¤ The Chainsmokers & Marshmello ft. Halsey - Limitless ¤
Zea
- Les enfants, il était temps que vous assumiez.
Celle-là, je m'y attendais. Elle ne me faisait pas moins chier pour autant. Tu vas voir aussi si tu vas assumer mon poing dans ta gueule...
- Aller, ne soyez pas si timide avec nous, les gars !, renchérit Clément, le sourire aux lèvres.
Oh putain, s'ils demandaient un bisou, je n'étais pas dans la merde. Je voulais bien accepter certaines choses mais pour l'instant, un baiser était de loin ce que je voulais le moins faire. Sans que je ne comprenne quel choix se montrait à moi pour détourner leur attention d'un potentiel baiser, Lucas prit vivement ma main dans la sienne – sans entrelacer ses doigts aux miens, Dieu merci – et la serra doucement comme pour me rassurer. J'en fis tout autant, ce geste me rebutant comme me rassurant. En quelque sorte, il me prouvait qu'il gérait, qu'il savait quoi faire pour ne pas arriver à ces extrêmes et savoir cela me soulageait à un point inimaginable. J'étais mal à l'aise, dépassé par les événements, ne sachant pas du tout quoi faire. Et savoir que je pouvais toujours compter sur son côté réfléchis me soulageait grandement.
Finalement, j'avais crié victoire trop vite. Lucas détacha doucement sa main de la mienne et alors que je croyais qu'il se détachait enfin, je le sentis prendre mon bras pour le poser sur ses larges épaules et son autre main se faufiler un chemin autour de ma taille en se collant à moi. Instantanément, je me figeai. Qu'est-ce qu'il foutait bon sang ?!
- Enfin, il était temps que vous preniez les devants. On se demandait quand est-ce que vous alliez enfin nous dire que vous étiez en couple.
J'étais figé, le bras prêt à partir au moindre mouvement. Et Lucas le savait parfaitement parce qu'il enserrait fermement mes doigts entre les siens sur son épaule comme une sorte d'avertissement. Bordel, je nous trouvais tellement peu naturels que je me demandais comment les trois crétins en face de nous ne comprenait pas à quel point je me sentais mal à l'aise. Mes yeux lançaient des éclairs vers Lucas qui ne prenait pas la peine de me regarder, trop occupé qu'il était à rire aux blagues idiotes de ces connards en face de nous. Blake, adossé sur le mur de la cuisine nous jetait des regards amusés auxquels je pris la peine de lui faire un doigt discrètement sans que personne ne le remarque. Son sourire s'agrandit un peu plus et un clin d'œil fusa. Sans que je m'en rende réellement compte, mes doigts enserrèrent plus fortement ceux de Lucas. Son pincement sur ma hanche me rappela à l'ordre et je pris sur moi pour ne pas me dégager brusquement de mon petit copain et surtout pour ne pas sauter à la gueule de ce connard de Blake. Il mériterait tous que je leur foute un poing dans la gueule pour qu'ils se la ferment.
- Hé Hulk, il serait temps d'y aller.
Détournant mon attention de ce bâtard, je la reportai sur mon petit ami. C'était franchement bizarre d'appeler son meilleur ami ainsi, vraiment trop pour moi.
En réponse, je me contentais de grogner en le fusillant du regard. Il n'avait pas spécialement fait quelque chose qui me foutait en rogne mais toutes ces félicitations en plus de son rapprochement dont il a fait preuve devant eux me faisaient perdre les pédales.
Enfin, il finit par me lâcher. J'eus tout le malheur du monde à ne pas m'écarter brusquement de mon meilleur ami, tellement le dégoût de cette situation était puissant. Je me sentais mal à l'aise, dégoûté par toute cette mise en scène complètement stupide. Mais le poids des jugements me déstabilisait tout autant, voir plus si cela était possible. Alors je devais faire de mon mieux et paraître le plus naturel possible, à mon plus grand désarroi.
Alors prenant l'initiative, passant outre le dégoût qui me submergeait, j'attrapai la main un peu plus petite de Lucas entre la mienne et sans un mot, nous dirigeai vers la voiture de mon petit copain. A peine arrivés devant celle-ci, je m'empressai de relâcher sa main devenue moite pour m'asseoir sur mon siège. Portière fermée, barrage émis entre moi et les rumeurs, je soupirai vivement de soulagement, enfin libéré du poids de leur regard et surtout de ce dégoût qui m'oppressait la poitrine.
- Tu gères ?, me questionna doucement mon meilleur ami.
- Pas du tout, avouai-je.
Il rit, mais je le savais : lui comme moi étions nerveux, déstabilisés, envahis par la honte à cette manigance. De simples mouvements, des habitudes pourtant tellement adorables pour certaines personnes nous dégoûtaient au point que notre relation en pâtissait, devenait gênante. Entre nous, je le sentais, un mur de brique s'était construit dès le début de ce foutu plan qui puait clairement la merde à des kilomètres. Oui, nous n'avions pas le choix pour arrêter ces fichues rumeurs mais ça n'en laissait pas moins des traces sur notre relation.
- C'est la merde, marmonnais-je.
- On peut y arriver. C'est déjà bien, on est passé de trois mois à moins de deux mois.
Essayant vainement de me remonter le moral, à moi autant qu'à lui, Lucas afficha un pauvre sourire désolé auquel je ne pus que grommeler. Dans quoi nous étions-nous encore embarqués ?
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Powerless
RomanceL'amour, vous devez connaître. Vous savez, ce sentiment libérateur qui nous prend au ventre, ce sentiment qui nous fait ressentir ces papillons ? Ces frissons qui nous dévalent l'échine, parcourent notre peau, bouffent nos pensées jusqu'à ce qu'il n...
