¤ Whatever it takes – Imagines Dragons ( cover by Kyle Wesley and Madilyn Paige ) ¤
La pause de midi avait sonné depuis un moment. Sacha, assise avec ses amies, jacassait avec entrain, se fichant pas mal qu'on ait tous envie de l'étriper vivante. Après tout, elle se nourrissait des ragots et aimait créer des conflits internes entre toutes les personnes qu'elle pouvait croiser. Et nous n'avions pas échapper à son gourou. Non-contente que je mette un terme avec douceur à une amitié basée sur de l'attirance physique, elle voulait absolument que je rompe avec mon petit copain pour que je sorte avec elle. Digne des plus grands psychopathes de l'histoire. Et tout ça en nous menaçant de divulguer à tout le lycée que notre couple n'en était finalement pas un. Ce qu'elle n'avait cependant pas pris en compte, c'était que nous aussi nous pouvions la mener en bateau. Ayant garder les photos d'elle – nues, cela allait de soit – nous comptions nous en servir pour contrer son chantage. Cela rendrait le tout nul et nous gagnerions la partie. Mais cela n'était pas suffisant. Dans notre plan de départ, Zea et moi devions sortir ensemble pendant un mois, au moins, rompre le temps que je me trouve une petite amie ou du moins, quelques plans culs – fallait dire ce qui était – pour ensuite sortir de nouveau avec mon meilleur ami pour enfin rompre définitivement. Le plan était simple. Et même si nous avions rencontrer quelques difficultés entre temps – tels qu'une attirance surprenante mais très certainement passagère ainsi qu'une teigne voulant mettre un terme à ce plan pourtant magnifiquement brillant – nous profitions de cet imprévu pour poursuivre le plan en toute sérénité.
Aujourd'hui, Zea et moi avions voulu miser le tout pour le tout. D'ici quelques secondes, pour bien que tout le monde le comprenne et l'intègre, nous allions simuler une mise en scène digne des plus grandes scènes de théâtre. Prêts ? Action !
- C'est quoi ça, Lucas ?
La voix forte de Zea perce le brouhaha alentour. Tout le monde ne nous avait pas entendus mais les tables autour oui dont celle de Sacha. Bien. Nous pouvions continuer sur cette voie, donc.
Me mettant son téléphone sous le nez, Zea me montra une photo de deux personnes entrelacés, dans une position très suggestive. Ce n'était ni moi ni Sacha. Nous avions juste trouvé cette photo sur internet et puisqu'elle était de très mauvaise qualité, les personnes sur la table derrière nous ne pourrait jamais soupçonner que ce n'était pas moi sur la photo.
- Ce n'est pas ce que tu crois !
Phrase clichée au rendez-vous, merci Lucas.
- Ah non ? Ce n'est pas toi sur cette photo ?
La voix rauque et puissante de Zea était forte et maintenant, un grand nombre de personne de la cafétéria nous lançait quelques œillades curieuses. Tout marchait comme sur des roulettes.
- Si mais...
- Et ce n'est pas moi non plus. Oh mais attends...
Ramenant son téléphone sous son nez, il fit semblant de chercher n'importe quel indice permettant de dire que c'était Sacha sur cette photo. Ce qui n'était évidement pas le cas.
Il fronça les sourcils, durcit son visage et se pinça les lèvres. Bordel, j'avais vraiment l'impression de l'avoir trompé. Il eut même l'audace d'afficher une moue déçue et haineuse.
- Bien sûr que non ce n'est pas moi sur cette photo ! Mais qui vois-je ? Toi et... toi et Sacha ?! Tu te fous clairement de ma gueule, là ?
- Non, non, je t'assure. C'est...
Pinçant les lèvres à mon tour, je passais une main dans les cheveux, peiné. Tout du moins, je semblais l'être et d'après le sourire sournois et vainqueur qu'affichait Sacha, mon jeu d'acteur semblait réussi.
Se relevant d'un bond, il plaqua ses mains avec violence sur la table si bien que je sursautai, ne m'y attendant pas ni mes amis.
Eux, resteraient muet du début à la fin et pousseraient le bouchon en m'abandonnant à mon sort pour avoir osé tromper mon petit copain. Ophélie avait les bras croisés sur sa poitrine tout comme Trevor. Tous deux affichaient une moue similaire à celle de Zea tandis que Blake, pas si bon acteur, cachait son visage entre ses mains, semblant être affligé.
- C'est quoi, hein ?!, aboya-t-il.
- Je... je... je ne voulais pas, OK ?
- Tu ne voulais pas ? Tu oses te foutre de ma gueule en plus ?
Laissant échapper un rire sans joie, ses éclats de voix avaient suffit pour diriger tous les regards sur nous.
- Tu me trompes avec... avec...
Buttant sur les mots, il souffla bruyamment en passant les mains dans ses cheveux, faisant les cent pas. Il avait l'air vraiment énervé.
- Avec... ce tas de merde ambulant et tu oses me dire que tu ne voulais pas ?!
- J'étais bourré et je ne savais pas ce que je faisais. Avec la dispute de la dernière fois, j'étais perdu et pas bien et...
- Mais je m'en contrefous de ça ! Tu as couché avec cette pute pour après revenir vers moi, la bouche en cœur et m'embrasser comme si tu ne m'avais trompée avec... elle !
- Je suis désolé, soufflai-je, baissant la tête sur mes chaussures.
- Tu es désolé ? Tu. Es. Désolé ?! Moi je suis surtout désolé pour cette garce de penser qu'elle pourrait te tenir en laisse.
- Qu... quoi ? Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Tu me demandes ce que... tu... Oh putain, t'es encore plus con que ce que je croyais. Toi et moi n'existe plus, Lucas.
- Hein ? Tu... non...
- Si, toi et moi, s'est terminé. Il n'y a plus de nous.
- Non, Terminator. Je...
- Oh et arrête avec tes surnoms à la con ! Tu me dégoûtes.
- Je t'en prie, Zea... j'ai... j'ai besoin de toi.
- Elle saura combler ce besoin. Maintenant, j'ai des choses à faire. Au revoir et au plaisir qu'on ne se revoit jamais.
- Zea !, hurlai-je, vaine tentative de le retenir.
Passant à grands pas furieux la porte de la cafétéria, mes amis ne me jetèrent aucun regard en se levant pour rejoindre Zea. Essayant de me lever à mon tour pour le rejoindre, la main de Sacha me stoppa dans ma tentative de le retenir. Se penchant à mon oreille, son odeur entêtante de vanille me prit au nez alors qu'elle me murmurait :
- Tu as bien fait, Lucas.
Soupirant, défait, je me tournais vers mon plateau, presque vide. Et, sans gêne, Sacha se glissa sur mes genoux, m'embrassa sur la joue avant de déblatérer sur un quelconque sujet dont je me fichais. Mais ce qui me mit un peu plus les nerfs fut le sourire victorieux de Carter avec toute sa clique de chiens suiveurs. Ils semblaient se ravir de la scène qui nous venions de faire et se délecter de mon malheur. Par ailleurs, les sourires railleurs se propageaient et j'eus l'impression de sentir les regards moqueurs peser sur mon dos.
Ça allait être dur à vivre cette mascarade. Très dur.
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Powerless
RomanceL'amour, vous devez connaître. Vous savez, ce sentiment libérateur qui nous prend au ventre, ce sentiment qui nous fait ressentir ces papillons ? Ces frissons qui nous dévalent l'échine, parcourent notre peau, bouffent nos pensées jusqu'à ce qu'il n...
