¤ ''Don't Stop The Devil'' by Dead Posey ¤
3h17. Je sursautai ; me frottai les yeux ; fronçai les sourcils. Un boucan d'enfer résonnait en bas de l'escalier. Pestant, jurant, grognant contre ce que je devinais être Terminator version shooté à l'alcool, je me levai péniblement pour descendre. Effectivement, mon meilleur ami peinait à monter les marches de l'escalier et aux vues de sa position, il venait de s'écrouler par terre. Soupirant fortement, je me dirigeai vers ce... truc pour l'aider à se relever.
- Ah ! Voilà mon petit copain !, rit Zea.
Oula... Ça risquait de mal tourner. Sans chercher à rétorquer, je mis son bras autour de mon cou et l'aidait à se redresser pour monter les marches.
- Me touche pas ! Ça fait pédale, pouffa-t-il.
Lassé, je soupirai une seconde fois. Heureusement pour nous, personne ne s'était réveillé après le boucan pourtant exceptionnel de mon copain. Gravissant difficilement les quelques marches, nous arrivâmes enfin dans ma chambre que je partageais maintenant avec cet ogre.
S'échouant lamentablement sur mon matelas, je le sentis soupirer d'aise avant de laisser échapper une flopée de paroles mal articulées.
- Zea, t'endors pas. Il faut passer à la douche.
- Ouh... Mon petit copain se fait tout mignon pour moi. Que c'est chou !, gémit-il.
Dans cet état, il ne servait à rien de parlementer. Le déchaussant et le déshabillant, je le laissais garder son sous-vêtement. Je n'avais pas l'intention non plus de le voir dans son plus simple appareil surtout avec cette situation de faux couple. Alors que nous nous dirigions vers ma salle de bain, il prit une expression concentrée en fronçant les sourcils puis se tourna vers moi.
- T'as pensé quoi de ce « presque baiser » ?
Pris au dépourvu, je me figeai en nous stoppant.
- Pourquoi ?, tentais-je, bien trop curieux.
- Bah, j'sais pas. J'aimerais savoir.
Reprenant le chemin vers la douche, je finis par le mettre sous le jet d'eau froide alors qu'il couinait des paroles inarticulées. Et finalement :
- Alors ?
- Alors quoi ?
- Ce « presque baiser » ?
Soupirant, je me passai une main sur le visage. J'étais déjà lassé de cette conversation.
- Je n'ai rien à dire là-dessus.
- M'fais pas croire ça. Y a forcément quelque chose à dire là-dessus.
Et puis, pourquoi pas ? Il aura oublié d'ici demain.
Mais non, je pouvais pas ! Bordel...
- J'ai... Je sais pas en fait. Je crois que...
Me pinçant les lèvres, je frémis à l'idée de formuler à voix haute ce que je pensais. Déjà que par pensé, j'ai du mal à me l'avouer mais à voix haute et à la personne concernée... C'était pas du tout facile.
Pourquoi je le lui dirais ? Sérieusement, il voulait vraiment que je m'engage dedans ?
Non, impossible. C'était bien trop embarrassant.
Me dégonflant comme un ballon, je soufflai désespérément en voyant Hulk se dandiner pour enlever son caleçon en attendant que je réponde.
- Y a rien à dire, répétai-je.
Lui tournant le dos, je le laissais à son manège en restant près de lui à un potentiel accident. Nous avions toujours fonctionné ainsi, ce n'était pas maintenant que ça changerait. Même à cause de ce foutu plan merdeux.
- P'tain, tu casses les couilles !
Souriant légèrement en l'entendant grommeler insultes sur insultes, que ce soit pour moi ou pour son caleçon lui collant la peau. Le silence plana entrecoupé des petits noms fleuris dont me gratifia Hulk en plein décuvage. Souriant à en avoir mal aux zygomatiques, je finis par éclater de rire en l'entendant glisser puis tomber lourdement dans la baignoire.
- Ça va ? Tu gères ?, ris-je.
- Va te faire foutre, bébé.
Je faillis m'étrangler avec ma salive. Oui, nous avions eu des surnoms l'un pour l'autre, Zea particulièrement avec celui-ci pour me qualifier quand il était bourré. Mais maintenant, après la création de notre faux-couple... Nous n'étions plus au même stade et le moindre mouvements de travers, le moindre surnom que nous avions pourtant l'habitude d'utiliser pour se moquer l'un de l'autre étaient maintenant déplacés. Et à cet instant, son « bébé » me gêna et... me ravit.
Dépassé par le silence qui avait suivi sa remarque et les réactions de mon corps à un simple surnom qui est, à l'origine, utiliser pour se moquer moi, je dis la première chose qui me passa par l'esprit.
- Je crois que c'était cool, lâchai-je.
Sans m'en rendre réellement compte, je venais de lâcher la bombe que je me retenais de dire ou même de penser. Écarquillant les yeux, je pinçais mes lèvres espérant qu'il n'est pas entendu.
- De quoi ?, grogna-t-il.
Serrant mes poings pour me retenir de me retourner et de le baffer, je croisai mes bras sur mon torse, me tenant le dos droit. Tentant d'adopter une allure plus décontractée que je ne pourrais jamais le faire – ce qui devait sûrement dire que ce n'était pas du tout naturel, je gardai obstinément mon regard fixé sur la porte face à moi. Puisant dans les derniers fragments de courage qu'il me restait, j'inspirai profondément avant de lâcher ma bombe :
- Ce « presque baiser » n'était pas... J'ai pas détesté.
Et je m'enfuyais, la queue entre les jambes me rassurant en me disant que, de toute façon, d'ici demain, il aurait oublié.
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Powerless
CintaL'amour, vous devez connaître. Vous savez, ce sentiment libérateur qui nous prend au ventre, ce sentiment qui nous fait ressentir ces papillons ? Ces frissons qui nous dévalent l'échine, parcourent notre peau, bouffent nos pensées jusqu'à ce qu'il n...
