¤ Robin Schulz – OK (feat. James Blunt) ¤
La panique fut soudaine et inattendue. Tout le monde se bouscula, le silence se mua en véritable tintamarre de cris et piétinements. Toutes les personnes se ruèrent vers la sortie sans même chercher à savoir si il y avait vraiment le feu ou essayer de l'éteindre. Non, sauver sa peau, c'était le seul but commun.
Zea et moi fûmes bousculés et ballottés en tous sens au point que je faillis chuter. Me rattrapant comme je pouvais, je m'agrippais à son tee-shirt cherchant un départ de flammes ou de la fumée. Comme un instinct, je sentis mon meilleur ami mettre son bras autour de mes hanches et me plaquer contre sa large poitrine. Je n'y tins aucune attention. J'étais bien trop focalisé sur tout ce monde se bousculant et hurlant pour échapper à ces prétendues flammes invisibles. Pour le moment parce qu'aux vues de la foule, essayer d'apercevoir quelque chose était une tâche plutôt compliquée.
Finalement, après que Zea ait réussi à nous dégager de la foule grâce à sa forte carrure pour nous mettre contre un mur, le calme reprit. Jusqu'à ce qu'enfin je sente l'odeur âcre de la fumée s'élever.
En fin de compte il y a vraiment eu un feu. Il s'était révélé prendre départ dans la cuisine. Un crétin trop occupé à nous observer moi et Zea avait oublié sa cigarette qui brûlait sur la nappe en papier où reposait tous les alcools. Il ne s'était rien passé de grave mais ça a eut pour effet de nous échapper moi et Hulk à cette situation grotesque et gênante. Et après avoir éteint ce départ de flammes, nous n'avions même pas essayer de s'expliquer. Nous n'avions fait comme si rien de grave ne s'était passé et nous étions tenus loin l'un de l'autre. Ce que je regrettais parce que je l'avais su dès le début, cette fausse relation mettrait en péril notre relation.
Zea et moi, avant cette fichue soirée, avions déménagé nos affaires pour qu'on finisse dans ma chambre. Et Blake avait déménagé dans la chambre de Zea. « Pour nous laisser notre intimité de couple » avait-il dit avec un clin grand sourire. J'avais seulement soupiré alors que l'homme des cavernes avait grogné férocement. Nous nous retrouvions donc tous les deux, aux deux opposées de la pièces, moi assis sur mon lit, Terminator debout dans le coin de la pièce, le plus loin de moi.
- J'en ai marre, soufflais-je.
Plus que marre, en fait. Voir à quel point notre relation s'était détruite en seulement une journée, nous voir si distant l'un envers l'autre me donnait un coup au cœur qui me broyait de l'intérieur. Nous avions toujours été là l'un pour l'autre, toujours proches et inséparable. Et à cause de ça, nous étions finalement devenus des étrangers l'un pour l'autre.
- A qui la faute ?, cracha Zea.
Alors plongé dans mes pensées mélancolique, je relevais brutalement la tête dans sa direction. Les yeux sombres, la mine furieuse, les bras croisés sur le poitrine, il faisait froid dans le dos. Alors que moi, avachi sur mon lit, mes coudes appuyés sur mes genoux et la tête entre mes mains, je faisais pitié à voir.
- Je ne suis pas d'humeur à t'aider à gérer ta colère, Zea.
Pour toute réponse, je n'eus droit qu'à un grognement sinistre. Encore et toujours la même chose.
- Ce n'est pas ce que j'ai dit.
- C'est pourtant ce que tu me donnes comme impression.
Se décollant de son mur, il se tendit, le dos droit, le regard meurtrier.
- Pourquoi as-tu fait ça ?
- Fait quoi ?, soupirais-je, sachant la confrontation inévitable.
- Pourquoi t'étais-tu rapproché ?
- Pour t'embrasser, imbécile.
- Pourquoi ?!, rugit-il.
Surpris par son ton furieux et la véhémence de sa question, je relevais la tête vers lui. Silencieux comme une ombre, il s'était rapproché de moi et me jaugeais avec dédain. Je fronçai les sourcils en avisant sa mine colérique. Comment en étions-nous arrivés là ?
- Parce qu'il le fallait, Zea.
Les poings serrés, il semblait à deux doigts de vouloir me frapper. Bordel, qu'est-ce que j'avais fait pour mériter ses foudres ?
- Tu pouvais ne pas m'embrasser.
Arquant un sourcil dans sa direction, je demandai :
- Ah oui ? Alors, puisque monsieur semble si sûr de lui, comment aurais-je pu le faire ?, rétorquais-je, amer.
Il ne sut quoi répondre et cela lui mit la rage à voir sa mâchoire contractée.
- Bah oui, au lieu de m'engueuler pour un rien, tu aurais très bien pu t'en charger toi-même. Ne rejette pas la faute sur moi, Zea.
Et, sans que je ne comprenne réellement, il inspira brusquement, me jeta un dernier regard emplit de haine que je ne comprenais pas et s'en alla, claquant violemment la porte derrière lui. Je soupirai, me massai les tempes et me rendis compte que, malgré ce que j'avais voulu et cru, jamais nous n'en sortirions indemnes. Il était trop tard.
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Powerless
RomanceL'amour, vous devez connaître. Vous savez, ce sentiment libérateur qui nous prend au ventre, ce sentiment qui nous fait ressentir ces papillons ? Ces frissons qui nous dévalent l'échine, parcourent notre peau, bouffent nos pensées jusqu'à ce qu'il n...
