Quand je retournai dans la chambre pour prendre mon sac, Allissia était déjà en train de faire un vocal, tournant en rond dans la chambre. Quand elle me vit, je me contentai d'un petit signe d'au revoir, pour ne pas l'interrompre, et partis à mon tour.
Je pris mon téléphone pour continuer ma phrase.
[Moi
Je ne t'ai jamais détesté ou me suis sentis vraiment mal parce que tu me proposais de parler. Que tu sois direct ou non, la seule chose qui a pu être difficile, c'est l'acte de parler en lui-même. Peut-être parce que j'ai pas l'habitude, et du coup j'ai peur d'en dire trop et de vous ennuyer. Et je suis d'accord avec Allissia sur le fait que c'est rassurant, parce que même si je garde ces doutes, tu continues toujours à venir vers moi et m'ouvrir des portes. Je préfère encore que tu viennes me poser des questions parce que tu as compris quelque chose, plutôt que tu fasses comme si de rien n'était alors qu'on a toutes les deux compris que l'autre a compris et que ça devient super gênant. Et d'une certaine façon, c'est ton côté direct que j'aime chez toi (j'aime absolument tout chez toi d'ailleurs t'es une personne incroyable).]
Peu de temps après, Alissia envoya son vocal. Je voulus l'écouter, mais m'arrêtai. Est-ce que je pouvais, devais l'écouter ? Ou au contraire ne rien faire parce qu'il est à destination de Séverilla ? Et Allissia de son côté, allait-elle lire mon message ?
De toute façon, j'étais en plein rue et je n'avais pas mon casque, ni mes écouteurs et ce serait trop bizarre d'écouter ainsi. Les gens me trouveraient trop bizarre. Et je n'avais pas non plus envie de risquer qu'ils puissent entendre.
Je rangeai donc mon téléphone dans ma sacoche, et continuai mon chemin.
***
— J'étais en train de penser à quelque chose... commença Allissia. Ton cadeau d'anniversaire, on devrait le refaire et enlever une partie, non ?
Je baissai les yeux. Même si c'était douloureux de feuilleter le passage d'Illyana, je ne voulais pas ne plus l'avoir. Ce serait dire complètement adieu à tous nos délire, toutes nos discussions, nos fous rires...
— Tu es libre de faire ce que tu veux, précisa Séverilla, mais si je peux te donner mon avis, tu te fais plus de mal que de bien.
— C'est un cadeau qu'on a fait pour que tu te sentes bien et que tu saches qu'on est là pour toi, pour te faire oublier un peu tes problèmes et te faire rire, mais là, en plus c'est la première partie, tu commence direct dans un mauvais mood...
Allissia fit la moue. Elles cherchaient à me convaincre et je savais qu'elles avaient raison, mais je n'arrivais pas à m'y résoudre. Au fond de moi, j'avais toujours l'espoir qu'Illyana finisse par revenir et se dire que de toute façon, j'avais vraiment arrêté les lettres et que comme elle savait, elle n'aurait plus besoin de dépenser de l'énergie pour ça. Ne plus avoir sa partie du cadeau, c'était accepter de la laisser partir. Mais ça faisait trop mal...
L'amitié que j'avais avec Illyana me manquait, je ne voulais pas de mon côté, me dire que c'était vraiment fini.
— Gwen...
Séverilla s'approcha de moi et me serra dans ses bras. Je me rendis compte à ce moment-là que je pleurais. Je m'accrochai à elle et enfouis ma tête dans son cou, honteuse. C'était à cause de moi qu'elle était partie, et c'était moi qui me montrais le plus vulnérable. Même Allissia avait eu l'idée de refaire le cadeau sans sa partie, même si elle n'avait pas osé prononcer son nom.
Était-ce moi qui était faible ? Ou bien une part égoïste de moi cherchait juste à attirer l'attention et se rassurer sur le fait que ce n'était pas de ma faute ?
— Euh, j'ai une idée sinon. On en refait un pour si tu veux juste te poser et rire et pleurer de joie et d'émotion parce qu'on est toutes trop bien. Et si tu veux garder l'original pour, peu importe les raisons, tu peux. Qu'est-ce que tu en dis ?
Je me redressai et séchai rapidement mes larmes.
— Vous embêtez pas à le refaire. Vous avez déjà dû y passer beaucoup de temps.
— Ça ne nous embête pas, me coupa Séverilla. On veut le refaire pour que l'émotion qu'on veut partager avec ce cadeau demeure la même. Même si tu veux garder les moments avec Illyana, tu ne peux pas nier que ça te fais mal de feuilleter sa partie parce que ça te rappelle qu'elle ne fait plus partie du groupe.
Je hochai la tête, avec un peu d'amertume. Je m'énervais tellement à réagir de la sorte alors qu'elles étaient si parfaites. Je devais montrer que je n'étais pas juste l'amie pleurnicharde qui passait son temps à se plaindre de tout.
— Cest bon. Je vais juste couper le carnet. Vu comment vous l'avez fait, ça devrait être simple et sans faire trop de dégâts.
— Comme tu veux.
Quelqu'un toqua à la porte, et attira notre attention. Allissia invita la personne à entrer et nous vîmes alors sa mère.
— Le papa de Séverilla est venu la chercher.
— Quoi déjà ? Mais le temps passe trop vite ! On devrait faire des nuits blanches en fait pour profiter pleinement des autres !
— Il ne faut pas abuser des bons moments. Et puis, faire des nuits blanches toutes les semaines, c'est pas très bon pour la santé. On se voit lundi !
Séverilla se leva, m'embrassa le bout du nez et quitta la chambre.
Allissia se glissa à moi en jouant des sourcils.
— Alors ? Comment ça se passe avec Sevivi ?
— Ça se passe bien.
J'allumai mon téléphone pour lui montrer mon fond d'écran ; elle me faisant un bisou sur la joue alors que je rougissais. Allissia m'arracha mon téléphone des mains.
— Awn, vous êtes trop mignonnes !
— Je me sens presque coupable qu'une personne aussi incroyable qu'elle soit avec moi.
Allissia se figea dans son expression, puis cogna mon téléphone contre son lit.
— Roh ! Tu vas pas me sortir le fameux "elle est trop bien pour moi, je la mérite pas". Faut arrêter de se dénigrer un peu, elle sort pas avec une poubelle, si vous êtes ensemble, c'est qu'il y a des raisons !
Je ne pus m'empêcher de rire, ce qui sembla faussement l'énerver.
— Non mais c'est vrai ! Je te jure que si jamais tu fais l'erreur complètement débile de la quitter parce que tu penses que c'est le mieux pour elle je... je sais pas ce que je fais mais je vais le faire et tu vas regretter !
— Je ne comptais pas le faire...
C'était quelque chose que j'avais dit, me semblait-il, la veille. Qu'une partie de moi se disait que je les libérerais si je m'éloignais d'elle, mais que je n'en avais pas le courage. Je crois que je pouvais rajouter après les mots d'Allissia, que les imaginer me détester à cause d'idiotie de ce genre, me suffisait à chasser ces pensées.
— Je ne le ferai jamais pour ces raisons. Je sais que ça lui ferait du mal, et ce n'est pas ce que je veux.
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A la lettre
Ficção GeralGwen s'écrit des lettres. Des lettres de haine. Des lettres pour la faire culpabiliser. Des lettres que personne ne doit découvrir. Sauf que c'est arrivé.
