75 : J'ai mangé du super-héros

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¤ I hate boys - Christina Aguilera ¤

Coup droit, coup gauche.

Coup droit, coup gauche.

Coup droit, coup gauche.

Enchaînant les coups avec force, j'écumais de rage et la déchargeais sur le sac de sable qui se balançait en face de moi. Derrière moi, le pas martelant avec rythme, Ophélie, tout autant énervée, frappait le tapis de course avec des foulées rapides et bruyantes.

La scène qui s'était déroulée il y a seulement quelques minutes à peine se rejouait encore dans nos esprits, complètement révoltés par l'injustice qu'avait subi Blake.

¤¤¤

Lucas :

J'ai bien compris que tu ne voulais pas me voir mais moi, j'en ai envie. Je veux mettre à plat tout ce que je ressens et me rattraper. Retrouve-moi vendredi prochain chez moi.


Le sourire aux lèvres, prêt à me battre pour cette brute au grand cœur, je me préparais au plus grand combat de ma vie.

- Lucas ! Toi et moi, on a à parler.

Me crispant, je me préparais à une avalanche de reproches. Ce n'était jamais très bon signe ce genre de phrase, surtout de la part d'Ophélie.

- J'ai appris pour Zea.

- Ah, fut la seule réponse que je pus fournir.

Me frottant l'avant-bras, je tentai d'endiguer la vague de stress qui s'abattait sur ma conscience.

- C'était bien tenté mais malheureusement trop maladroit, me réconforta-t-elle en pressant mon bras.

Relâchant mon souffle, je lui souris avec tendresse en la prenant par les épaules.

- Merci ma chérie. Mais vu que ces tentatives sont infructueuses, je vais tenter une approche plus directe.

- Ah oui ? Montre-moi pour voir si tu ne te foires pas trop, se moqua-t-elle gentiment.

Je levai les yeux au ciel, amusé. J'allais pour sortir mon téléphone mais la scène face à moi m'arrêta dans mon élan.

- Quentin, arrête !, tenta de s'interposer Blake.

Paniqué et trop mince pour faire face à Quentin, il ne pouvait qu'utiliser les mots pour s'interposer entre la brute épaisse qu'incarnait ce lèche-bottes et une silhouette mince. Mais ce n'était pas assez et il était clairement en sous-effectif.

Carter, plus amusé qu'autre chose, ne lui prêtait pas la moindre attention, focalisé sur sa cible, au sol. Quentin, le bras en l'air, l'abattit violemment dans le ventre de sa victime, le sourire aux lèvres comme s'il prenait plaisir à martyriser sa victime.

- Dégage de là, avant que ce soit ton tour. C'est pas ton jour aujourd'hui, le rembarra Louis, le petit sosie du leader.

Un peu en arrière, Carter regardait la scène avec un sourire qui montrait clairement qu'il jubilait ce qu'il voyait.

Se démenant comme un beau diable, Blake se décrocha de Fred qui le maintenait en arrière. Sauf qu'il sous-estimait notre ami qui, face à une injustice, se montrait plus bagarreur que ce que sa frêle silhouette pouvait le montrer. Se positionnant entre Quentin et sa victime que je crus reconnaître comme étant Elijah Chamen, il se prit de pleine face le poing bagué de la brute face à lui. Vacillant, il s'effondra à terre aux côtés du souffre-douleur du jour. Carter, ricanant, cracha à son intention :

- Tu cherches vraiment à te faire battre, l'ami des pédales.

- Je préfère être l'ami des pédales que l'ami des brutes sans cervelle.

Bien tenté, mais la répartie ne fit qu'accentuée le sourire amusé de la petite troupe. Alors que Quentin était prêt à envoyer son pied droit dans les côtes d'Elijah qui était d'ailleurs complètement anéanti, la fureur qui me monta à la tête me fit trembler de tous mes membres.

- Si tu t'aventures à ne serait-ce que l'effleurer à nouveau, je t'assure que tu rentreras en béquilles, le stoppai-je froidement.

- Tient, monsieur le super-héro, ricana Carter.

Fred, jusque-là mis à l'écart fit craquer ses doigts en s'approchant à pas lents vers Elijah alors que Blake tentait tant bien que mal de se mettre en travers de ses harceleurs.

J'étais tout seul et si je savais que face à l'un d'entre eux, je gagnais haut la main, face à ses petits toutous, tous ensemble, j'aurais bien plus de mal à les mettre au sol.

Je n'eus pas le temps d'arrêter Fred dans sa démarche que déjà une furie aux cheveux d'ébènes se jetait devant lui, les griffes de sorties et cela littéralement : entretenant ses ongles presque maladivement, ils étaient longs et assez solides pour faire face à un adversaire. Une vraie harpie des temps modernes, vengeresse et désireuse de faire taire les injustices.

- Tu me fais pas peur, poupée, se moqua-t-il.

Moi-même, dans ces conditions, je me méfiais d'elle. Si lui, en plus, s'amusait à la sous-estimer, il ne ferait pas long feu.

Dans son dos, Blake se relevait, un bleu déjà bien marqué se propageant sur sa joue. L'entraînant avec lui, Elijah tentait tant bien que mal à tenir sur ses jambes.

Je ne lui avais presque jamais parlé mais je savais que lui et Blake étaient proches. Il avait un physique très longiligne, fin, presque féminin. Son visage était lui aussi androgyne et ses longs cheveux qu'il teignait en blanc ne faisait qu'accentuer ce trait chez lui. Il me semblait même qu'il portait du maquillage aujourd'hui. Peut-être était-ce là la raison de l'acharnement de Carter et de sa clique sur lui.

- Lâche-le, Carter, coupai-je la conversation. 

- Je n'ai rien fait, moi, me sourit-il, amusé de la situation.

Mes poings se serrèrent et je m'avançai d'un pas lourd dans sa direction, prêt à en découdre jusqu'à ce que son sosie ne se mette en travers de mon chemin. Derrière moi, Quentin se faisait un malin plaisir de s'avancer à pas lents vers ses victimes qui tentaient avec peine de fuir.

J'étais coincé. Louis ne me laisserait pas en découdre avec son acolyte et je ne pouvais pas aller porter de l'aide à Blake et Elijah sans me mouiller.

J'étais censé aider comment ?

PowerlessDes histoires addictives. Découvrez maintenant