66. Il y a toujours une fin

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Je m'autorisai à ne penser à rien, et me perdre dans leurs bras. Il n'y avait pas besoin de mots, juste de cet amour qui emplissait mon cœur de sa chaleur et de sa douceur. 

La main de Séverilla glissa dans mes cheveux qu'elle caressa, et je me serrai encore plus contre les filles, pour leur montrer à quel point j'étais heureuse qu'elles soient là, avec moi et pour moi. C'était véritablement tout ce dont j'avais besoin.

— Gwen... souffla Allissia.

Elle s'apprêtait à parler, mais je secouai la tête pour la couper. Peut-être plus tard, mais à l'instant, c'était mieux de demeurer ainsi.

Cependant... cela les gênait peut-être ? J'entrouvris les yeux pour me confronter à l'épaule de Séverilla, et au regard d'Allissia qui pencha la tête.

— Désolée...

J'esquissai un mouvement pour m'éloigner, mais Séverilla resserra sa prise. Juste un peu, mais cela suffit à me rassurer.

— Tu peux rester autant que tu veux...

Je reniflai et tournai légèrement la tête pour être sûr de ne pas croiser le regard d'Allissia.

Je ne savais pas combien de temps s'écoula, ainsi, mais au bout d'un moment, je me sentis prête à m'écarter. J'espérais ne pas avoir emprunté trop de temps et que Séverilla n'aurait pas à se presser.

— Retournons dans ma chambre, proposa Allissia.

Nous hochâmes la tête et la suivîmes. Nous reprîmes place sur son tapis, mais nous étions plus proches cette fois. 

— On ne peut pas faire grand chose, mais, n'hésite jamais à venir chez l'une de nous, envoies-nous souvent des messages, je ferai en sorte d'être plus rapide pour te lire et te répondre. Aussi, si à n'importe quel moment tu veux parler, même si c'est pour nous redire la même chose, si ça te soulage, on sera toujours disponible pour te lire ou t'écouter.

— Ou te faire des câlins si tu en as besoin ! Tu crois que ça te soulagerait si j'oublie souvent mes clés ? 

Je soufflai du nez alors que Séverilla haussa un sourcil, s'autorisant tout de même un sourire après m'avoir scruté. Même si elle savait qu'Allissia avait l'habitude de s'incruster chez moi parce qu'elle oubliait souvent ses clés, bien qu'elle n'avait pas besoin de cela pour passer du temps chez moi... la façon d'en parler comme un acte volontaire devait la laisser perplexe.

Cependant, même si évidemment que ça me plairait d'avoir souvent Allissia à la maison, j'aurais pu la payer pour cela... je ne voulais pas l'embêter. Evidemment que si je répondais à l'affirmatif, elle était prête à venir tous les jours, mais, je ne pouvais pas lui imposer cela.

Je secouai alors doucement la tête.

— Tu peux venir quand tu veux, évidemment, mais ne t'oblige pas à venir trop souvent juste pour ça.

— Juste ? releva Séverilla. Si être avec l'une de nous te permet de te sentir mieux, alors ce n'est pas "juste" pour ça. Ne rends pas tes sentiments moins importants.

— C'est pas ça...

C'était complétement le cas.

— Et puis, ce n'est pas si difficile de sourire le temps de m'enfermer dans ma chambre, j'ai l'habitude. Et puis, ma mère pourrait se douter de quelque chose.

Je n'en avais aucune idée. Cela faisait tant de temps que je gardais tout cela secret. Maman me croyait-elle capable de le révéler à mes amies ? Sachant que je ne le faisait qu'après quatre-cinq ans d'amitié, elle n'aurait pas tort d'être persuadée du contraire.

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