce que je vois.

— Toujours dès qu'il s'agit d'Anissa Morau.

— Je ne connais même pas ton nom de famille au fait.

— Je me présente : Clarke Gaten. Enchanté, dit-il tout en lui tendant la main.

     Anissa la serra avec poigne.

— Enchantée également M. Gaten. Mais, Mme Morau a vraiment trop chaud sous le soleil tapant et va donc être contrainte de vous rejoindre sur le lit pour s'abriter. N'y voyez là aucune invitation quelle qu'elle soit.

— Elle peut être sereine, je ne compte sauter sur personne ! Je sais me tenir. Même à côté d'une femme telle que madame Morau, dit lentement Clarke en s'accoudant sur son avant-bras.

     Sa voix était enjôleuse et son regard pétillait d'un éclat malicieux. Elle vint alors s'allonger à côté de lui, le souffle court. Purée alerte !

— Elle trouve M. Gaten si présent un peu trop flatteur.

— Il mériterait peut-être qu'on l'empêche de parler, souffla-t-il tout en se rapprochant d'elle.

     Il passa ses doigts sur le front d'Anissa et dégagea une mèche de cheveux encore humide. Cet infime contact partit de ses doigts et déversa un courant chaud dans le corps de la jeune femme jusqu'à finir sa course . Ses yeux s'affolèrent, cette sensation de perdre pied lui faisait peur... mais était aussi tellement délectable. Cet homme représentait la tentation incarnée pour Anissa.

— Mme Morau voit clair dans votre jeu et a peur que nous le regrettions par la suite ... dit-elle tout en ne parvenant plus à le lâcher des yeux.

— M. Gaten ne regrette jamais rien.

En corps de toiOù les histoires vivent. Découvrez maintenant