¤ 5 Seconds Of Summer – Youngblood ¤
J'ai fermé les yeux. J'ai crispé mes poings contre ma guitare, prêt à recevoir la raclée que je mériterais. J'ai attendu. Mais rien. Alors j'ai rouvert les yeux et ai affronté contre ma volonté la peine brûlante qui noyait ses iris si sombres. J'aurais voulu pouvoir lui dire, pouvoir affronter ses peurs paralysantes qui bloquait ma voix. J'aurais voulu mais j'étais une putain de poule mouillée et je n'ai pu que le regarder se lever pour me fuir.
Il n'a rien dit. Il a fermé les yeux, a dégluti comme s'il avalait de l'acide avant de rouvrir les yeux. Il m'a lancé ce fameux regard noir qui m'a donné un coup de poing dans le ventre. Parce que sous cette colère bouillonnante, je voyais cette peine qui lui griffait les tripes. Comme cette peur qui formait une boule d'acier au creux de mon estomac. J'avais mal, tellement mal de le voir se relever et quitter notre chambre sans même me lancer un regard. Mais je ne le retins pas. Je n'en avais pas la force et j'avais surtout trop peur. Tellement peur. Beaucoup trop terrorisé. Mon cœur se serra quand la porte se ferma doucement parce que j'aurais voulu qu'il me hurle dessus comme je le mériterais. Mais il ne fit rien de plus que s'en aller, emportant avec lui ma frustration et mon courage.
J'étais une putain de poule mouillée, une petite fille incapable de faire face à ses parents quand elle a fait une bêtise. Et le pire, c'est que j'eus l'impression de remettre la faute sur un petit frère imaginaire pour me protéger des représailles. J'étais un lâche. Un lâche qui méritait qu'on le bousille jusqu'à ce qu'il finisse à l'hosto.
Et la rage qui me prit ne m'aidait pas. Cette rage sombre et grandissante qui me prenait aux tripes. Cette colère dirigée seulement contre moi-même pour avoir fauté si gravement. Cette rage pour avoir détruit mon amitié avec mon meilleur ami. Tout du moins, mon ancien meilleur ami. J'avais tellement de haine en moi que mes mains tremblèrent. J'avais tellement de colère qui bouillonnait dans mes veines que la première chose qui me passa sous les mains fut projeté contre la porte. Porte qu'avait pris Zea pour s'éloigner de moi. Compréhensible après tout, j'avais moi-même envie de me fuir tellement j'étais pathétique. Tout ce qui passa sous mes mains fut mis à terre ou projeter contre les murs. Mon lit fut renversé tout autant que mon bureau. Mes cahiers furent projetés dans un coin de ma chambre. Mon armoire fut vidée de tout objet avant d'être renversé. Je réussis même à créer une fissure dans le dos en frappant dedans. J'avais tellement de rage en moi que j'avais envie de me frapper. Et cette colère se transformait en hurlement rauques pleins de haines et de souffrance.
Putain de merde, j'avais perdu mon meilleur ami.
D'un seul coup, alors que je balançais mes livres dans la chambre, la porte claqua contre le mur avant que je ne sente des bras m'entourer. Me débattant avec force, la rage se mélangeant à ma peine, je m'échappai d'une contorsion avant de donner un coup de poing à la personne. Je ne pris même pas la peine de m'excuser, trop en colère pour ça. Il fallait que je me défoule, que j'enlève cette rage qui me consumait. Alors je courus jusqu'au club de boxe et sans saluer personne, enchaînai les coups contre le sac. Je n'avais pas les mains bandées, j'étais plein d'œuf et de farine mais je n'en avais rien faire. Je n'avais que ce sac en face de moi, ce sac peint avec ma tête. Je me haïssais pour lui avoir menti comme ça. Je me détestai tellement que je m'imaginais à la place de ce sac, à recevoir coups sur coups. J'avais les phalanges en sang mais je n'en avais rien à foutre. La colère qui bouillonnait en moi ne semblait pas prête à partir et malgré que je me sois déjà défoulé dans la journée, l'adrénaline qui courait dans mes veines me faisait frapper encore plus fort à chaque coups. Mais rien n'enlevait les images de Zea et moi nous embrassant. Rien n'enlevait les images de Zea qui me regardait avec cette lueur dans les yeux qui me donnait ce coup de poings si puissant dans le ventre.
A bout de souffle et les phalanges éclatées, je m'écroulais au sol, transpirant et plein d'œuf et de farine. J'aurais souri à la situation mais à cet instant, je n'en avais rien à foutre. Hurlant ma rage jusqu'à perdre mon souffle, je frappais de plus en plus le sol en béton du club, le salissant de mon sang, cherchant à toujours plus me faire du mal. Je ne méritais pas de seulement finir les mains ensanglantées.
Chaque coup était un de plus pour transformer ma colère en souffrance. Comme si cela servait à quelque chose, je projetai ma haine que j'écrasais toujours un plus sous mes poings en sang.
Me relevant difficilement, je filais dans les vestiaires sans faire attention aux regards surpris et déroutés que me lançaient certains. Laissant l'eau froide couler sur ma peau et mes vêtements sales, je plaquais avec force mes mains sur le carrelage des douches.
Je me maudissais d'avoir agi ainsi. Je me haïssais de me montrer si lâche. Je me détestai d'infliger ça à mon Hulk.
La scène défilait dans ma tête, rejouant sans cesse le regard perdu et peiné de Zea, accentuant toujours un peu plus ma colère. J'avais toujours envie de me fracasser le crâne contre le carrelage ou de frapper un sac de frappe mais j'étais à bout de force. Alors je retirai vite fait mes vêtements me collant à la peau et me nettoyai rapidement avec mon gel-douche que je laissais toujours dans mon casier avec des rechanges, pour des cas comme celui-ci. Me séchant rapidement, je ne cherchai pas à m'excuser envers le patron. Et il ne chercha pas non plus à m'interpeller. Il savait maintenant comment je réagissais et savait que je viendrais m'excuser plus tard, quand toute cette rage envers moi-même ce serait réduite un tant soit peu. Sans même réfléchir, je me dirigeais dans le premier bar que je voyais. Celui en face de notre immeuble. Tant mieux, je n'aurais pas beaucoup de chemin à faire pour rentrer comme ça.
M'installant au bar, je fis un signe à la serveuse qui me connaissait bien et elle me servit une bière bien fraîche que j'engloutis sans m'arrêter. Je n'eus pas le temps d'en demander une autre qu'on m'en servit une deuxième.
Et je finis ainsi ma soirée, à me soûler à la bière comme un alcoolique jusqu'à la fermeture du bar, jusqu'à noyer ma honte, mon désespoir et mon dégoût pour moi-même.
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Powerless
RomantizmL'amour, vous devez connaître. Vous savez, ce sentiment libérateur qui nous prend au ventre, ce sentiment qui nous fait ressentir ces papillons ? Ces frissons qui nous dévalent l'échine, parcourent notre peau, bouffent nos pensées jusqu'à ce qu'il n...
