63. La chaleur de l'Amour

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Je sursautai à la sensation d'une main sur les miennes. Je levai les yeux vers Séverilla qui me souriait tendrement.

— Tout va bien... Tu n'as pas à te forcer si tu n'y arrives pas.

— Tu veux essayer d'écrire ?

J'oubliais souvent cette option, mais je pouvais faire ça, écrire.

Je hochai la tête et récupérai mon téléphone. Les filles retrouvèrent leur place et je créai un groupe WhatsApp sans Illyana, bien qu'un pincement serra mon cœur à la voir encore dans mes contacts, mais je n'arrive pas à la supprimer. Je pris une grande inspiration et commençai à écrire.

[Moi

On en a déjà plus ou moins parlé, mais je n'arrive pas à m'arrêter d'y penser. Je sais que vous allez dire que j'ai pas à me sentir comme ça, mais je culpabilise tellement par rapport à Illyana... Déjà parce que ça me fait mal de perdre une amie, mais aussi parce qu'à cause de moi, vous l'avez perdu aussi. Surtout toi, Allissia, tu étais tellement proche d'elle, et je vois à quel point tu vis mal cette histoire. Si tu savais à quel point je suis désolée... Franchement, je ne sais pas pourquoi tu m'as choisi... Ce n'était peut-être pas une bonne idée... Illyana est tellement incroyable et moi... moi je n'ai rien à vous apporter à part des problèmes. Et pourtant, je vous suis tellement reconnaissante d'être amie avec moi depuis toutes ces années, alors que je suis sûrement la pire des amies qu'il est possible d'avoir. Et Illyana s'en ai rendu compte. Elle s'est rendu compte d'à quel point j'étais égoïste, à quel point je mangeais votre temps, et à quel point c'était mieux de rester loin de moi... C'est pour ça que je ne veux pas que vous pensez du mal d'elle. Tout est de ma faute, c'est moi qu'on doit blâmer, pas elle. Le pire c'est que mes sentiments se contredisent, je ne sais plus quoi penser. Une part de moi veut vous supplier de ne pas partir vous aussi, et l'autre veut vous le conseiller. Je m'en veux tellement de m'imposer à vous, mais je n'aurais jamais le courage de m'isoler de moi-même... Je vous aime vraiment les filles, je voudrais ne jamais me séparer de vous. Mais tous les jours j'ai peur que vous ayez aussi une révélation, et de finir seule.]

J'envoyai le message, le cœur en proie à une fuite de ma poitrine. Allissia récupéra son téléphone et Séverilla se mit derrière elle pour lire au-dessus de son épaule. 

Je baissai la tête et fermai les yeux aussi fort que possible afin de ne pas les voir. Je ne voulais pas voir leur réaction. En fait, si je le pouvais, je disparaîtrais dans la seconde et oublierais cet instant. 

Je me giflai mentalement pour me donner du courage.

Arrête de parler de vouloir fuir ! L'idée d'Allissia est géniale ! Tu dois saisir l'occasion ! Tu dois. tu dois... tu dois !

— Gwen...

Je sursautai à l'appellation et me renfermai encore plus. Pourquoi en avais-je dis autant ? Je comptais juste parler d'Illyana, pourquoi en avais-je autant rajouté ? J'allais sûrement les faire fuir ou quelque chose du genre ! Elles devaient me trouver horrible de penser encore qu'elle pouvait partir à n'importe quel moment après le cadeau qu'elles m'avaient fait !

Mais Illyana l'avait fait... Elle était partie parce qu'elle avait appris pour les lettres. Et si finalement Illyana venait à avoir pitié des filles et leur disait la vérité ? Cela pouvait toujours arriver... Les filles me détesteraient à jamais, sans une chance de discussion. Qu'est-ce que je leur dirais de toute façon ? Il n'y avait rien... Je ne pouvais que les regarder s'éloigner, impuissante, ne laissant derrière moi que la compagnie insidieuse de la solitude et de la culpabilité.

— Gwen !

Des bras m'enlacèrent avec force et je sortis de ma torpeur. Je regardai autour de moi, perturbée. Les filles me serraient dans leurs bras comme si leur vie en dépendait.

— Gwen... souffla Séverilla. Je sais que je ne pourrais pas chasser tous tes doutes en seulement quelques phrases, mais je veux que tu saches que je t'aime sincèrement. Je ne suis pas avec toi par pitié ou avec amertume. Le jour où tu es venue me voir en sixième pour rester avec moi et me faire visiter parce que j'étais arrivée avec quelques mois de retard, tu t'en souviens ? J'avais dû te paraître froide, mais j'étais vraiment intimidée. Je n'avais jamais eu de contact avec les autres en dehors des travaux de groupe en classe. Mais j'étais heureuse que tu m'aides. Je repense souvent à ce jour-là, tu sais... Je me dis souvent que, si tu n'étais pas venue vers moi, je serais restée seule toute ma vie. Tu as été la rencontre qui a changé ma vie et je n'ai jamais regretté ce jour. Au contraire, plus le temps passait, et plus je le glorifiais. Parce que je voulais être avec toi. J'aime tant nos moment à nous, où on a parfois besoin que d'un regard pour se comprendre. Je sais que je suis maladroite, que je manque parfois de tact, et pourtant, tu es toujours restée avec moi. Alors, soit, peut-être qu'Illyana avait bien ses raisons, peut-être qu'elle s'est rendu compte de quelque chose qui la déplaisait dans votre amitié, mais moi, je resterai là, avec toi. 

Je restai bouche bée face au discours de Séverilla. Mon souffle se coupa et mon visage chauffa. C'était ça, ce qu'elle pensait de moi ? Je ne doutais pas de son amour, ce serait une insulte pour elle, mais... Je ne savais pas trop où me mettre à cet instant, tant l'amour qui envahissait mon cœur était puissant. Et ce n'était pas fini, Allissia à son tour prit la parole.

— Je pourrais pas faire un discours aussi incroyable que Séverilla, mais même si au début, je te trouvais tellement discrète que je pensais que tu étais nouvelle, j'ai jamais regretté d'être resté avec toi. Je trouve que t'es une amie géniale ! Même si je pouvais retourner dans le passé, je choisirai d'être avec toi parce que tu m'a énormément apporté ! Il faudra me tuer pour nous séparer !

Je me mordillai la lèvre, beaucoup trop touché par leur mots. Finalement, je ne parvins plus à retenir mes larmes, et je me collai plus à elles. Sauf que c'était des larmes de bonheur. 

— Merci... je... je sais pas quoi dire... ça me touche vraiment...

A la lettreDes histoires addictives. Découvrez maintenant