¤ The Chainsmokers ft. Halsey - Closer ¤
Le lendemain, mardi donc, je me rendis au lycée, le cœur serré et le dos en vrac. Comme si ce n'avait pas été assez de m'engueuler comme un enfant qui aurait fait un bêtise, mes deux potes m'ont obligé à dormir de nouveau par terre. Allongé sur de simples couvertures. Et j'en payais les conséquences.
Donc, non, je n'avais toujours pas mon mobilier mais Clément, ayant une après-midi de libre, s'est proposé à réceptionner mon nouveau lit et à l'abandonner dans ma chambre pour que je le construise moi-même. J'avais vraiment tout détruit, excepté ma commode qui malgré la fissure restait debout. Je me voyais donc dans l'obligation de piquer dans mes économies et d'emprunter à mes parents de l'argent pour me payer un nouveau mobilier que j'avais commencé à chercher hier après-midi.
Je n'étais pas allé au lycée de la journée. La matinée parce que j'étais vraiment dans le brouillard et après surtout parce que je ne voulais pas affronter mon meilleur ami qui, lui, s'était rendu au lycée sans faire d'histoire.
Et en rentrant, on avait tout fait, l'un comme l'autre, pour s'éviter. L'un entrait dans une pièce, l'autre s'enfuyait dans une autre.
Moi, parce que j'étais bien trop peureux de mes réactions et sentiments contradictoires qui se mélangeaient. Lui, parce qu'il était bien trop blessé pour revenir vers moi et sûrement trop en colère maintenant aux vues des regards menaçants qu'il me lançait.
Bien que Blake et Ophélie soient au courant de l'histoire, Trevor, lui, se contentait de ce qu'il entendait par-ci par-là. Il n'en savait presque rien et il s'en contre-fichait. Il faisait la navette entre nous et faisait tout son possible pour nous faire oublier la soudaine distance qu'il y avait entre Hulk et moi. Bien sûr, ça l'embêtait de ne pas pouvoir plaisanter avec nous deux en même temps. Mais il faisait avec et ne cherchait pas à nous obliger à nous côtoyer.
Bon sang, j'adorais mes amis.
Même si, à cause de mes conneries, Ophélie et Blake plus de temps avec Zea. Ils ne me laissaient pas à part, ils venait parfois me voir mais pour autant, ils n'étaient pas aussi présents avec moi qu'ils l'étaient avec mon copain.
Était-ce toujours d'actualité, ça, au fait ?
J'en savais vraiment rien. Et je ne savais ce qui me faisait le plus peur : perdre mon faux petit ami ou mon meilleur ami ?
¤¤¤
Vendredi. La tension était à son maximum et les remords plus présents que jamais. Je m'en tirais les cheveux. Je m'effaçais de plus en plus. A tel point que d'aller manger au réfectoire du lycée m'était devenu impossible. J'avais un poids dans l'estomac qui me tombait dessus à chaque fois que je passais le pas de la porte. Parce que je savais parfaitement que j'allais manger seul, sous le regard intrusif et intrigué à la recherche d'explications. Et surtout parce que je sentirais le regard de mes trois amis en plus de celui de Zea qui pèserait sur mon cou et rajouterait un peu plus de poids à mes remords. Alors j'avais fini par abandonné et me réfugiais dans notre appart' pour manger sans personne pour me juger.
Enfin si. Moi.
Je me haïssais tellement que je passais chaque soir à la salle pour sortir le trop plein de haine que j'avais envers moi. Et même si durant quelques heures, cela marchait, ses foutus remords remontaient très vite à la surface et me donnaient presque envie de vomir. J'étais au plus bas.
Et puis, je me rendis enfin compte que ça n'était pas moi tout ça. J'avais passé ma semaine à raser les murs, espérant qu'on ne me remarquerait pas. J'avais eu un teint blafard tout du long, les traits tirés et le moral au plus bas. J'étais devenu mon exact opposé, le genre de personne que je détestai. Parce qu'on a toujours des raisons de sourires.
Alors ce matin, en me levant, bien que ma nuit eut été courte, j'étais plus déterminé que jamais. J'étais déterminé à enfin le voir, à présenter mes excuses mais plus que tout, lui faire comprendre que moi aussi, j'avais aimé ces baisers.
Enfilant un pull au hasard en plus d'un jean, je me précipitais hors de ma chambre en piquant une pomme. Pas envie de déjeuner ce matin. De toute façon, je commençais à 10h30 et je mangeais dans peu de temps.
Arrivé au lycée, je me dépêchai de rejoindre Zea à sa salle. Je savais parfaitement qu'il avait français et j'étais déterminé à ne pas le louper.
Le pas décidé, je me dirigeais vers sa salle, ne prêtant pas la moindre attention aux regards venimeux qui se faisaient maintenant réguliers. Je les sentais peser sur moi, je les savais me jauger de haut en bas, prêts à m'enfoncer au moindre faux pas. Et ils l'avaient vu mon faux pas. Toute la semaine durant, j'eus droit aux rires pas très discrets à chaque coin de couloirs. J'eus droit aux sourires moqueurs, aux moqueries répétitives. Les remarques furent nombreuses, les doigts pointés dans ma direction se firent nombreux. Chaque personnes que je croisais semblait animé d'un dégoût qui me faisait froid dans le dos. Je prétendais aimer un homme, pas faire l'amour à un chien. Mais cela était suffisant et de plus en plus, Carter Gregor assouvissait son besoin de vengeance. Il prenait plaisir à me voir raser les murs, à me voir m'enfoncer dans mon labyrinthe jusqu'à me déchirer le cœur. Et si ce n'était pas assez, il s'amusait à alimenter la haine à mon égard, ne m'épargnant ni moi ni mes amis. C'était sûrement ce qui me touchait le plus d'ailleurs. Oui, le poids de leurs insultes pesait mais s'en prendre à mes amis... Je crois que c'était cela qui m'avait fait bouger mon cul. J'en avais plus qu'assez de voir les traits tirés de mon meilleur ami. Marre de voir la haine se diriger vers mes amis, innocents.
Aujourd'hui, je me reprenais enfin en main. Enfin, je ne baissai plus la tête. Enfin, je relevai la tête, affrontai les regards, affrontai mes erreurs. J'étais prêt à lui avouer.
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Powerless
RomanceL'amour, vous devez connaître. Vous savez, ce sentiment libérateur qui nous prend au ventre, ce sentiment qui nous fait ressentir ces papillons ? Ces frissons qui nous dévalent l'échine, parcourent notre peau, bouffent nos pensées jusqu'à ce qu'il n...
