30 juillet 2017 - suite (S)

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Suprême – xxix

Dorian et moi avons raccroché quand j'ai commencé à me rendre compte de quelque chose. Nathan a précipité plusieurs de mes relations, que ce soit volontairement ou involontairement. Dorian, que j'ai écarté pour lui ; Bastien, à qui il a suggéré de me parler et Andy, qu'il a clairement initié dans nos vies. Toujours pour bien faire. Pour agir dans mon intérêt.

Mais quel intérêt ? C'est là que le bât blesse. Je n'ai jamais réellement pu déterminer ce qui me semblait pertinent pour moi-même. L'essence même de la domination d'ailleurs est de laisser le chaos s'immiscer sans que ce ne soit dérangeant. Or Nathan est en train de ranger ma vie relationnelle. D'y mettre de l'ordre. Je ne suis pas sûr ce soir que ce soit ce que je désire au plus profond de mon âme.

Mes pérégrinations sont tout à coup arrêtées quand je vois trois doigts se poser contre la rambarde sur laquelle j'étais précisément en train de m'appuyer pour observer la rivière.

« Bonsoir, Maître.

— Pourquoi es-tu seul ?

— Je pourrais vous retourner la question, Monsieur n'est pas avec vous non plus.

— Mais tu ne le feras pas.

— C'est vrai. Mon frère est actuellement avec Monsieur. Nous l'avons croisé en partant du club. Quant à moi, je rentre dormir.

— Ton frère ?

— Oui, Eliot est mon frère, et non pas mon copain, tel que Monsieur l'avait compris.

— Arrête de l'appeler Monsieur, c'est Nathan.

— Oui Maître.

— Qu'est-ce qu'Eliot fout avec Nathan ?

— Il était en larmes et mon frère ne supporte pas les gens tristes. Ils sont allés au bar de votre hôtel si j'ai bien compris.

— Et toi, pourquoi tu n'es pas à ton hôtel ?

— Parce que j'ai croisé un homme.

— Tu peux rentrer, il a envie de rester seul.

— Comme vous voudrez. Rassurez-vous, mon frère ne tentera rien avec votre amant.

— Ce sont deux hommes majeurs, ils sont libres.

— Est-ce à dire que je peux tenter quelque chose avec vous ? Parce que Nathan est un maître intéressant mais vous, vous dégagez quelque chose de si différent...

— Tu peux tenter, mais tu ne tireras rien de cette tentative, crois-moi.

— Pourtant Suprême, vous, on sait que vous n'êtes pas un maître, un master, un dominant. Vous êtes vraiment le suprême, celui qui naturellement inonde de sa présence la conscience de l'assistance. Vous ne détruisez rien, vous reconstruisez sur votre passage. Pour les autres. C'est formidable.

— Je n'aime pas tellement ton comportement mais je te reconnais un fin esprit d'analyse, félicitations.

— Me feriez-vous au moins le plaisir de me laisser un contact, un moyen de revenir vers vous, si vous voulez bien de moi, un soumis qui apprend à être un dominant ? ».

Il l'a méritée, alors je lui tends ma carte de visite.

« Inutile de vous proposer un dernier verre j'imagine ?

— Tu imagines mal. Mais ce sera un café ».

Suprême Mathieu - S.M. (B&B)Des histoires addictives. Découvrez maintenant