23 : S.V.T et compagnie

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¤ Demi Lovato - Sorry Not Sorry ¤

Les kilomètres défilaient, la voiture les engloutissaient avec générosité, nous éloignant toujours un peu plus de cette ville de malheur à l'affût de nos moindres mouvements. Nous n'en pouvions plus et les cernes que nous arborions nous le montraient pleinement. Pour autant, ce qui me faisait garder les yeux ouverts durant une bonne partie de la nuit était toute autre.

J'avais trop peur du résultat en ouvrant les yeux le matin. Une fois m'avait suffi de le voir accroché à moi comme si sa vie en dépendait. Ses bras tatoués ceinturant ma taille, mes doigts engourdis et accrochés à son tee-shirt. Me savoir si désespérément accrocher à lui comme une princesse à son prince me répugnait au point que je ne réussissais presque plus à fermer les yeux durant la nuit. Je me haïssais de cette soudaine peur viscérale qui me lacérait les entrailles. Peur de quoi ? Si seulement je savais !

- On est presque arrivés.

- Mais où ? Tu fais un peu chier sur les bords, Hulk.

- Je sais, bébé.

- La ferme avec ton surnom à la con ! Je suis pas une petite princesse qui a besoin d'attention.

En guise de réponse, je n'eus droit qu'à un sourire en coin. Foutu Terminator !

Une main sur le volant, l'autre soutenant sa grosse tête de con, il semblait bien plus détendu qu'il l'avait été. Ses épaules s'étaient considérablement relâchées ainsi que le roulement de ses muscles en dessous de son éternel veste en cuir. Et le léger sourire détendu qu'il arborait ne me laissait aucun doute quant à ses sentiments face au panneau nous indiquant que nous quittions notre ville passant à toute vitesse à travers la vitre. Et bien que je lui indiquais clairement qu'il me faisait vraiment chier, j'étais plus qu'heureux de le voir ainsi.

- Bon, dis moi, où va-t-on ?

Il me jeta un rapide coup d'œil amusé avant de reposer son regard charbonneux sur le goudron défilant sous nos roues. Grommelant injures sur injures, je croisai mes bras sur mon torse tel un enfant pas content.

- Tu m'énerves !

Ma réponse ? Un grognement digne d'un homme des cavernes. Charmant, très charmant...

Fronçant les sourcils, j'eus soudainement une idée lumineuse. Le taiseux face au bavard, qui sera le gagnant ?

- Dis Hulk, tu penses qu'une citrouille a des couilles ?

S'étranglant brusquement, Zea posa brusquement ses deux mains sur le volant, soudain alerte.

- Qu'est-ce tu m'veux, Chat ?

Étouffant les insultes qui s'agglutinaient sur ma langue, je repris la parole d'une voix claire et posée, tout contraire à la colère qui bouillait en moi :

- Nan mais c'est vrai, tu sais bien que moi et la S.V.T., ça a jamais marché. Alors comment font des légumes ou des fruits pour baiser ? Fin, pour avoir des gosses quoi.

- Tu cherches quoi ?, demanda-t-il, la voix soudainement bien plus rauque, la colère passant un cap.

- Et du calme, Terminator, tu vas nous faire une syncope, là. Bon, si l'anatomie d'un légume t'intéresse pas peut-être que celle de Sacha t'intéresse plus ? l'interrogeai-je, mine de rien.

- Quoi ?! s'insurgea-t-il.

- Bah ouais. Fais pas genre. J'ai remarqué comment tu la déshabillais du regard. T'as cru je t'avais pas vu ?, ris-je.

Grognant comme un animal, sa réponse fut des plus courtes. Bien...

- Si tu veux, je peux te montrer ses nudes. Elle m'en envoyait pas mal quand on se parlait encore.

- La ferme !

- Tu les veux ? Pas la peine de t'énerver comme ça, tu peux demander tu sais, je te les enverrais. Tiens !

Agrippant mon téléphone dans ma main, je les cherchai puis les envoyai tous précautionneusement à mon meilleur ami qui s'énervait et n'en voulait pas.

- Tu fais ça, je t'égorge !

- Ça va être difficile.

- Et pourquoi ?, s'emporta-t-il.

- Très bien... soupirai-je, faussement las, plus amusé qu'autre chose. Vas-y, égorge moi.

Lâchant brusquement le volant, il faillit me sauter dessus. Mais freiner par sa ceinture et par la lumière qui tilta soudainement dans son esprit, il reposa directement les mains sur le volant, très énervé.

- Je te hais, souffla-t-il.

- Mais non, tu m'adores. Allez, dis moi maintenant où on va.

- T'y as vraiment cru ? Abruti, sourit-il.

Se garant soudainement et brusquement, je regardai enfin où nous nous trouvions. Écarquillant les yeux, je détaillai tout ce qui m'entourait puis me tournais vivement vers mon meilleur ami qui me regardait faire, un sourire malicieux au coin des lèvres.

- Tu... tu... Vraiment ?

- Vraiment, se contenta-t-il de me dire.

Et ça me suffisait. Retour aux sources comme on disait.

PowerlessOù les histoires vivent. Découvrez maintenant