18 : Hulk, hein ? Bah, pour toi, ce sera « Chat »

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¤ "Paralyzed" - Against The Current ¤

Je frissonnai ; me recroquevillai ; m'enroulai dans mes couvertures ; me paralysais. J'étais seul dans notre lit. Sa place était froide et j'eus l'impression qu'il n'avait pas dormi ici. Fermant les yeux au pincement de douleur qui me prit au cœur, je pris une profonde inspiration avant de m'asseoir dans mon lit. Habillé seulement d'un caleçon, le froid me frappa de plein fouet et je frissonnais.

Nous étions vendredi.

D'habitude, à cette pensée, un soudain regain d'énergie montait et me faisait sourire comme un idiot. Pas aujourd'hui. De plus en plus, nous nous éloignions, nous repoussant au point que nous n'étions plus que de simples connaissances.

Me prenant la tête entre mes mains, je fourrageai dans mes cheveux, cherchant à savoir si nous pourrions nous en sortir sans séquelles à la fin de cette pseudo histoire de couple. Peine perdue, me hurlait mon cœur déjà épris de la peur. Mon âme pleurait de la perte de sa moitié fraternelle, pleurait de ne plus avoir son confident, de ne plus se reposer sur une épaule sur laquelle baver après une beuverie.

Dans un craquement pas du tout silencieux bien qu'à sa tête, il l'avait voulu, Zea sortit de la salle de bain, les cheveux en bataille et des gouttes perlant sur le haut de ses épaules et roulant sur son torse musclé et noirci d'encre, telle des perles léchant sa peau avec délice. Les fixant avec une envie inconnue, je sursautai presque en entendant Treminator se racler la gorge.

- Salut Hulk, maugréai-je avec une brutale envie de me frapper la tête contre le mur.

Grognant comme à son habitude, il se détacha du seuil de la porte pour aller vers sa commode et attraper des vêtements. Seulement vêtu d'une serviette brune tombant bas sur ses hanches, il exhibait fièrement les tatouages qui recouvraient presque la totalité de son buste que je connaissais presque par coeur.

- Habille toi, je t'emmène quelque part.

Haussant un sourcil désabusé, je lui offris un sourire moqueur en répliquant :

- C'est très gentil de ta part mais nous avons cours aujourd'hui.

Se détournant de sa commode qu'il prenait grand soin de regarder avec insistance comme si elle avait pu receler tous les secrets de l'univers, il finit par enfin me regarder. Ses yeux sombres m'auscultèrent de haut en bas, pour enfin revenir sur mes yeux. Et alors qu'avant, soutenir le regard l'un de l'autre aurait été un jeu entre nous, une sorte de défi, nous détournâmes le regard presque dans la seconde tous les deux, gênés de la situation.

- On a qu'à sécher.

- Ce serait trop beau, soupirai-je.

- Oh, je t'en prie, ne me dis pas que t'as pas envie de te casser de ce bahut juste pour arrêter d'avoir leurs putains de jugements sur le dos.

Relevant brusquement le regard vers lui par la véhémence qui dégoulinait de ses paroles, je fus surpris par la détermination brillante dans son regard charbon. Il semblait prêt à se casser pour ne plus à subir ce poids et je lui en étais reconnaissant de prendre les choses en main alors que je l'avais toujours fait. Affichant un sourire mélancolique aux souvenirs que cette pensée avait amené, je tombais en arrière sur le lit, un bras en travers des yeux.

- Ça me soûle autant que toi, Terminator. Mais...

- Putain, Lucas, combien de fois je vais te dire d'arrêter de m'appeler comme ça ?!, vociféra-t-il.

Amusé, je souris sans qu'il ne le voit et enchaînais sans prêter la moindre attention à ce qu'il venait de dire.

- Mais on ne peut pas se permettre d'encore sécher. Demain, si tu veux, nous irons nous balader. Comme tu veux, où tu veux. Mais aujourd'hui, pour la dernière fois de la semaine, on va devoir supporter encore un petit peu l'attention de tout le monde.

Grommelant injures sur injures envers le le monde entier, il finit par me cracher à la figure :

- Tu me soûles quand t'as raison, Chat.

M'étouffant avec ma salive, je me relevais brusquement en position assise en toussant violemment. Calmé de ma toux soudaine, je relevais des yeux écarquillés vers mon meilleur ami qui affichait un sourire vainqueur.

- Puisque tu semble vouloir garder tes surnoms stupides, je vais t'en donner aussi. Ne t'en fais pas, tu les apprécieras.

Et ce connard qui m'offrait un clin d'œil amusé et joueur pour se foutre de ma gueule. 

PowerlessDes histoires addictives. Découvrez maintenant