58 : Violence recherchée

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Allongé sur mon lit, je préférais observer le plafond et me laisser bouffer par les remords. Le corps de Sacha m'avait appelé comme le chant d'une sirène sur un marin et je n'avais pas su y résister. J'avais cru naïvement que je m'étais passé de cette lubie de vouloir coucher avec notre ennemie mais je m'étais apparemment menti autant à moi-même qu'à mes amis. Je pensais être passé à autre chose ; je me fourvoyais. Il avait fallu d'un déhanché un peu trop insistant et il en avait été fini de moi. J'avais été faible et encore une fois je m'étais fait avoir et bien comme il le fallait. J'en payais maintenant le prix et il était salé.

- Il est où votre enfoiré de mes deux de coloc' ?

Voilà quelle était ma punition. La rage dévastatrice de ma meilleure amie balayait tout sur son passage : les rires qui provenaient du salon s'arrêtèrent brutalement et le tintement des bières que l'on posait sur la table du salon retentirent.

- Dès qu'il est arrivé, il s'est enfui dans sa chambre. Il n'a pas voulu nous parler, il s'est passé quoi exactement ?, demanda Clément.

La dispute avait dû faire le tour du lycée mais comme d'habitude, le blond de la bande était toujours au courant de ce qu'il se passait au dernier moment. Ça se raccordait sûrement au fait qu'il faisait tout au dernier moment là aussi...

- Il se trouve que la sous-merde qu'est votre coloc à deux-trois trucs à me raconter.

- Si c'est pour que tu finisses par utiliser les insultes avec autant de rage, je ne préfère pas m'interposer. Tu sais où se trouve sa chambre, la dirigea Demon.

Le grand roux sportif incapable de résister aux charmes de ma meilleure amie devenait toujours tout gentil et mignonnet face à elle. Il fondait comme neige au soleil et je voyais de ma chambre son sourire de benêt. J'en avais d'ailleurs parlé avec lui en le prévenant qu'il était hors de question qu'il la touche de quelque manière que ce soit. Je me souvenais parfaitement de son sourire arrogant et de son allure sûr de lui, prêt à conquérir le monde :

- A vrai dire, je n'en avais pas l'intention jusque-là. Mais là, tu me tentes beaucoup...

Il avait croisé les bras sur son torse en me narguant de son mètre 90 en rajoutant :

- Tant qu'elle ne me demande rien, je ne tenterai rien. Cela dit, si elle est ouverte à un quelconque flirt, je ne te promets rien mon pote...

J'avais vu rouge et m'étais jeté sur lui. En aucun cas on avait le droit de traiter ma meilleure amie ainsi ni de la toucher. Elle était trop fragile pour que je ne m'interpose pas entre lui et son penchant prononcer pour les parties de baise d'un soir quand elle, préférait rêver de l'amour de sa vie avec pleins de papillons. Ça me faisait toujours rire mais s'il osait poser ses sales pattes sur le corps d'Ophélie, je ne donnais plus très cher de sa vie.

J'étais un boxeur qui passait tout son temps libre devant un sac de frappe. Mais Demon était le démon du terrain de football. Il percutait, défonçait les lignes ennemis comme si ce n'avait été que du beurre et ratatinait le moindre malheureux qui aurait le courage de s'interposer entre lui et son mètre 90 de muscle pur taillé dans de la pierre et le but. Il savait donner de bonne droite et s'en manger une était aussi agréable que frôler le goudron lancé à pleine vitesse.

Mon meilleur ami était comparable à son allure de mastodonte. On me demandait d'ailleurs souvent d'où il tenait son allure gigantesque et musculeuse mais c'était seulement parce que peu de gens le remarquait. Il était lui aussi dans l'équipe de football du lycée et était généralement là pour épauler Demon. Tous les deux étaient la terreur du camp adversaire car ils savaient qu'ils finiraient avec des blessés dans leur camp. Non pas parce qu'ils cherchaient tous les deux à vraiment blesser mais seulement parce que ces deux monstres étaient deux mecs montés sur la force brute. Ils ne savaient pas contrôler leur force et une fois avec le ballon entre les mains, ils s'élançaient sans même remarquer qui pourrait se trouver sur leur chemin.

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