Zea
- Bordel de merde, il est beaucoup trop lourd.
Grommelant dans sa barbe, Ophélie tenta de soutenir Lucas qui se maintenait tant bien que mal sur ses deux pieds. Un sourire niais collé au visage, il semblait vivre la meilleure nuit de sa vie quand nous savions tous très bien que tout ce qu'il allait faire c'était vomir tripes et boyaux jusqu'à en perdre du poids.
Je la rejoignis et passai le bras qu'elle maintenait sur mes épaules pour le diriger vers le canapé. Il gesticula, tenta de s'arracher de ma prise.
- Nan, j'veux paaaaaas ! J'veux aller dans m'lit.
Je grognai et le portai jusque sur le canapé sur lequel je le jetai. Il tenta de se lever mais je le repoussai en grognant :
- Tu bouges de là et je te cogne, c'est clair ?
- Oui mon capitaine !
Et il rit, amena la bouteille à sa bouche et but une longue rasade. Bordel, il était une épave et cela depuis plusieurs jours.
- Il était où cette fois ?
- Le même que la dernière fois, soupira Blake.
- J'en ai plus rien à foutre !
Et sur ce cri plein de révolution, il amena la bouteille à sa bouche et la finit à grande gorgée comme s'il s'agissait d'eau dans un désert. Il finit par s'assoupir sur le canapé, à moitié dessus et à moitié par-terre. La bouteille tomba de ses mains et tinta sur le sol pour rouler et buter contre le meuble télé. Je soupirai. Je sentais que cette nuit allait bien finir.
- Ouh là, encore un qui s'est fait plaisir dans un night club.
Merci Trevor mais je n'étais pas d'humeur à supporter tes remarques sarcastiques. Je ne fis que grogner.
- C'est la troisième fois cette semaine ! J'en ai ma claque de le ramasser à chaque fois, s'énervait Ophélie.
Je soupirai, observant mon meilleur ami comater sur le canapé comme s'il venait de s'endormir pour une nuit réparatrice dans son lit.
Ophélie soupira, se leva et alla chercher la bassine que nous avions finalement laissé dans l'évier. Elle revenait toujours entre nos mains en ce moment, nous ne voyions pas pourquoi nous aurions dû la ranger pour la ressortir la nuit d'après. Elle jeta la bassine par-dessus le canapé qui fit un bruit à réveiller les morts. Cependant, Lucas était bien trop mort pour même entendre le moindre murmure de basse même si elle devait se tenir juste à côté de son oreille. Il grogna seulement, roula mais échoua : il ne réussit qu'à s'effondrer lamentablement sur le carrelage sans même qu'il n'ouvre un œil. J'allais pour l'aider et le remettre sur le canapé mais Trevor m'arrêta :
- Laisse-le là. Qu'il comprenne à son réveil à quel point il devient minable.
Je grimaçai. C'était d'une franchise douloureuse et j'étais à peu près sûr que si Lucas avait entendu ça, il aurait rajouté son grain de sel. Mais il n'était pas là, perdu entre le monde brumeux de l'alcool et celui du sommeil.
Alors je me reculais à nouveau et m'installai dans le canapé face à la télé. Les bras croisés sur ma poitrine et les jambe tendues devant moi, j'attendais le retour d'Ophélie qui était partie cherchée des serviettes. Elle savait maintenant quels étaient les indispensables pour une soirée comme celle qui nous attendait. Quand elle revint avec les serviettes éponges et des lingettes nettoyantes, elle s'affala sur le canapé à mes côtés et alluma la télé. Trevor s'allongea au-dessus de Lucas dans le canapé et Blake prit place dans le fauteuil. Nous savions tous ici que c'était Ophélie qui ferait le tout et qui s'occuperait de ce pochtron endormi à même le sol mais nous n'allions aucunement l'abandonner. Elle était celle qui mettait toujours la main à la pâte et qui n'avait jamais peur de faire face aux dégobillements intempestifs quand nous n'étions que capable de grimacer. Évidemment, recevoir des gerbes de vomi sur l'avant-bras parce qu'il n'avait pas su viser n'était pas quelque chose qu'elle recherchait mais quand nous ne faisions que gémir de dégoût face à cet alcoolique de première, elle gérait de A à Z.
VOUS LISEZ
Powerless
RomanceL'amour, vous devez connaître. Vous savez, ce sentiment libérateur qui nous prend au ventre, ce sentiment qui nous fait ressentir ces papillons ? Ces frissons qui nous dévalent l'échine, parcourent notre peau, bouffent nos pensées jusqu'à ce qu'il n...
