Après avoir envoyé la photo de sa mère à Gwen, je rangeai mon téléphone. Je jetai un dernier coup d'œil à Magdalena, qui gardait son éternel sourire. Elle semblait bien vivre le fait de se faire passer pour morte auprès de sa famille. Quelle mère aimante !
Je ne savais pas ce qu'il s'était passé avec Gwen, mais au vu du message d'Allissia qui disait qu'elles devaient la retrouver, je supposais qu'elle avait encore fugué. Décidément, cela devenait une passion chez elle ! En même temps, je le comprenais, de ce qu'elle nous avait dit avec Allissia, Madgalena la forçait à sourire depuis toute petite et se fichait de ses problèmes qu'elle considérait comme inexistants.
Ce n'était pas si mal de la voir quitter la ville, voire le pays, Gwen serait beaucoup mieux sans elle.
En attendant que l'avion ne décolle, je trainai sur mon téléphone, jusqu'à recevoir une notification de Gwen. J'espérais réellement qu'elle avait pris mon message au sérieux et qu'elle ne pensait pas que je lui faisais une affreuse blague. Personne ne méritait de faire un faux deuil.
[Gwen
Merci de m'avoir dit la vérité, mais je ne comprends pas... Pourquoi prendre ton temps et ton énergie pour m'envoyer ce message ?]
Je lâchai un profond soupir. Evidemment, elle reprenait ce que je lui avais dit.
On nous annonça le décollage, et je rangeai mon téléphone, serrant ma poche dans ma main, au cas où j'aurais envie de vomir. Fabuleux d'autant voyager avec un mal de transport.
J'espérais que Gwen ne se faisait pas de faux espoirs, qu'elle ne s'attendait pas à ce que je revienne. Franchement, ça ne m'étonnerait pas d'elle. Pourtant, comme le faisait très bien Séverilla, elle devrait me détester pour tout ce que j'avais pu lui dire.
Comment faisait-elle pour encore m'apprécier alors que moi, à chaque fois que je rêvais de ce moment, je me détestais un peu plus ?
J'avais eu le culot de lui dire qu'elle était la pire amie possible, alors que c'était moi qui possédais ce statut...
Le matin, la première chose que je me demandais en immergeant, c'était pourquoi je n'avais pas fermé ma gueule ce jour-là ? Ou alors si je n'avais pas eu l'idée de la chercher aux toilettes, sa cachette favorite ? On aurait toujours été amies...
Que m'avait-il pris, ce jour-là, pour ressentir autant de haine envers ce cœur meurtri qui ne demandait qu'à être rassurée ? Même face à Allissia, je l'avais presque insultée de vouloir continuer de traîner avec elle.
Il m'avait fallu recevoir un message de Séverilla pour réaliser ma connerie. Chacun de ses mots étaient ancré en moi, et pourtant j'avais mauvaise mémoire.
J'espère que tu es fière de tout le mal que tu as causé à Gwen.
Ne t'approche plus jamais d'elle, même pour la supplier à genoux de te pardonner.
Tu ne le mérites pas.
Jamais je n'avais lu tant de haine venant de Séverilla, mais ce fut grâce à la claque que cela m'avait mit que je m'étais réveillée.
J'avais fait tant de vocaux pour demander pardon à Gwen — après tout, je ne m'approchai pas d'elle alors je respectais le message de Séverilla. Mais à chaque fois que je me réécoutais, je me disais que je ne pouvais juste pas le lui envoyer.
Ce qui différenciait Allissia de moi, c'était qu'elle avait mélangé sa vie à celle de Gwen, et ne pensait en vérité rien de mal de Gwen. Alors que moi, pour des raisons obscures, je l'avais pensé.
C'était pour cela que Séverilla avait raison, je n'avais pas le droit de lui demander pardon, parce que sinon, elle voudrait que l'on redevienne amie. Mais je ne voulais pas prendre le risque de lui sortir à nouveau ce type d'horreur.
Désolée Gwen, mais je n'ai pas le droit de te répondre, il vaut mieux que tu me détestes.
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A la lettre
Ficción GeneralGwen s'écrit des lettres. Des lettres de haine. Des lettres pour la faire culpabiliser. Des lettres que personne ne doit découvrir. Sauf que c'est arrivé.
