22 : Amoureux ? Bah ouais, de mon lit.

2.1K 155 37
                                        

¤ Dua Lipa - Hotter than hell ¤

- De quoi tu parles ?

Fronçant les sourcils avec une moue désabusée, j'essayais de faire de mon mieux pour oublier la poigne soudainement bien plus serrée qu'avait mon copain autour de ma taille.

- Je ne suis pas stupide, les gars. J'ai bien remarqué que tout était faux.

- Qu'est-ce t'veux, Sacha ? s'impatienta Zea.

Relevant le regard vers Terminator, j'eus soudainement la meilleure idée de ma vie. Pitié qu'il comprenne et ne fasse pas tout capoter...

- Mais qu'est-ce que tu racontes, encore ?, interrogeai-je Hulk.

- Elle est jalouse de ne pas t'avoir eu dans son lit, c'est tout, maugréa-t-il, désintéressé.

Un seul regard avait suffit pour qu'il comprenne. Un seul et tout était redevenu comme avant toute cette mascarade.

- Quoi ? Tu déconnes là, Zea !

- J'ai l'air de plaisanter, Barbie ?

Affichant un sourire tout sauf amical, il lui fit bien comprendre que sa tentative de nous faire tomber de notre trône de mensonges avait été une cause perdue. Et souriant à mon tour, je dévisageai mon meilleur ami avec fierté. Il m'étonnerait toujours et savoir que, malgré ce mur qui s'était dressé entre nous à cause de ce plan merdique, notre relation était toujours aussi fusionnelle au point que nous nous comprenions d'un simple regard me comblait de bonheur. Rien était perdu et je ne perdais pas espoir que, finalement, nous puissions retrouver cette amitié d'avant. Non, je ne perdais pas espoir.

Retrouvant l'instant présent au paroles de Sacha, je ne lâchais toujours pas mon meilleur du regard, le laissant gérer et me mener vers le haut pour une pause que j'avais de plus en plus besoin. J'avais besoin de respirer de nouveau et il semblait l'avoir comprit. Encore et toujours, un seul regard nous suffisant.

Le poids des chuchotements se faisait de plus en plus lourd et j'avais depuis longtemps laisser tomber l'idée de remonter à la surface pour reprendre ma respiration. Je me noyais, rapidement, sans que je ne tente rien pour revenir. Mais je n'étais pas seul et malgré que cette mer de jugements nous englobait de plus en plus comme un poids accroché à nos chevilles, Zea me permettait de sourire pour les petits moments de réconforts qu'il m'apportait. Il était un moment de pause pendant laquelle je reprenais mon souffle, reprenais le courage suffisant pour pouvoir une fois de plus plongé dans cette mer gluante et noirâtre, sombre de paroles qui homophobes, qui moqueuses.

- Moi et Chat sommes en couples, Sacha. Maintenant casse-toi et lâche-nous la grappe, merci. Et profites en pour en parler à Carter en même temps, qu'il nous laisse un peu en paix, trancha-t-il.

Je souris de sa répartie, pas plus gêné que je ne l'aurais dû à ce surnom. Qui me plaisait de plus en plus, à vrai dire. Inspirant à plein poumons pour reprendre mon souffle, un sourire en coin effleura mes lèvres à l'odeur légère et masculine que dégageait mon meilleur ami. J'aimais de plus en plus cette odeur et cela me faisait peur. Horriblement peur pour la suite. Mais je faisais comme je l'avais toujours fait : je ne me souciais pas de la suite, ne me concentrais que sur le présent. J'étais en train de m'envoler, prenais mon envol vers le soleil tel Icare mais comme lui, je le savais pertinemment, mes ailes brûleront et, finalement, je me retrouverais face contre terre, le cœur en miette, l'esprit sûrement tout aussi fissuré qu'il le serait probablement. De plus en plus vite, de plus en haut, je m'envolais et prenais peur mais les émotions que je ressentais en sa présence occultaient le tout et obscurcissaient tous mes doutes. Et, pour le moment, ça me convenait parfaitement.

PowerlessDes histoires addictives. Découvrez maintenant