¤ Everything Black (feat. Mike Taylor) ¤
Le jeu de lumière était intense. Magnétique. Je me sentais comme hypnotisé par tout ce qui m'entourait. Je me sentais en transe, comme parti dans un monde parallèle, là où mes problèmes de cul étaient bien loin de cette chaleur agréable qui englobait ma poitrine comme pour me protéger des futurs problèmes.
J'enchaînais les verres, enchaînais les danses endiablées, parfois avec une blonde, parfois avec une brune. Certaines fois avec une rousse. Toutes plus belles les unes que les autres, elles étaient chaudes comme la braise. Et je m'en contentais. Ça me plaisait de retourner à mes anciennes habitudes, quand tout était plus simple, plus naturel avec lui. Alors je faisais comme si je ne sentais rien sous cette chaleur réconfortante, comme si je ne sentais pas un pincement à chaque effleurement qu'échangeait Zea avec une fille.
Mes hanches se mouvaient, mes bras enserrèrent bientôt une autre paire de hanche plus voluptueuse que la précédente, un magnifique fessier vint se frotter contre moi et je souris de voir que mon sex-appeal n'avait pas disparu. Et si j'en croyais les regards que me lançait la gente féminine, j'étais à peu près sûr de pouvoir repartir avec quelqu'un ce soir.
Bientôt, je sentis une fille se frotter derrière moi. Dans un mouvement voluptueux, elle se frotta à moi comme si elle avait fait ça toute sa vie. Putain ce qu'elle était douée. Me détournant de ma précédente victime, je me concentrai pleinement contre celle derrière moi. Fermant les yeux, je m'imprégnai de la musique, me coupai du monde et me retournai. Je la sentis placer sa cuisse entre les miennes et se frotter contre moi tel un chaton en manque de caresse. Je ne me fis pas prier. Me rapprochant, j'empoignai ses hanches et la plaquai contre moi. Je ne réfléchis pas et l'embrassai à pleine bouche. L'alcool fit bouillir mon sang, la musique me fit basculer dans un autre monde et ma perception du monde autour de moi fut amoindris. Je ne voulais me concentrer que sur cette fille. Pourtant, la seule chose que je sentis fut le frottement du jean de Zea contre le mien, derrière moi. Sans que nous ne voyions, nous nous étions rapprochés progressivement jusqu'à danser l'un contre l'autre. Brusquement, je me détachai de la fille et la repoussai pour me tourner vers mon meilleur ami. Et le regard qu'il me lançait voulait clairement dire que je l'ennuyai. Et sans prêter le moindre intérêt à son refus, je l'empoignai par les hanches, me rapprochai de lui et commençai un léger mouvement de balancier contre lui. Je ne savais pas ce qu'il me prenait mais, l'alcool se mélangeant à mes pensées, je n'étais plus franchement en mesure de contrôler quoique ce soit. Alors, me laissant transporter par les sensations, je me frottai contre lui sans jamais défaillir malgré sa soudaine raideur. Je redoublai même d'ardeur. Nous échangeâmes un regard, lui souris et baissai les yeux vers ma jambe, coincée entre les siennes. Peu importe ce qu'il se passait ce soir, je voulais profiter de cette soirée pour me détendre. Et danser collé-serré contre mon meilleur ami semblait une bonne idée dans mon cerveau embrumé par l'alcool.
Finalement, après ce qui me sembla des heures à rester tendu comme un arc, il sembla enfin se détendre et s'autorisa à légèrement bouger. Enfin, il se mit à se mouvoir et se libéra complètement, allant même jusqu'à placer ses bras magnifiquement tatoué autour de mon cou, les miennes entourant ses hanches étroites. M'offrant le luxe de sourire doucement, je relevai les yeux pour regarder ce à quoi pouvait bien penser mon meilleur ami. Mais, comme toujours, il était complètement impassible et se contenta de me regarder longuement de ses yeux charbonneux. Avec l'obscurité de la boîte, la noirceur de ses pupilles ressortait encore plus et lui donnait un charme fou contre lequel peu de ses dames semblaient pouvoir résister. Je les comprenais après tout avec ses bras recouverts d'encre noir, lui conférant un air sauvage, ses pupilles noires, nous inspirant le danger enrobé dans une plastique qui ne faisait que nous mettre à genoux devant lui et ses adorables fossettes impossible à détecter si on ne le connaissait pas. Tout à fait compréhensible.
Sans jamais lâcher mon regard, il se pencha, tout doucement, comme si j'avais pu me sauver en hurlant à la mort. Se penchant toujours plus près, il finit par poser son front contre le mien, son regard aussi noir que la nuit ancré au mien. J'aurais dû m'enfouir, m'échapper de sa prise mais j'en étais incapable. L'alcool semblait m'avoir coupé toutes mes fonctions motrices. Je n'étais plus que capable que d'attendre que la suite arrive. Et je me surpris à espérer qu'il le fasse. Qu'il fasse quelque chose, n'importe quoi mais quelque chose. Peu importe quoi.
Et il le fit. Fermant subitement les yeux, je le sentis prendre une profonde inspiration avant de tout aussi brusquement fondre sur ma bouche. Ses lèvres se plaquèrent contre les miennes, se mouvèrent et m'enhardirent à tel point que je fus d'abord incapable de lui rendre son baiser. Et puis, pinçant les lèvres, il se recula, cherchant à s'excuser. Je ne lui en laissais pas le temps. A peine décolla-t-il ses lèvres des miennes qu'un grand froid me prit. Me jetant brutalement sur ses lèvres, je cherchai désespérément à combler ce soudain froid qui me vint. Ce fut brutal, animal, sauvage mais tout autant que libérateur. Mon sang bouillit dans mes veines, mon corps s'émerveilla des frissons qui me parcoururent. Tel un feu ravageant arbres et forêts, il dévasta mon peu de conscience et je me lâchai dans ce baiser que je risquai de regretter dans peu de temps.
Nos dents s'entrechoquèrent mais nous en avions peu à faire. Nos langues se mouvaient l'une contre l'autre, se battaient dans un combat de dominance que ni lui ni moi ne gagnerions. Glissant ses mains sur ma nuque, il agrippa ferment mes cheveux et tira dessus qui me fit gémir de bonheur. Ce qui n'eut pour résultat que de le coller encore plus contre moi. Pour ma part, mes mains, au début accrochées fermement à ses hanches, se firent baladeuses jusqu'à se diriger sous son tee-shirt, effleurant avec légèreté les tablettes bien définies qui se dessinaient sous mes doigts. Juste avant de les poser brusquement contre son ventre plat, m'enhardissant de ses frissons qui le parcoururent.
L'extase m'emporta avant de me faire brutalement revenir quand je sentis une résistance contre mon ventre quand je voulus me rapprocher de lui. Me détachant brutalement de lui, je baissai les yeux vers le bas en même temps que lui et remarquai la chose la plus gênante qui soit : Zea et moi, meilleurs amis du monde, bandions comme des ânes, nos queues tendues droit vers l'autre. Nous séparant brutalement, nous échangeâmes un regard paniqué avant de tous les deux nous tourner le dos et nous diriger dans des directions opposées. Lui, vers le bar, moi, direction un coin de la boîte, à la recherche de ma prochaine partie de baise.
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Powerless
RomanceL'amour, vous devez connaître. Vous savez, ce sentiment libérateur qui nous prend au ventre, ce sentiment qui nous fait ressentir ces papillons ? Ces frissons qui nous dévalent l'échine, parcourent notre peau, bouffent nos pensées jusqu'à ce qu'il n...
