¤ Only you – The Score ¤
Le silence planait autour de nous. Il était pesant, telle une chape de plomb détruisant les os de notre corps parce que trop lourd à supporter. Mais ce que j'avais le plus de mal à supporter était sa respiration lente, ses yeux fermés, des rides prononcées au coin des yeux, sa bouché pincée, ses doigts crispés sur mon T-shirt. Je voulais tellement le décharger de cette impuissance qui semblait peser sur ses épaules mais il semblait perdu dans son mutisme. Je ne savais pas quoi faire et c'était ça qui m'énervait le plus.
Soupirant, je finis par remonter ma main qui était posée négligemment sur son dos pour la passer dans ses cheveux sombres. Laissant échapper un soupir, ses doigts se détendirent lentement sur mon T-shirt. Sa tête posée contre mon épaule, il la bougea doucement pour placer son nez dans mon cou. Merde, j'en avais marre de ses foutus frissons qui me parcouraient la peau ! Mais cela ne semblait pas le déranger outre-mesure et il ne fit aucune remarque.
Passant mes doigts dans ses cheveux, je le vis petit à petit se détendre contre moi, inspirant parfois à grande goulée. C'était pas un chien que je sache !
- Inspire... Shakespeare...
Mon but était atteint : pouffant doucement, il se détendit un peu plus contre moi, laissant même courir ses doigts sur mon ventre. Bon sang, ne me pousse pas à bout Terminator !
- Tu te sens mieux ?, lui chuchotai-je.
Je n'eus droit qu'à un acquiescement. Ça me suffisait à vrai dire. Hulk n'était pas un grand bavard et plus le paroles étaient courtes, mieux il se portait. A vrai dire, plus il parlait, plus il fallait s'inquiéter de son état.
Il avait beau dire, beau faire, je le connaissais mieux que personne. Il était certes distant, froid, sombre dans sa façon d'être mais au fond, je savais qu'il cachait plus de choses qu'on ne pourrait le penser. Je savais qu'en face de quelqu'un, il était distant, impassible, peu importe ce qu'on pourrait lui dire. Il ne laissera aucune émotion le trahir et sera aussi émotif qu'un rocher. Il préférait s'éloigner du reste du monde, s'isoler là où personne ne pourra le voir s'effondrer. Et éloigner du reste du monde, il laissait échapper ses larmes sans jamais qu'on ne connaisse la peine qui le rongeait. Mais moi, je le savais. Il aurait beau faire, je le connaissais et savais quand un trop plein était prêt à déborder. Et il avait appris par non plus rester seul mais à partager ses souffrances avec moi. Parfois, il arrivait qu'il en parle à Blake mais, il se tournait toujours vers moi. J'étais sa bouée quand lui n'était pas la mienne.
Zea était un mec dur, distant et froid envers tout et tout le monde. Mais à l'intérieur de ce bloc de pierre se cachait tellement de sentiment et d'insécurité qu'il cachait aux vues de tous... Nous n'étions que peu à le connaître réellement sous cet angle. Et à cet instant, tous ses doutes et inquiétudes ressortaient.
- Explique moi, Hulk.
Le sentant se crisper, je continuais à passer ma main entre ses mèches sombres, glissant parfois mes doigts dans la peau de son cou jusqu'à ses épaules. J'avouai me régaler des frissons qui en résultaient.
- Sacha est venue me voir.
Ma mâchoire se contracta et ma main libre se transforma en un poing. Mais j'essayais tant bien que mal de me détendre et lui enjoignais à poursuivre.
- Elle est venue me voir et m'a fait écouter un audio.
Merde. Par le ton désespéré que prenait Zea, cet audio semblait être la destruction de notre couple.
- Dedans, on nous entendait parler de nous Lucas. On nous entendait dire que nous n'étions pas un vrai couple.
Putain de bordel de merde. Putain ! Mais elle a pas fini de nous faire la misère ? Pourquoi elle nous faisait ça ? Qu'est-ce que ça lui rapportait qu'on sorte ensemble ou pas ? Rien que je sache. Alors pourquoi elle venait foutre son nez dans des affaires qui ne la concernait pas ?!
- Et...
Quoi ? En plus de ça, ce n'était pas fini ?
Mes muscles étaient tendus à l'extrême, comme si j'étais prêt à en venir au poing. Ma main s'était figée dans ses cheveux et lui se cachait le plus possible dans mon cou, sa respiration s'échouant sur la peau sensible de cet endroit. Pour autant, j'étais comme hors du temps, insensible à ce qui me donnait il y a seulement quelques minutes des frissons jusqu'aux orteils.
- Et elle voulait que toi et moi, on rompe pour qu'elle puisse sortir avec toi.
Crotte de biquette.
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Powerless
RomanceL'amour, vous devez connaître. Vous savez, ce sentiment libérateur qui nous prend au ventre, ce sentiment qui nous fait ressentir ces papillons ? Ces frissons qui nous dévalent l'échine, parcourent notre peau, bouffent nos pensées jusqu'à ce qu'il n...
