2 janvier 1941.
« Mon train a eu du retard, toutes mes excuses... m'explique Rafe de sa voix rauque. »
Son souffle mentholé tout près de mon cou a le don de m'envoyer dans des contrées lointaines en l'espace de très peu de temps. Le Major est rentré il y a seulement trois heures, après avoir passé je ne sais combien de temps à signer des papiers avec le Colonel Van Staveren sur son expédition à Auschwitz. Je ne pose pas de questions, sachant pertinemment les perturbations des lignes ferroviaires avec la présence constante des avions britanniques. Je me délecte simplement de sa présence qui m'a tant manqué, après la semaine mouvementée que j'ai subi. Je prends son visage en coupe, m'imprégnant de chacun de ses détails, voulant à tout prix oublier l'apparence des morts que j'ai dû affronter pendant les raids alliés ou les déportations. Je supplie intérieurement toutes les divinités susceptibles d'exister, qu'elles me laissent passer cette soirée, interdite puisque le couvre-feu est entamé depuis un moment, mais qu'on me laisse avec lui. C'est tout ce que je demande.
« Joyeux anniversaire en retard... »
Il sourit. C'est un phénomène rare quand son sourire atteint ses yeux d'ambre, mais à chaque fois que cela se produit, il a le don de me contaminer sans aucune résistance. Il me remercie d'un rapide baiser sur la joue.
« Sais-tu que tu m'as manqué ?
– Sais-tu que c'est réciproque, Klaus ? »
Je le rapproche par la ceinture de son pantalon avant d'écraser violemment mes lèvres sur les siennes. Le Major m'a beaucoup trop manqué pour que je me contente des formalités. Je le veux, je le veux tout entier. Notre baiser se fait rude, intense, passionné, effréné. Nos langues se rencontrent, dans un mélange d'alcool et de menthe qui me rendent ivre de plaisir. Sa main gauche presse ma chute de reins tandis que l'autre trouve le chemin de ma nuque pour jouer avec les petits cheveux de mon crâne blond. Mes doigts s'entrelacent à sa chevelure brillante, pour approfondir notre échange. Je soupire contre lui, l'effet qu'il me fait me rend fou. Son dos heurte le mur de son salon. Il grogne, j'attire sa lèvre inférieure entre les miennes, ses yeux s'assombrissent dans un mélange de désir et de frustration qui m'arrache un rictus. Mon bas-ventre me fait déjà un mal insoutenable.
« Je ne savais pas que je t'avais manqué à ce point... me provoque-t-il.
– Oh, putain, tais-toi...
– Dis donc, me taquine-t-il en glissant son genou entre mes jambes, n'oublie pas qui est l'officier de nous deux. »
Je fulmine, un jour je trouverai comment avoir le dernier mot, j'en suis persuadé ! L'esprit embrumé par le désir, Rafe profite de m'attirer jusqu'à sa grande chambre spacieuse, décorée d'un psyché. De son éternelle poigne, je me retrouve malmené, mon dos contre son torse. J'essaie de garder un minimum de lucidité face à la preuve de son désir contre mes reins, je me mords la lèvre. Ses mains enserrent ma taille, tout mon épiderme brûle pour lui. Ses doigts jouent avec le seul morceau de tissu sur moi, et le déchire en un instant, je masque un hoquet de surprise face à tant de brutalité. Son sourire s'attarde contre ma jugulaire.
« Mais ne t'inquiètes pas... Tu m'as aussi beaucoup manqué... me chuchote-t-il, sa voix ayant baissé de quelques octaves.»
Il accompagne son geste en glissant sa main dans mon pantalon. Rafe, sans prévenir, se munit de ma virilité. Putain... Sa grande main passe plusieurs fois sur toute ma longueur, dans un mouvement de vas-et-vient qui me torture, alternant entre un rythme rapide et lent. Je vais finir par devenir fou. Il continue, observant chacune de mes réactions devant le miroir. Je n'ose pas soutenir son regard, rempli d'une lueur obscène. Il accélère son rythme. Un million de petits frissons fait trembler mes jambes, je me sens vaciller sous son étreinte face aux secousses électriques de mon organisme. Je ferme les yeux, mes ongles pénètre l'avant-bras de Wagner. Je n'en peux plus... Il me rend dingue... Ses dents titillent la sensibilité de mon épiderme.
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Le Sociopathe
Ficção HistóricaC'est en 1938 que tout commence, dans une Allemagne nazie déchirée par la haine et glorifiée par une puissance idéologique. Dans ce chaos des esprits se montre Klaus Hoffmann, jeune soldat SS, trop jeune pour se montrer et normalement trop jeune pou...
