¤ The Score – Revolution ¤
- Hey !, me sourit mon amie.
Lui souriant doucement, je passai le pas de sa porte, cherchant à cacher ma morosité. Malheureusement, Ophélie me connaissait presque mieux que moi-même et elle vit tout de suite que quelque chose n'allait pas.
- Va t'asseoir dans le canap', je te rejoins d'ici deux minutes.
J'acquiesçai, me dirigeant vers son canapé, le regard et l'esprit ailleurs. A vrai dire, j'étais toujours à la soirée d'hier avec mon meilleur ami, ses mains se baladant sur mon corps, ces frissons qui me parcouraient à son touché, ses baisers si intenses et enflammant.
Putain ! Je n'arriverais jamais à me débarrasser de ses pensées beaucoup trop intrusives. Étouffant une flopée de jurons dans le coussin de son canapé, j'essayais tant bien que mal de penser à autre chose. Alors, à court d'échappatoires, je m'essayais à retrouver les souvenirs que je pouvais avoir avec cette belle rousse avec qui j'avais passé la nuit. Ses courbes alléchantes, ses hanches voluptueuses, pas comme lui, ses traits poupins, contrairement à lui, ses tâches de rousseurs, que lui n'avait pas, ses mains fines et délicates, les exactes opposées aux siennes grandes, calleuses et pourtant douces, sa peau laiteuse, un peu comme la sienne, peut-être plus foncée que celle de la jolie rousse, son ventre plat, ses abdos si dessinés, ses tatouages si attirants...
- Bordel de merde !, m'emportai-je en jetant mon coussin que je serrais entre mes poings.
Le balançant de toutes mes forces contre la bibliothèques sur le mur en face, j'agrippai férocement mes cheveux entre mes poings. La frustration en plus de la colère se mélangeaient dans mes veines, me donnant l'envie incontrôlable de frapper dans quelque chose.
Bon sang, calme toi Lucas.
- Tu te décides à bouger ou pas ?
Sursautant, je remarquai qu'Ophélie avait enfilé un legging noir moulant – je risquai de surveiller pas mal de mecs avec ça – ainsi qu'un tee-shirt près du corps, une veste de sport accompagnant le tout. Les cheveux relevés et les chaussures de sport lassées aux pieds, elle était prête à courir des kilomètres, son brassard fixé au bras avec son téléphone déjà mis à l'intérieur.
Elle me connaissait trop bien. Avant même que moi je m'en rende compte, elle avait deviné que j'aurais besoin de me défouler et s'était changée en conséquences. Elle me comprenait finalement mieux que moi-même.
¤¤¤
Je nageais dans ma transpiration mais je ne voulais pas m'arrêter. Dans mes oreilles, une musique résonnait en fond sonore, rythmant mes coups plus féroces à chaque minutes qui passaient. Me calant au rythme des basses, j'enchaînais les coups de poings dans un sac de frappe depuis un bon moment. Je ne savais pas exactement depuis combien de temps mais assez pour que je finisse par enfin me sortir mes pensées... dangereuses.
Derrière moi, les pensées concentrées sur ses foulées régulières, Ophélie ne faisait même pas attention à tous ces chiens en chaleur qui louchaient sur son postérieur.
- Si tu continues à loucher sur elle comme ça, mon pote, je te jure que tu risques de perdre tes deux yeux.
Captant mon regard meurtrier, un grand black comprit que malgré que je sois plus petit que lui, j'étais prêt à en découdre s'il continuait. Levant les mains en l'air comme pour clamer son innocence, il finit par se détourner et retourna faire ses tractions. Me concentrant à nouveau sur mon sac de frappe, je me concentrai sur ma musique pour finir par me défouler encore un peu plus dessus. Enchaînant les coups de poings, ma rage et ma frustration transpirèrent par tous mes pores, percutèrent le sac avec la même force que mes poings. Mes muscles étaient crispés au possible, j'avais la peau luisante de transpiration et mes phalanges me faisaient mal à force de frapper mais ça ne me suffisait toujours pas. Mon souffle était rapide et j'avais le cœur battant à tout rompre mais cela n'était pas suffisant. La seule chose sur laquelle mon esprit semblait focalisé était les sensations encore comme ancrées sous ma peau. Mon souffle erratique me rappelait celui que j'avais à la fin de notre baiser, mon cœur pulsant à toute vitesse ne faisait que me rappeler qu'il battait exactement à la même vitesse sous ses grandes mains.
- Fait chier !, m'écriai-je.
Peu m'importait d'attirer les regards sur moi. J'en avais rien à foutre. Strictement rien à faire. Seule ma colère comptait et mon incapacité à me sortir tous ces souvenirs de la tête.
Et il avait fallu que ce soit les seuls souvenirs que j'ai de cette soirée. J'avais bu comme un trou, m'étais effondré dès la fin de mes ébats avec cette fille rousse. Je me souvenais même avoir vomi dans les toilettes chez elle en pleine nuit. Et pourtant, malgré tout ça, les souvenirs qui me torturaient étaient plus nets que de l'eau de roche.
J'avais comme l'impression que ma colère me collait à la peau comme une sangsue, aspirant mon calme et mes capacités à réfléchir. Mes souvenirs se rejouaient en boucle dans mon esprit et j'avais beau frapper encore et encore, ils continuaient à me torturer jusqu'à ce que j'en perde mon souffle.
Et en le perdant, j'échouais entre questions, colère et baisers.
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Powerless
RomansaL'amour, vous devez connaître. Vous savez, ce sentiment libérateur qui nous prend au ventre, ce sentiment qui nous fait ressentir ces papillons ? Ces frissons qui nous dévalent l'échine, parcourent notre peau, bouffent nos pensées jusqu'à ce qu'il n...
