¤ Shawn Mendes - Something Big ¤
La sonnerie avait retentit, annonçant le début des cours... et des ragots à gogo.
C'était évident, ils allaient arriver, chuchotés dans les couloirs du lycée, nous poursuivant comme un bon toutou suivant son maître. Je le savais, je m'y attendais mais ce n'était pas pour autant que je les appréciais. Apprécier ? Non, je les détestais.
- Hé, regarde, ils se tiennent par la main, chuchotait l'un.
- Je te l'avais dit, ils étaient en couple.
- T'as vu comment il est Zea ? Il est super tendu, commentait l'autre.
- Ils sont trop chous !
- Putain de pédales. Ils ont rien à foutre ici, marmonnait quelques uns.
Enfin que de bons commentaires en vue...
Évidement, les propos homophobes ont fait leur apparition. Et bien que je ne sois pas gay, j'avais été outré par le nombre de personne qui était contre notre fausse relation.
Bon, en oubliant le fait qu'il y ait un nombre aberrant d'homophobes dans ce lycée, Trevor s'amusait beaucoup de nous voir si coincés et gênés. Il s'était d'ailleurs arrangé pour faire passer le mot à qui le voulait : ce soir, contre notre avis, une « méga teuf de l'enfer », d'après ses dires, aurait lieu. Et où ? Bah dans notre appart', évidement !
Bien qu'adepte de soirées où coulait à flot alcools et autres substances par forcément licites, je n'avais aucune envie d'y participer. Pourquoi ? Simplement parce que ce connard avait fait cette fête dans le seul but d'inaugurer notre nouveau couple. Bon sang, déjà que j'avais du mal au lycée à seulement lui tenir la main mais si en plus nous devions faire une fête pour notre couple... Je sentais venir les commentaires ainsi que les demandes de bisous ou de danses devant tout le monde ! Oui, décidément, j'appréhendai énormément cette soirée de ce soir.
L'heure du déjeuner avait sonné et mon estomac me le faisait bien ressentir. Laissant Zea à son triste sort, je balançais négligemment mon sac sur mon épaule et fonçais dans les couloirs jusque dans la cour, poussant tout et tout le monde se mettant sur mon passage. Il était hors de question que je mette plus de temps pour pouvoir avaler mon déjeuner.
Finalement, arrivé dans la cour, je ne pus faire deux pas que je me fis arrêter par plusieurs mecs.
- Alors, sale pédale, t'es enfin sorti du placard ?, riait Carter.
Ah oui, je l'avais oublié celui-là. Carter Gregor était ce que l'on pouvait appeler mon ennemi pour gagner la coupe du plus populaire. Si je cherchais à l'avoir. Cela dit, être reconnu comme étant le plus populaire et donc le plus beau de cet empire bidon, je disais pas non.
Ce mec était, à ce que j'avais compris d'après quelques ragots, un bon parti. Ni pauvre ni riche, il avait une situation financière dès plus raisonnable. Son père étant le pasteur de la ville, il avait de quoi se reposer sur ses lauriers. Cependant, de par son statut, il se devait d'être le plus irréprochable possible. Que ce soit envers le Christ, son style vestimentaire ou son comportement face aux adultes. Il était un parfait petit ange en face d'adultes, aussi poli et serviable que le ventait son imbécile de père. Sa mère, cependant, on en avait pas beaucoup entendu parlé. Du peu de ce que j'avais pu entendre de ma mère – une vraie commère, cette chipie – sa génitrice avait fui dès la naissance de son garçon, désespérée et surtout à bout des coups qu'elle devait recevoir de son mari. En manque d'argent, elle n'avait pas pu emmener son petit garçon chéri et ça avait été un vrai déchirement. Après, si cela était vrai, je ne pourrais jamais le dire. Ma mère était une commère de première et le moindre ragot lui parvenait dans la seconde. Elle en était un aimant.
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Powerless
RomanceL'amour, vous devez connaître. Vous savez, ce sentiment libérateur qui nous prend au ventre, ce sentiment qui nous fait ressentir ces papillons ? Ces frissons qui nous dévalent l'échine, parcourent notre peau, bouffent nos pensées jusqu'à ce qu'il n...
