1 : Faîtes chier les gens !

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¤ Mercy de Shawn Mendes ¤


- Vous êtes en couple, avouez-le. C'est pas un problème, vous savez, on trouve même ça plutôt cool.

L'amitié était une partie importante de mon quotidien : Zea était mon meilleur ami, le frère que je n'avais jamais eu. Nous nous connaissions depuis que nous savions marcher et malgré les disputes, jamais nous avions mis un terme à notre relation, c'était inconcevable. Nous étions très proches l'un de l'autre. Trop pour certains.

Beaucoup autour de nous nous pensaient ensemble. Il est vrai, notre relation pouvait parfois prêter à confusion : nous étions toujours fourrés ensemble, toujours à nous chercher des noises, toujours à nous chamailler. Pourtant, nous étions loin d'avoir des sentiments amoureux l'un pour l'autre. C'était tout bonnement inconcevable. Et des fois, comme aujourd'hui, des personnes de notre lycée, curieuses et intriguées par notre relation, se montraient intrusifs. Lola, grande rousse et plutôt jolie, faisait partie des courageux venus nous interroger sur notre relation. Courageux pour affronter le regard menaçant de mon meilleur ami. Il avait ce regard déstabilisant, celui-là même qui nous faisait tressaillir sous son intensité. D'un noir profond, ses iris étaient un puis sans fond dans lequel les demoiselles aimaient parfois se perdre. Frangés d'une rangée de cil noirs et longs, ils en ressortaient encore plus. Et puis, même sans ce regard de l'enfer, il déstabilisait par son expression : dure et froide, sa face de connard faisait trembler plus d'un. Ce dont je m'amusais beaucoup d'ailleurs.

Mais la grande rousse en face de nous ne semblait pas lui prêter grande attention. A vrai dire, d'après le regard menaçant qu'il lui lançait et ses bras noueux croisés sur sa poitrine tout aussi musclée, il ne donnait pas franchement envie de lui parler. Du coup, c'est moi qui me coltinais les questions emmerdantes telles que celle-ci. De toute façon, c'était toujours vers moi qu'on se tournait. J'avais toujours le sourire, des yeux noisettes et une chevelure d'un brun tout aussi intense que celui de Zea. Et j'étais surtout bien plus sociable et avenant que cet abruti. L'amour fou, entre nous, l'amour fou...

Soupirant une énième fois devant son insistance, je croisais à mon tour les bras sur ma poitrine, barrage inutile contre ses questions vraiment énervantes.

- Nous ne sommes pas en couple, Lola, combien de fois va-t-il falloir que je te le dise ?

Elle nous jaugea tous les deux de haut en bas en arquant un sourcil provocateur, défi silencieux à nous faire avouer ce que nous n'étions pas. De nature patiente, je perdais rarement mon calme. Contrairement à Zea qui avait décidé que c'était maintenant son point de rupture. Lentement, je vis ses bras se décroiser, ses paupières s'étrécir en même temps que son souffle se faisait plus rapide. Sachant déjà ce qu'il avait l'intention de faire, je me reculais lentement d'un pas, un sourire amusé sur le coin des lèvres. Ouh, j'avais hâte de voir ce qu'il allait lui dire à cette conne.

- Puisque apparemment, tu ne sembles pas comprendre avec la manière douce, je vais te la faire à ma manière : nous ne sommes pas ensemble. Et tu auras beau me regarder avec ses yeux de biches, je ne t'avouerais rien du tout, parce que justement, il n'y a rien à avouer. Alors maintenant, tu vas me faire le plaisir de faire demi-tour et d'aller faire mu-muse avec tes petites copines et nous ficher la paix. J'ai été clair ?

Elle déglutit, mal à l'aise sous son regard noir et acquiesça vivement avant de faire demi-tour rapidement comme si elle avait eu le feu aux fesses. Nous étions ainsi lui et moi : moi, je représentais la douceur, le calme tandis que lui, représentait la force, la colère et le bourrin. Nous avions toujours fonctionné ainsi. Et je m'amusais toujours de voir les réactions de nos camarades quand ils faisaient face à Terminator. Ça me faisait toujours rire.

Riant sous cape, je fixais mon meilleur ami dont les poings serrés tremblaient légèrement avant de poser ma main sur son bras pour le faire réagir et arrêter qu'il fixe cette pauvre fille trop curieuse.

- Hé, mon pote, va pas l'assassiner, elle t'a même pas touché, cette pauvre fille.

Il grogna à mon encontre avant d'enfin tourner la tête dans ma direction. Me jetant un regard noir, il grogna une seconde fois alors que je riais cette fois franchement.

Il était comme ça : grogner pour tout et n'importe quoi. Ça valait mieux que des paroles d'après lui. Il ne s'embarrassait pas de mots inutiles. Toujours le strict minimum en paroles. On finissait pas s'y habituer.

- Arrête de grogner comme ça, abruti, on dirait un homme des cavernes.

Et pour me répondre, il grogna. Je ne m'en empêchais pas, je ris à gorge déployée. Quel imbécile...

- Arrête ça.

- Merde, Hulk se réveille ! riais-je.

En guise de réponse, il passa un bras autour de mon cou et frotta vigoureusement mon crâne avec son poing, comme je détestais qu'il le fasse.

- Arrête Hulk ! Putain, arrête ça !

Je l'ai toujours surnommé avec des noms de super-héros. Il avait la carrure pour, en même temps. Des épaule carrés et imposantes, des bras aussi épais que des troncs d'arbres, une poitrine large et musclée, il faisait baver toutes les fille sur son passage. Surtout avec son charme dit "bad-boy", irrésistible pour ces dames.

- Arrête avec ses surnoms à la con, t'fais chier !

Et il les détestait. C'est pour ça que je continuais d'ailleurs.

- Mais toi arrête ! Tu vas bousiller mes cheveux.

Grognant et pestant sous son bras, j'avais bien du mal à me dégager avec sa poigne puissante. Écrasant vivement son pied avec le mien, il sursauta, surpris et me lâcha. Lui tirant la langue comme un enfant, je lui dis :

- Je t'ai eu, Terminator !

- Putain, arrête, j't'ai dit !

Riant à tout va, je courus jusqu'à notre groupe d'amis. Et quand ils me virent courir à leur rencontre, ils levèrent tous bizarrement les yeux au ciel en soufflant. Bah quoi ?

- Qu'est-ce que t'as encore fait ?

- Moi ? Mais rien ! m'indignais-je.

Ils rirent tous en avisant la démarche menaçante de mon meilleur ami derrière moi. Bien que ses sourcils soient froncés, je le savais, il était faussement en colère. Le petit sourire en coin qu'il arborait sur ses lèvres me le prouvait amplement.

- Toi, me désigna-t-il de son long doigt.

- Oula... Bon bah les amis, je crois que je vais devoir y aller. Salut ! m'enfuyais-je.

Et comme les gros lâcheurs qu'ils étaient, ils lancèrent tous d'un seul homme, rieurs :

- Bonne chance Lucas !

¤¤¤

Chapitres pour le moment courts. Une réécriture est en cours actuellement alors si vous avez le moindre conseil pour l'améliorer, n'hésitez pas à me les partager ;) (si possible dans le dernier chapitre qui y est dédié sinon, ce n'est pas grave, c'est juste plus pratique).

Je souhaite la bienvenue à ceux qui nous rejoigne et bonne lecture ^^

PowerlessOù les histoires vivent. Découvrez maintenant