46 : " Bordel, tu me fais peur, Zea "

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¤ On and On – The Score ¤

- Qu'est-ce qui s'est passé, Hulk ?

Il ferma les yeux et s'agrippa férocement à mon jean, comme pour se raccrocher à la réalité. Il semblait tellement désespéré ainsi, les yeux fermés et les jointures serrées autour du tissu que je ne retins pas une seconde le geste qui me vint naturellement : sans jamais détacher mes yeux de son visage à l'air torturer et pourtant si accrocheur, je m'allongeai à ses côtés. Réussissant à grand peine à le faire décrocher de mon pantalon, il resta les yeux fermés, comme semblant vouloir échapper à une vérité que seul lui connaissait. Et ça me semblait si éreintant à en voir ses traits tirés que j'aurais voulu lui retirer cette tension qu'il s'infligeait pour la prendre à sa place.

Je m'abaissai à sa hauteur, l'enlaçai en espérant pouvoir prendre son désespoir, tentai de le rassurer. Comme un automatisme, sa tête se cala entre mon cou et mon épaule, son souffle s'échouant avec lenteur sur mon épiderme déjà mise à mal par les frissons qui me parcouraient. Ma peau s'enflamma et j'eus tout le mal du monde à ne pas m'enfuir à toutes jambes, apeuré par toutes ces sensations.

- Bordel, tu me fais peur, Zea.

En réponse, il serra mon tee-shirt entre ses doigts, comme peureux que je m'envole. Je ne pouvais pas le laisser ainsi. La seule solution qui me traversa fut de l'embrasser. Il est vrai, au contact de mes lèvres, ses doigts se desserrèrent et relâcha lentement le tissu. Pour autant, comme en contradiction avec mes pensées, ses lèvres plaquées contre les miennes me détendirent moi aussi. J'avais toujours envie de m'enfuir, échapper à ses sensations que seul lui semblait me donner. Mais cette envie s'amoindrissait pour être égale à celle de rester à l'embrasser jusqu'à ce que mon cœur s'arrête de battre.

Ces foutus frissons me collaient la peau. Ses lèvres se mouvaient contre les miennes, en harmonie avec les miennes qui semblaient vouloir le manger tout cru. Bon sang, j'avais même envie d'aller plus loin !

J'avais dit traverser un labyrinthe de roses, me griffant la peau sans que jamais ça ne s'arrête. Je m'enfonçais toujours un peu plus vers un centre à l'aspect sombre et indétectable mais jamais je ne regardais en arrière. J'avais parcouru tellement de chemin pour en arriver ici que même faire un pas en arrière me semblait inconcevable.

Ma peau se faisait martyriser, mon esprit s'égarait entre les différents croisements et je me perdais un peu plus entre les dédales que formait mon esprit embrouillé par tous ces sentiments qui me submergeaient. Mais je savais maintenant une chose : je ne fuyais plus. J'avais cru courir seulement pour fuir ce qui se paraissait être mon attirance pour mon meilleur ami. Je m'étais refusé de voir la réalité en face et j'en gardais des souvenirs qui me torturaient encore. D'où ces épines si pointues, si acérées, si dangereuses, prometteuses de tortures à venir. Plus je m'enfonçais dans mes mensonges plus je me mentais à moi-même et faisait du mal à celui que je croyais protéger : mon meilleur ami. Mais j'en avais terminé avec ça. Mon meilleur ami était ce qui m'était de plus précieux et même si en dessous de cette amitié, des merdes s'y cachaient, je préférais m'y confronter que de reculer de nouveau. Oui, j'étais absolument terrifié, mais je voulais avancer. Je ne savais pas ce que donnerait ce truc entre nous mais elle m'allait pour le moment. Que ce soit avec des baisers brûlants comme maintenant ou avec quelques gestes attentionnés.

Alors oui, je continuais à avancer dans un labyrinthe empli d'épines, empli de frustrations et de toutes mes peurs mais ce n'était plus pour fuir. Je courrais pour fuir mes sentiments, fuir mes envies, fuir Zea. Mais j'avais compris que fuir ne me servait à rien si ce n'est détruire mon amitié avec Zea. Alors je courrais vers un futur semer d'épines mais j'avançai toujours plus, espérant arriver à ce final à l'aspect si sombre. J'espérai seulement rejoindre mon meilleur ami, sombre de tatouages.

PowerlessOù les histoires vivent. Découvrez maintenant