¤ My Demons - Starset ¤
Zea
Je m'en souvenais. Ouais, je m'en souvenais. Putain, comment je pourrais oublier cette bombe ?
Il avait dit avoir aimé ce « presque baiser ».
OK, il ne l'avait pas dit exactement comme ça, mais c'était du pareil au même !
Et moi, j'étais censé réagir comment ?
Couché dans le lit à Lucas, enfin maintenant devenu notre lit, je lui tournais le dos, ne pouvant m'y résoudre. Il avait aimé ce « presque baiser ». Il l'avait aimé. Et moi, dans tout ça ?
Qu'est-ce que j'en avais pensé ?
Oui, j'avais été en colère et étais parti oublier mes foutus problèmes dans l'alcool comme un poivrot l'aurait fait. Bon sang, j'étais arrivé complètement pété à l'apart' au point que j'avais failli nous faire repérer.
Grommelant contre le sommeil qui me filait entre les doigts, je gesticulais, me fichant bien de réveiller Lucas. Puis, comme un électro-choc, je me figeai.
Comment en étions-nous arrivés là ?
Le pincement brutal qui me comprima la poitrine me coupa le souffle. Comme un flux sanguin, les souvenirs de toute notre enfance me frappèrent de plein fouet, me percutèrent et me furent grogner de mépris.
Le mépris de moi-même, le mépris contre cette idée stupide qu'était ce plan à la con, le mépris contre Lucas de ne pas avoir trouvé quelque chose nous permettant de nous sortir de cette impasse.
Il avait toujours été la tête pensante, moi, la brute musclée. Lucas n'était pas en reste niveau muscles mais je l'avais toujours surpassé sur ce point là.
Repoussant les couettes, je me relevais en m'asseyant contre le matelas. Passant mes mains sur mon visage tiré par les cernes, je grognai de douleur à la percussion que semblait jouer mon cœur dans mes tempes.
La joie du lendemain d'une beuverie.
Et rien que cette pensée me ramena à Lucas, allongé juste derrière moi, plongé dans le sommeil.
Nos soirées passés tous les deux à boire bières après bières. Nos soirées où l'on passait la fête dans un lit d'une fille à la silhouette en plastique. Nos soirées que l'on passait à se soutenir l'un l'autre quand l'un de nous deux avait trop bu pour ne tenir que debout. Je souris en repensant à la claque monumentale que c'était pris Lucas après avoir couché avec une meuf pour repartir dans la minute qui suivait dans le lit d'une autre.
Soupirant de lassitude en repensant à tout ce qui s'était passé entre temps, le pincement qui me comprima la poitrine me fit comprendre à quel point nous nous étions éloignés en seulement deux jours. Deux putains de jours qu'il a fallu pour que l'on finisse par nous embrasser – ou presque – et nous éloigner au point de non-retour.
J'étais à bout de toute cette merde qui nous entourait, de toute cette agitation qui régnait entre et autour de nous.
Sentant du mouvement dans mon dos, je me surpris avec colère et douleur à me tendre en espérant qu'il reste endormi. D'ailleurs, pourquoi restai-je dans le lit au lieu de me casser en courant ?
Cependant, un grognement résonna dans mon dos avant qu'un bras puissant s'enroule autour de ma taille. Je me figeai immédiatement à ce contact avant de vouloir me frapper moi-même face à ce comportement.
Avant, les contacts que nous échangions tous les deux me semblaient totalement naturel. Maintenant, chaque gestes ou même micros effleurements me semblaient suspects et déplacés.
- Salut Hulk, marmonna mon petit copain.
Je faillis me détacher violemment de lui pour lui hurler de ne plus me toucher.
Putain, je me trouvais minable.
En réponse, je grognai. Il rit doucement, se releva, se pencha, sa chaleur corporelle effleurant ma peau. Son souffle se faisait sentir délicatement contre mon épaule. Figé, je n'osais plus esquisser aucun mouvements. J'étais comme paralysé et Lucas, me connaissant mieux que quiconque, sembla le remarquer.
- B'alors ? T'as l'air tout crispé...
Le chatouillement de son souffle contre ma clavicule cessa et je faillis laisser échapper un soupir de soulagement avant de finalement me rétracter.
Ses lèvres, aussi légères que des plumes, effleurèrent sensuellement mon épaule en une caresse d'une douceur incomparable. Et contre toute attente, à mon plus grand désespoir, mon corps se détendit tout contre son torse avant que je me laisse complètement tomber sur sa poitrine musclée.
Ses lèvres quittèrent mon épaule pour continuer leur course jusque dans mon cou. Sans réfléchir, comme un instinct, une habitude, ma main s'agrippa d'elle-même à la nuque de mon petit copain.
Des frissons dévalèrent ma colonne vertébrale et la question fusa dans mon esprit : était-ce de plaisir ou de dégoût ?
Pourtant, balayée par les lèvres suaves et sensuelles de mon compagnon, je me laissais complètement allé contre lui.
Et lui, n'hésita pas une seule seconde.
Agrippant mon torse entre ses bras, sa chaleur m'entoura comme un cocon et je me dégoûtais de me blottir contre lui comme un chaton en manque d'amour.
- Mmmh, Zea, ce que t'es bandant...
Mon corps se délecta de ses paroles.
Mon esprit se tendit et se brisa.
Que se passait-il bon sang ?
Avec horreur, je sentis mon caleçon se tendre.
Avec dégoût, la main de Lucas se détacha de mes pectoraux pour descendre plus bas, toujours plus bas. Jusqu'à effleurer cette partie de moi si tendue par de simples baisers légers et caresses mineures.
Avec délectation, je me cambrai dans sa main et gémis de plaisir.
De plaisir, putain !
Et je me réveillai, le souffle haletant, la queue au garde à vous, les bras agrippés comme à une bouée en pleine mer à mon meilleur ami.
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Powerless
RomanceL'amour, vous devez connaître. Vous savez, ce sentiment libérateur qui nous prend au ventre, ce sentiment qui nous fait ressentir ces papillons ? Ces frissons qui nous dévalent l'échine, parcourent notre peau, bouffent nos pensées jusqu'à ce qu'il n...
