J'étais seule à la maison. Papa et maman étaient sortis en panique pour retrouver Enrique, car cela faisait trois jours qu'ils n'était pas rentrée de chez l'ami où il devait aller.
Je tournai en rond dans ma chambre, inquiète, car j'aimais vraiment mon grand frère et je ne voulais pas qu'il lui arrive quelque chose.
Sous le stress, en passant près de mon lit, je le rasai et emportai l'oreiller avec moi. Je le ramassai avec colère parce qu'il m'avait dérangé dans ma marche, pour le remettre sur le lit, mais en le soulevant, un bout de papier tomba.
Je jetai l'oreiller sans plus m'en soucier, trop intriguée par ce papier froissé. Je le pris et le dépliai et malgré le fait qu'il était abimé, reconnu aussitôt l'écriture d'Enrique.
Ne t'en fais pas petite sœur, je vais bien. Voici mon nouveau numéro, contacte moi, mais n'en parle surtout pas aux parents, je vais tout t'expliquer.
Je jetai plusieurs coups d'œil vers la porte d'entrée afin de m'assurer que personne ne rentrerai, et fonçai sur mon téléphone afin de composer le numéro et de l'appeler.
— Allô ?
— Allo ? Grand frère ?
— Allissia, c'est toi ! Tu es seule à la maison ?
— Oui, maman et papa sont partis te chercher, où est-ce que tu es ? Ils sont mort d'inquiétude !
Pendant plusieurs secondes, je n'entendais que sa forte respiration.
— Allissia, promets moi que tu ne diras rien aux parents.
— Mais je ne peux pas faire ça ! Je n'ai pas réussi à te couvrir quand tu as récupéré la veste de papa pour son cadeau, alors comment je peux leur cacher ça !
— Je sais que tu y arriveras, Allissia, je te fais confiance.
Les lèvres serrées et les larmes aux yeux, je lui promis avec la crainte de gaffer, comme à mon habitude.
— Je suis désolée de te demander ça, je ne voulais pas que tu t'inquiète, c'est pour ça que je t'ai laissé mon nouveau numéro. Dans quelques jours, je vais avoir 18 ans, alors légalement, je serais indépendant. Je voulais vraiment attendre ça, vous expliquer que j'allais partir, trouver une excuse, n'importe quoi. Mais tout s'est précipité ; Emile m'a dit qu'il y a eu un problème avec les billets et qu'on devait partir il y a quelques jours. J'ai juste eu le temps de rentrer récupérer quelques affaires et ai laissé le mot que tu as vu.
Je l'écoutai parler, avec l'envie de le couper toutes les deux phrases tant je ne comprenais rien, mais le choc m'empêchait de parler.
— Je vais avoir besoin de ton aide, petite sœur. Tu te souviens comment imiter mon écriture ?
— Euh, oui.
— Alors fais-le, je vais t'envoyer par message ce que tu devras écrire, et tu le cacheras sous l'oreiller des parents. C'est pour leur faire croire que je suis parti pour mes études.
— Mais... c'est vrai ?
Nouveau silence.
— En quelque sorte. En vérité... tu te souviens d'Emile ? Il est venu quelque fois à la maison. Et bien en fait, ce n'est pas mon ami, mais mon petit ami. Et le problème, c'est qu'on est deux hommes. Toi, tu es jeune, tu es évoluée, l'amour c'est l'amour, t'as pas de problème avec ça. Mais les parents sont de l'ancienne génération alors je ne veux pas me confronter à leur opinion. Je préfère partir de moi-même plutôt que de prendre le risque de me faire jeter.
— Mais... mais ils t'aiment...
— Je sais, petite sœur, je sais... Tu veux bien faire ce que je t'ai dit s'il te plait ? Je n'ai pas beaucoup de temps maintenant, mais je t'enverrai un message quand je serais arrivée à l'hôtel. Et surtout, n'oublie pas ta promesse.
— D'accord... Je vais le faire...
Je ne savais pas trop pourquoi j'avais accepté. Je ne supportai pas de mentir, je n'étais même pas douée pour cela. Mais j'avais promis, et c'était toujours mieux de faire ce qu'il m'avait dit, plutôt que de laisser papa et maman s'inquiéter.
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A la lettre
General FictionGwen s'écrit des lettres. Des lettres de haine. Des lettres pour la faire culpabiliser. Des lettres que personne ne doit découvrir. Sauf que c'est arrivé.
