32 : Je voudrais... LA PAIX PEUT-ÊTRE ?!

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¤ Shawn Mendes – Stitches ¤

Zea

La colère bouillonnait dans mes veines comme de l'huile sur le feu.

J'avais l'impression d'étouffer, la respiration hachée par une chape de plomb qui m'obstruait les voies respiratoires.

Je devrais songer à devenir poète. Peut-être que Lucas pourrait en faire une chanson. Je lui donnerais les paroles et lui il chanterait avec sa magnifique voix rauque et envoûtante qui...

Putain ! Chaque pensées me ramenaient à lui, toujours et encore droit vers sa plastique de mannequin.

Je vais m'arracher les cheveux.

Inspirant un bon coup, je m'effondrai sur notre lit et enfonçai mes écouteurs dans mes oreilles en mettant en route la playlist qu'il m'avait spécialement créé.

Sa voix mélodieuse et rauque à souhait me calmait d'une manière qui me hérisserait les poils dans une autre situation.

Merde, pourquoi il y avait que lui qui me faisait cet effet ?

En fait, ça me gonflait. Ce mec avait une voix d'ange, avait une plastique à faire baver, un caractère bien à lui. Il était un battant. Il avait tout du mec parfait. Et il était mon meilleur ami.

L'était-il encore ?

Quel con ! Bien sûr que oui !

N'est-ce pas ?

Grognant, je fermai les yeux, cherchant désespérément à avoir une échappatoire à tous ces souvenirs qui remontaient à la surface. J'avais bu comme un trou. Avais enfilé les verres comme c'était pas permis. Avais vomi tripes et boyaux dans les chiottes. Avais perdu un peu de mon amour-propre entre-temps.

Mais rien à faire. J'avais beau avoir voulu noyer ce flux constant de souvenirs trop prenants, ils revenaient sans cesse, venant perturber ma nuit et mes pensées.

Je me voyais encore accoudé au bar, sifflant la barmaid pour qu'elle me prépare mes verres en échange de tunes. Elle a dû me prendre en pitié parce qu'avant que je ne le comprenne, elle me refilait mes verres gratos. J'avais pas craché dedans cela dit.

Je me souvenais encore des jurons qui m'échappaient, à la limite d'un cri. Ils m'encombraient l'esprit et j'avais beau me noyer dans mes verres, chaque souvenirs se ramenaient pour se frotter à ma colère et l'animer un peu plus. Chaque soupirs, chaque gémissements passaient encore et encore sous mes paupières sans que mes jurons ne les arrêtent.

Bordel de merde !

Chaque secondes étaient gravées au fer rouge. Ses baisers. Les frissons qui me parcouraient que ce soit à cause de son touché bouillonnant ou de ses baisers fiévreux. Sa langue jouant avec la mienne dans un balai de dominance. Nos dents qui s'entrechoquaient sans qu'aucun de nous deux ne s'en préoccupe. Ses mains qui, au départ, restaient sages pour finir par se faire baladeuses. Le plaisir plus qu'intense qui grossissait de plus en plus dans mon bas-ventre. Cette même boule alimentée par ses gémissements et frissons que je lui procurais par mon touché. Sa bouche si enivrante et sensuelle. Cette bouche si sucrée par les boissons. Cette bouche qui me procurait mille et un frissons. Ces mêmes frissons qui me déchiraient la peau. Cette brûlure qui me déchirait les entrailles à chaque effleurements. Ses yeux noisettes qui me maintenaient hors d'haleine. Ses mouvements de hanche si sensuels que lui seul semblait savoir faire. Son audace à se défaire d'une jolie brune au corps alléchant pour se tourner sans hésiter vers le mien. Ses yeux vitreux appels aux plus grands des péchés. Son mouvement de balancier qui m'obligeait à me coller à lui. Ses baisers si addictifs.

Sa putain de queue tendue droit vers la mienne !

Merde et re-merde !

- Va te faire foutre !

Ma respiration était haletante, exacte à celle que j'avais durant ses baisers. Mon cœur battait la chamade, pareil à quand il m'offrait mille et une caresses. L'adrénaline courait dans mes veines, image à celle qui envahissait mon corps au touché de sa langue contre la mienne.

Bon sang, je n'y arriverais jamais.

Calant ma respiration sur la mélodie de sa guitare, je me concentrai comme je pus sur sa voix rauque et si singulière.

Pas si difficile en fait.

Elle me transportait dans un ailleurs intouchable comme nul autre n'avait su le faire avant.

- Zea ?

La petite tête blonde de Trevor passa à travers l'embrasure de la porte et j'inspirai un grand coup pour ne pas lui lancer un truc à la figure.

Ne pouvait-on pas s'énerver en paix sans que quelqu'un vienne nous déranger ?

- Quoi ?, grommelai-je dans l'oreiller de Lucas.

Je ne savais même pas pourquoi j'enserrais son oreiller entre mes bras. Ni pourquoi j'avais le nez coller dessus. Je ne me comprenais plus.

Mais son odeur était si rassurante et familière qu'elle me donnait comme un semblant de stabilité dans ces pensées éparses qui me percutaient le cerveau à coup de bâton.

- Attends... Tu fous quoi ici ?, me demandai-je soudainement.

Trevor était le seul de nous cinq à ne pas vivre en coloc et à rester chez ses parents. Des fois, il n'était pas si bête qu'il n'en avait l'air.

- Je me suis dit « et si j'allais retrouver Zea le grincheux pour qu'on puisse se faire un atelier pâte à sel avec les gars de la coloc ?! », sourit-il comme si c'était évident.

En automatisme, je levai les yeux au ciel.

Bah oui que ça l'était, tout le monde avait ce genre d'idée, c'était bien connu.

Le voyant tout souriant avec son immense sourire de gamin, je me redressai d'un seul coup, quittant presque à regret le confort de son oreiller avec son odeur si rassurante, pour l'interroger.

- Attends, t'es sérieux ?

- Bah évidemment !

Se détournant de la vision pitoyable que je devais donner, il hurla à travers l'appart' :

- Les gars, qui pour un atelier pâte à sel ?!

- Moi !, hurlèrent tous ces bouffons à l'unisson.

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