¤ 5 secondes of summer – Want You Back ¤
- Zea ?
Il me jeta un seul regard. Un petit regard en coin et s'en alla comme si je n'étais qu'un petit grain de poussière. Tu veux la jouer comme ça ? Très bien. Mais tu devrais savoir que j'adore relever les défis, Hulk.
- J'aimerais qu'on parle.
Toujours rien. Juste un pas lent qui se fit soudainement plus soutenu. Bon...
- En privé en fait.
Le suivant à la trace, sac sur le dos et zigzaguant entre les élèves, je percutai le dos de mon meilleur ami alors qu'il s'arrêtait brusquement. Jetant des coups d'œils autour de nous, il sembla chercher quelque chose. Finalement, sans me regarder une seule fois, il se faufila dans une classe vide et s'installa sur une table, toujours aussi muet. Pourquoi je m'attendais à ce qu'il me dise quelque chose, aussi ?
- Très bien. Alors... je voulais... euhm... enfin... Oh bordel !
Son regard noir me transperçait de part en part et me déstabilisait plus que je ne voulais le faire paraître. Putain, avec ses tatouages noirs, ses cheveux noirs et ses yeux noirs, il ne m'aidait franchement pas.
Se relevant soudainement, il s'avança rapidement vers moi et s'arrêta face à moi. Prêt de moi. Très prêt. Nos torses se touchaient à chacune de nos inspirations et me filaient la chair de poules. Reprends toi, bon sang !
- J'ai aimé, me balança-t-il de but en blanc.
Mais préviens moi quand tu parles bordel ! Je perdais complètement mes moyens face à ma proximité et j'avais l'irrésistible envie de me foutre des claques. Allez Lucas !
J'avais bien remarqué qu'il reprenait notre conversation là où nous l'avions laissée. Enfin, là où elle n'avait pas encore dérapé. Et j'étais déterminé à lui dire franchement que moi aussi, j'avais aimé. « J'ai aimé ! » avais-je envie de hurler. Mais les mots restaient bloqués sur ma langue, refusant de passer la barrière de mes lèvres.
J'avais la souffle rapide, une boule de plomb pesant lourdement sur mon estomac, plus présente que jamais mais j'étais déterminé.
Alors pourquoi est-ce que je n'y arrivais pas ?!
Haussant un sourcil devant mon mutisme, il comprit bien vite que je n'y arrivais pas. Alors il souffla longuement, semblant déçu. Il baissa les yeux sur ses chaussures, se détourna et avant qu'il ne quitte la salle, il chuchota :
- C'est bien ce que je pensais.
Comme s'il avait su sans que moi je ne le comprenne que je n'aurais pas pu lui affirmer en retour que j'avais aimé. Il s'échappa silencieusement de la salle, m'échappant à moi aussi. S'éloignant de moi comme si rien ne s'était passé. Comme si je n'avais pas tenté de m'excuser. Comme si je n'avais pas tenté de réparer mes erreurs.
Bordel !
Tu peux le faire !
Je ne perdis pas une minute ; agrippant fermement mon sac, je me précipitai sur la porte et l'ouvris en grand.
- J'ai aimé !, m'écriai-je dans le couloir qui était, heureusement pour mon amour-propre, vide.
A deux pas de disparaître au détour d'un couloir, il se figea soudain et se tourna lentement vers le moi, le regard impassible. Comme si rien ne l'éteignait. Comme si je ne venais pas de mettre à plat mes sentiments.
Se rapprochant à grands pas, il s'arrêta devant moi, le regard sombre, les poings crispés sur les hanses de son sac.
- Répète un peu ?
Il voulait me tester. Voir si je ne l'avais pas dit juste pour lui faire plaisir. Et putain, c'était la pire idée du siècle.
Déglutissant, je fermai les yeux en inspirant longuement. Je pris mon temps pour essayer de ne pas prendre mes jambes à mon cou. Je prenais vraiment sur moi en ce moment pour ne pas décamper en vitesse.
Je dus en mettre trop. Je le sentis se détourner alors je ne réfléchis pas une seconde ; j'agrippai brusquement son poignet entre mes doigts, gardant les yeux fermés. J'avais juste besoin de temps pour rassembler mes pensées, pour garder contenance. C'était un capharnaüm sans nom dans mon crâne et j'avais besoin d'un petit moment pour rassembler mes idées et surtout pour garder la face. J'avais besoin qu'il lise dans mes yeux que j'étais sincère, que je ne me jouais pas de lui.
Alors prenant une dernière profonde inspiration, je rouvris les yeux fracassant mes iris aux siennes, plus sombres qu'un orage d'été.
- J'ai aimé chaque instant qu'on a échangé dans cette boîte, Zea.
Je me plongeai dans ses yeux, cherchant désespérément à lui faire comprendre toute la profondeur de mes pensées. Je voulais qu'il comprenne, j'en avais besoin. Alors je plongeai plus profondément dans ses yeux que je ne l'avais jamais fait. J'avais besoin qu'il me dise qu'il me pardonnait, qu'il ne m'en voulait pas pour mon comportement d'imbécile profond que j'avais eu. J'avais besoin de lui.
Le choc fut brutal mais je m'y étais préparé.
Or contre charbon.
Charbon contre or.
Enfin, je retrouvais cette étincelle qui me rassurait. Enfin je le retrouvais lui.
- Je suis tellement désolé Zea. J'avais tellement la trouille que... Non, en fait, j'ai même pas d'excuses. J'étais juste terrifié et j'ai merdé. Vraiment, beaucoup, merdé.
Il ne me quittait pas du regard et son impassibilité ne m'aidait pas beaucoup.
- Je sais que j'ai été un vrai connard mais est-ce que tu peux dire un truc ? N'importe quoi, ce que tu veux mais quelque chose. Je sais que c'est pas exactement ta marque de fabrique mais là j'ai envie de me pisser dessus tellement je redoute ce que tu penses. Enfin, pas littéralement mais tu vois ce que je veux dire... Oh bon sang, dis quelque chose que j'arrête de m'enfoncer comme ça !
Durant un instant, il ne bougea toujours pas. Et finalement, quand j'eus enfin lâché son poignet, j'eus droit à un minuscule sourire qui pointa au coin de ses lèvres.
- C'est le sourire qui veut dire que je suis pardonné ? Ou celui qui veut dire que je suis complètement ridicule ?
Il ne me répondit pas et préféra continuer à me fixer de son regard sombre comme si je l'amusais beaucoup.
- S'il te plaît, dis un truc. Je m'excuse de m'être montré si dégueulasse avec toi, tu ne le méritais pas. Mais je me rejoue la scène du bar depuis trop longtemps maintenant et je t'avoue que j'ai très envie de recommencer. Oh, merde, je raconte quoi là ? T'as rien entendu, OK ? Ouais rien du tout, je disais juste que j'ai été un abruti et que tu peux juste m'insulter de tous les noms qui te passeront par la tête ou...
Mon speech était à chier. Vraiment minable. Et je le remerciai de me couper la parole en plein milieu de ma phrase en m'embrassant.
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Powerless
عاطفيةL'amour, vous devez connaître. Vous savez, ce sentiment libérateur qui nous prend au ventre, ce sentiment qui nous fait ressentir ces papillons ? Ces frissons qui nous dévalent l'échine, parcourent notre peau, bouffent nos pensées jusqu'à ce qu'il n...
