— Est-ce que tu te sens capable de me donner plus de détails ? En écrivant peut-être ?
Je haussai les épaules et voulus prendre mon téléphone, mais je me souvins qu'il était toujours chez Allissia. Séverilla me tendit alors le sien, mais avant que je ne l'attrape, il vibra et l'écran s'alluma.
— C'est Allissia. Elle demande si tu es chez moi.
Séverilla commença à lui répondre, mais je me redressai aussitôt et me saisis de ses mains, en proie à la panique. Si Allissia demandait, cela devait venir de maman ou de papa. Et si Allissia savait, elle en parlerait forcément au moins à papa pour le rassurer et dire que j'allais bien et si papa savait, il le dirait à maman et ils viendraient me chercher. Je ne voulais pas rentrer et me confronter à maman. Personne ne devait savoir. Personne ne devait savoir. Personne ne devait savoir.
— Je t'en supplie... lui dit pas que je suis là. Je t'en supplie, je ferais tout ce que tu veux...
Je continuai à la supplier, serrant ses poignets contre mon front.
— Gwen... Calme toi, d'accord ? Relâches mes mains, s'il te plait, tu me fais mal. Je te promets que je ne lui dirai rien.
Quand l'information donnée par sa voix qu'elle semblait avoir adouci le plus possible rentra dans mon cerveau, je desserai lentement ma prise et, cherchant quoi faire de mes mains, je les cachai sous mes cuisses, tête baissée, honteuse.
— Je suis désolée, murmurai-je.
— Ce n'est rien. Je lui ai répondu que je ne savais pas où tu étais. Mais il faut vraiment que tu me racontes ce qu'il s'est passé. Ça prend une tournure bien trop grave.
Je hochai la tête et pris son téléphone. Mes mains tremblaient tellement que j'avais du mal à écrire. Cependant, malgré la difficulté que c'était, je me devais de lui dire de lui dire, non seulement parce qu'on était en thérap'amies et qu'elle-même n'avait pas cherchée à bâcler son tour, mais aussi parce que je n'avais pas le droit de lui exiger de cacher ma présence sans donner les détails.
Quand j'eus finis, je lui tendis, mais elle ne mit pas beaucoup de temps car elle lisait par-dessus mon épaule. Je sentais son sang froid recommencer à défaillir. Son cerveau semblait fonctionner à cent à l'heure pour trouver une solution. J'aurais bien aimé qu'il y en ai une, mais espérer relevait de l'utopie.
Après un peu d'hésitation, elle finit par se lancer.
— Ecoute, Gwen, tout ça c'est trop, ce n'est pas de notre niveau. Il faut en parler à ma mère, elle saura quoi faire.
J'ouvris de grands yeux et secouai la tête à m'en faire mal.
— Si on lui en parle, ma mère sera au courant. Je ne veux même pas imaginer ce qu'elle fera...
Je me pris la tête entre mes mains, m'arrachant les cheveux, la douleur me maintenait dans la réalité. Séverilla posa ses mains sur les miennes avec douceur, pour me stopper dans mon geste.
— Je comprends que tu aies peur, mais nous on ne peut rien faire. Si on ne lui en parle pas, tu vas rentrer chez toi dans la journée.
Je savais qu'elle avait raison, mais... je ne pouvais pas chasser ce doute. Et puis, que pourrait faire sa mère ?
— Est-ce que tu peux... me laisser jusqu'à lundi ? Je peux dire que mes parents sont partis en voyage et que je ne veux pas rester seule chez moi. Je paierai tous mes repas, je poserai aucun problème, ce sera comme si je n'étais pas là, je te le promets !
Séverilla hésita.
— Je ne sais pas si c'est une bonne idée de prendre autant de temps.
— J'ai besoin de me préparer psychologiquement. Et... si ta mère ne peut rien faire de plus et que je dois rentrer chez moi, j'aurais au moins eu un peu de tranquillité avant... avant...
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A la lettre
General FictionGwen s'écrit des lettres. Des lettres de haine. Des lettres pour la faire culpabiliser. Des lettres que personne ne doit découvrir. Sauf que c'est arrivé.
